Retour de Trump : Séoul débloque 240 milliards d'euros pour protéger ses exportations
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Kim Hong-Ji
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En proie à des tensions internes depuis la tentative ratée du président Yoon Suk Yeol d'imposer la loi martiale, la Corée du Sud doit désormais anticiper les répercussions des politiques protectionnistes que Donald Trump s'apprête à mettre en œuvre. Pour soutenir ses entreprises exportatrices face à ces incertitudes, Séoul a dévoilé ce lundi un plan de financement de 360.000 milliards de wons (240 milliards d'euros).
Le train de mesures prévoit que la Banque d'import-export de Corée fournisse 50.000 milliards de wons (33,5 milliards d'euros) sur cinq ans à des industries telles que les semi-conducteurs et les batteries, « qui ont récemment été confrontées à des défis. » Le gouvernement apportera également « un soutien financier afin d'aider les industries prometteuses, telles que la défense, l'énergie nucléaire et la construction navale, à tirer parti de la coopération américano-coréenne pour développer les exportations et les contrats », a déclaré Kim Dong-joon.
Séoul compte, en outre, augmenter son soutien aux exportations via les salons internationaux et ses délégations commerciales à l'étranger, et étendre les garanties contre les risques de change, a ajouté ce responsable. Kim Dong-joon a effectué ces annonces lors d'une réunion lundi du Comité de coordination du financement des exportations, un organisme composé de représentants du gouvernement et des principales institutions financières publiques.
La situation économique sud-coréenne est d'autant plus fragile que la banque centrale a abaissé ses prévisions de croissance pour 2025, invoquant les conséquences de la crise politique nationale et des événements récents. « La déclaration inattendue de la loi martiale au début du mois de décembre, associée à l'instabilité persistante et à la catastrophe de l'avion de Jeju Air, a considérablement affecté le sentiment économique », a noté la banque dans ses perspectives de janvier.
La Chine, elle aussi, se prépare à affronter le retour de Donald Trump, qui a promis d'alourdir les droits de douane sur ses produits. Dès le 20 janvier, les exportations chinoises pourraient être frappées d'un relèvement tarifaire à hauteur de 10 %, alors que les produits mexicains et canadiens devraient subir des taxes allant jusqu'à 25 %, justifiées par la lutte contre l'immigration et les drogues.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Dimanche, le vice-président chinois Han Zheng s'est entretenu avec Elon Musk, appelant les entreprises américaines à « saisir l'opportunité » d'un renforcement des relations économiques. Selon l'agence Chine nouvelle, Musk aurait confirmé que Tesla souhaitait approfondir ses investissements en Chine et jouer un rôle actif dans les échanges commerciaux entre les deux nations. Par ailleurs, un appel téléphonique vendredi entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, vendredi, semble avoir jeté les bases d'une coopération prudente. Trump s'est dit confiant dans la possibilité de « résoudre de nombreux problèmes ensemble », tandis que Xi a évoqué un « bon départ » dans les relations bilatérales.
Le protectionnisme de Trump ne se limite pas à l'Asie. La zone euro, en particulier l'Allemagne, pourrait elle aussi subir des conséquences économiques majeures. L'Allemagne, qui affiche le plus grand excédent commercial avec les États-Unis, risque de voir ses produits exportés lourdement taxés.
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« Si l'Europe décide de répliquer avec des mesures de rétorsion, cela entraînera une hausse des prix à l'importation et une perte de prospérité mondiale », a averti Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne. Les gains générés par des décennies de mondialisation pourraient alors commencer à s'effriter, a-t-elle ajouté. Les premières décisions de Trump après son investiture, ce lundi 20 janvier, seront scrutées avec attention, car elles risquent bien d'influencer durablement les équilibres mondiaux.
(Avec AFP)
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