Presque 1 million d'emplois créés en mars : aux États-Unis, la reprise est là

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On embauche ! lit-on sur cette bannière photographiée hier, jeudi 1er avril, en Californie où le marché du travail montre des signes d'amélioration grâce à la chute des nouveaux cas de COVID-19 consécutive à l'augmentation des vaccinations, et qui voit la plupart des comtés de l'État assouplir les restrictions liées au virus.
"On embauche !" lit-on sur cette bannière photographiée hier, jeudi 1er avril, en Californie où le marché du travail montre des signes d'amélioration grâce à la chute des nouveaux cas de COVID-19 consécutive à l'augmentation des vaccinations, et qui voit la plupart des comtés de l'État assouplir les restrictions liées au virus. (Crédits : Reuters)
Quand le président Macron s'inquiète du décalage entre le redémarrage de l'UE et celui des États-Unis ("Nous sommes trop lents!"), les chiffres de l'emploi américain lui donnent raison. Et le nerf de la guerre est la vaccination. Aux États-Unis, plus de 2,5 millions -jusqu'à 3 millions certains jours- de vaccinations sont réalisées quotidiennement. Et outre-Atlantique, c'est le secteur des loisirs, de l'hôtellerie et de la restauration, terrassé il y a un an par la pandémie, qui a dynamisé l'emploi (+280.000), selon le Département du Travail américain.

L'économie américaine a créé 916.000 emplois en mars, le rythme le plus élevé depuis août, grâce à la montée en cadence de la vaccination permettant un assouplissement des mesures de restrictions, qui ont accéléré la reprise du marché du travail.

Ce nombre est bien supérieur au consensus des analystes qui tablaient sur 627.000 nouveaux emplois et proche des estimations les plus optimistes (un million).

C'est le secteur le plus sinistré qui revient le plus fort

C'est le secteur des loisirs, de l'hôtellerie et de la restauration, ceux-là mêmes qui ont été terrassés il y a un an par la pandémie de Covid-19, qui ont dynamisé l'emploi (+280.000), a détaillé le Département du Travail.

Le secteur de la construction, qui avait pâti du mauvais temps en février, a engrangé 110.000 nouveaux emplois et l'industrie manufacturière 53.000.

Le paquet sur la vaccination et les aides financières

Ces données de mars sont de bon augure alors qu'elles ont été recueillies au début du mois, avant que la plupart des États n'élargissent l'accès aux vaccins contre le Covid-19 et avant que de nombreux Américains ne commencent à recevoir des chèques de 1.400 dollars du gouvernement fédéral dans le cadre du dernier plan d'aide de 1.900 milliards de dollars.

En d'autres termes, la croissance de l'emploi devrait être encore plus rapide en avril.

Lire aussi : "Nous sommes trop lents!" Cette nuit, Macron a appelé à une relance européenne plus forte et plus rapide

Le ministère a aussi révisé en hausse ses données pour janvier et février. En mars, le taux de chômage est lui tombé à 6% contre 6,2%. Il a certes "considérablement baissé par rapport au sommet atteint en avril 2020 (près de 15%), mais il est supérieur de 2,5 points de pourcentage à son niveau d'avant la pandémie en février 2020", a relevé le ministère.

Un marché du travail convalescent, des chiffres à prendre avec prudence

Et le nombre d'emplois est toujours inférieur de 8,4 millions à celui du pic observé avant la pandémie.

Le marché du travail aura ainsi encore besoin de plusieurs mois de forte croissance pour se rapprocher de son niveau prépandémique.

La baisse du chômage est aussi à interpréter avec prudence puisque ce taux ne tient pas compte des millions de personnes ayant quitté le marché du travail en raison notamment de la fermeture prolongée des écoles.

La campagne de vaccination bat son plein

Le plus grand risque pour l'économie américaine reste la pandémie elle-même.

Les cas de coronavirus augmentent à nouveau dans une partie du pays alors que de nombreux États ont assoupli les restrictions avec l'ouverture des restaurants, des salles de cinémas, des salles de gym et des spas par exemple.

Le pays enregistre encore en moyenne 62.000 cas par jour.

Mais nombre d'économistes ne s'attendent pas à un nouveau ralentissement de l'emploi comme cela avait été le cas à l'automne.

Car la campagne de vaccination bat son plein: plus de 2,5 millions de doses de vaccins sont injectées quotidiennement. Certains jours, la barre des trois millions a même été dépassée.

Avec plus d'Américains vaccinés, l'activité du pays retrouve de la vitalité.

Lire aussi : Le "New Deal" de Joe Biden euphorise les Bourses mondiales

Le secteur du voyage commence ainsi à montrer des signes de reprise grâce aux touristes nationaux en attendant les visiteurs internationaux.

Reprise inégale et surcroît d'embauches à bas salaires

La reprise reste toutefois inégale entre les communautés. Le rapport sur l'emploi publié vendredi montre ainsi que le taux de chômage des personnes noires a peu évolué, à 9,6% contre 5,4% pour les blancs.

Le salaire horaire moyen a diminué, reflétant l'embauche de travailleurs à bas salaires.

Le président Joe Biden a promis la création de millions d'emplois "bien rémunérés" et dans des secteurs d'avenir.

Il a annoncé cette semaine un plan d'investissements massifs dans les infrastructures de plus de 2.250 milliards de dollars sur huit ans.

Lire aussi : Cinq questions sur le plan infrastructures de Biden à "3.000 milliards" de dollars

Ce projet va être âprement débattu au Congrès étant donné l'opposition des républicains et d'une frange des démocrates. Mais s'il était adopté, il devrait propulser la croissance américaine.

Lire aussi : Joe Biden lance une révolution économique aux États-Unis

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Commentaires
a écrit le 03/04/2021 à 2:36 :
En europe ce sera after next year hiring...
a écrit le 03/04/2021 à 0:04 :
Après le miraculeux Trump et une croissance à 6% du Pib post-Covid, le désastre Biden et son plan de relance à 2.000 Milliards... C'est Noël tous les jours avec l'argent des taux à 0%
a écrit le 02/04/2021 à 18:32 :
après la crise de 2008, le taux d'activité des adultes américains en âge de travailler ne s'est pas rétabli. il était de seulement 63.3% en février 2020, comparé à 66% in 2006/2007 (base de données FRED de la Réserve Fédérale de Saint Louis). le pic d'activité date de l'année 2000, à 67,3%.
44% des emplois américains étaient des emplois peu payés avant la crise Covid (Brookings Institution, 11/2019).
et la qualité de l'emploi continuait de décliner (American jobs are getting worse, new economic index shows, CBS News, 27/11/2019).
depuis 2010, l'emploi dans les fast-foods avait grimpé deux fois plus vite que l'emploi en général (A fast-food problem : where have all the teenagers gone ?, New York Times, 05/2018).
les US ont le pourcentage le plus élevé de jobs bas salaires parmi les pays développées, et les plus faibles rémunérations pour ces jobs bas salaires (OCDE ; Economic Policy Institute, 09/2014).

est-ce que les plans d'investissement de Biden peuvent corriger cette triste situation ?
espérons le.

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