Proche-Orient : la trêve entre Israël et le Hamas vole en éclats

Ce vendredi, l'armée israélienne a repris raids aériens et tirs d'artillerie sur Gaza tandis que le Hamas a recommencé à tirer des roquettes vers Israël. En vigueur depuis près d'une semaine, la fin de cette trêve suspend le processus de libération de nouveaux otages israéliens, et compromet un cessez-le-feu dans la région.
La trêve, qui a duré près d'une semaine, a permis la libération de 80 otages israéliens et de 240 prisonniers palestiniens.
La trêve, qui a duré près d'une semaine, a permis la libération de 80 otages israéliens et de 240 prisonniers palestiniens. (Crédits : ATHIT PERAWONGMETHA)

Après près d'une semaine de répit, la trêve à Gaza a volé en éclats ce vendredi, l'armée israélienne reprenant raids aériens et tirs d'artillerie, et le Hamas recommençant à tirer des roquettes vers Israël. Dès les premières explosions, alors que le gouvernement du Hamas annonçait au moins six Palestiniens tués dans une frappe aérienne à Rafah, des milliers d'habitants du petit territoire palestinien ont repris la route des hôpitaux et des écoles devenus camp de fortune pour les déplacés, ont constaté des journalistes de l'AFP à travers la bande de Gaza.

Dans la nuit pourtant, une nouvelle fois, d'intenses tractations avaient eu lieu pour une nouvelle reconduction de la trêve en vigueur le 24 novembre entre Israël et le Hamas dans le petit territoire palestinien. Ce vendredi matin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu accusait le Hamas d'avoir « violé l'accord » et « tiré des roquettes ».

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L'armée israélienne a envoyé des messages sur les téléphones des habitants de certains quartiers de la ville de Gaza, ainsi que des villages bordant la frontière avec Israël dans le sud, les exhortant à « partir immédiatement » car elle allait mener « des attaques militaires dures ».

Ce jeudi, huit otages israéliens avaient été libérés par le Hamas, et trente prisonniers palestiniens par Israël, dans le cadre d'un accord d'échange entré en vigueur vendredi dernier. Ce, pour quatre jours, puis renouvelé chaque soir ensuite. Cet accord garantissait une « trêve temporaire » à Gaza et a expiré à 05h00 GMT.

Trêve fragile

Signe aussi d'une situation toujours fragile, le Hamas, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël notamment, avait revendiqué une attaque meurtrière ce jeudi à Jérusalem qui a coûté la vie à quatre Israéliens. Le Hamas s'était néanmoins dit prêt à prolonger la trêve dans la bande de Gaza, après un appel du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken à poursuivre la pause des combats, à quelques heures de son expiration vendredi. Pour rappel, cette pause a été négociée principalement par le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte.

Ce jeudi, à Tel-Aviv, Jérusalem et Ramallah - le siège de l'Autorité palestinienne - le chef de la diplomatie américaine avait appelé à prolonger la trêve, tout en prévoyant l'option d'une reprise des combats.  « Des plans de protection humanitaire des civils doivent être mis en place afin de minimiser les morts de Palestiniens innocents », avait ajouté le secrétaire d'Etat.

80 otages israéliens libérés

La trêve a permis la libération de 80 otages israéliens, des femmes et des enfants, et de 240 prisonniers palestiniens, également des femmes et des mineurs. Une vingtaine d'étrangers ou bi-nationaux, en majorité des Thaïlandais travaillant en Israël, ont également été libérés hors du cadre de l'accord. 

L'armée israélienne a estimé qu'environ 240 personnes avaient été prises en otage et emmenées dans la bande de Gaza lors de l'attaque du 7 octobre. Cette attaque a fait 1.200 morts en Israël, en majorité des civils, selon les autorités.

Insécurité alimentaire

L'accord de trêve avait permis d'augmenter l'arrivée de l'aide humanitaire à Gaza, où, selon l'ONU, l'ensemble des 2,4 millions d'habitants sont en insécurité alimentaire. Les besoins sont immenses dans le territoire déjà soumis à un blocus israélien depuis 2007, et placé depuis le 9 octobre en état de siège total par Israël.

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Toujours selon l'ONU, 1,7 million d'habitants ont été déplacés par la guerre, et plus de la moitié des logements endommagés ou détruits. Plusieurs centaines de milliers de civils ont fui le nord du petit territoire, dévasté par les combats, pour chercher refuge dans le sud. Des milliers d'entre eux ont profité de la trêve pour rentrer chez eux dans le nord, ignorant l'interdiction de l'armée israélienne qui dit y contrôler plusieurs secteurs. D'après le Hamas, plus de 15.000 personnes, dont au moins 6.150 enfants et jeunes de moins de18 ans, ont péri dans les frappes israéliennes.

Les autorités israéliennes au courant du plan du Hamas

Sur la base de documents internes, le New York Times soutient d'ailleurs ce vendredi que des responsables israéliens avaient obtenu plus d'un an à l'avance le plan du Hamas visant à mener une attaque sans précédent contre Israël, mais avaient jugé ce scénario irréaliste.

En représailles à cette attaque, Israël a promis d'« anéantir » le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, pilonnant le territoire palestinien et lançant le 7 octobre une offensive terrestre qui a duré jusqu'au début de la trêve le 24 novembre. La bande de Gaza assiégée a connu sept semaines de bombardements israéliens dévastateurs.

(Avec AFP)

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Commentaires 9
à écrit le 02/12/2023 à 10:01
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Étrange ce buzz autour de la libération des otages qui exposeraient être trop contents d'être libres ! "C'est pas bon pour la photo, faut la refaire les gars, pleurez et soyez effrayés svp c'est pour la télé !" LOL

à écrit le 01/12/2023 à 11:32
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En tous cas, la trêve longue était irréaliste. Tous qui l'espèrent en ce moment , vivent dans le monde illusoire. l'Israël va continuer, il n'a pas de choix. On peut supposer qu'après la destruction de l'infrastructure du HAMAS au nord, ils aillent f...

le 01/12/2023 à 13:19
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La lâcheté et l'inhumanité du gouvernement extrémiste israélien surtout. La colonisation a reprise de plus belle. Des familles en Cisjordanie sont expropriées et attaquées par les colons tous les jours. Ils ne valent pas mieux que le Hamas. Ça va trè...

le 01/12/2023 à 13:40
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Il est évident qu'Israël ne doit rien lâcher et ne lâchera rien pour obtenir la sécurité. Pour ceux qui doutent de la malfaisance palestinienne, relisez l'histoire de Septembre noir en Jordanie.

le 02/12/2023 à 9:32
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"Ex-Moscovite" Le va t'en guerre, contre la Russie, contre la Palestine, contre la Chine... Tu devrais essayer GTA mec.

le 03/12/2023 à 1:51
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@indépendantiste: Sans être fan du gouvernement actuel de l'Israel (le moins qu'on ouisse dire), je ne vois rien d'étonnant dans l'activation des colons. Le Hamas a espéré une autre chose comme conséquence? C'est raté. Cette histoire peut finir au co...

le 03/12/2023 à 1:56
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@Jason 13: Oui. On peut citer en plus Liban etc. Il y en a trop des extrémistes ingouvernables. Difficile à comprendre pourquoi il y a tellement de supporters de leur cause. Cependant, cela n'excuse pas le gouvernement israélien actuel. En bref, domm...

le 03/12/2023 à 20:09
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@Dossier 51: il faut avoir une logique très spéciale pour sortir ce que vous avez écrit de mes propos.

à écrit le 01/12/2023 à 10:22
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Il faudrait surtout que palestiniens et israeliens fassent la trève de la natalité

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