Hausse des droits de douane : l'impact sur l'inflation divise au sein de la Fed
latribune.fr
Donald Trump envisage d'imposer une surtaxe de 10% à 20% des droits de douane sur l'ensemble des produits entrants aux États-Unis, et même jusqu'à 60% voire 100% sur ceux venant de Chine.
Un responsable de la Banque centrale américaine a indiqué ce mercredi ne pas imaginer que les hausses de droits de douane, comme celles promises par Donald Trump, auront « un effet significatif et durable » sur le niveau de l'inflation aux États-Unis. Un avis qui ne fait pas l'unanimité.
[Article publié le mercredi 8 janvier 2025 à 15h46, mis à jour à 16h56] Quel impact aurait la hausse des droits de douane, promise par Donald Trump, sur l'inflation aux États-Unis ? La question agite les débats depuis l'élection du candidat républicain début novembre, notamment au sein de la Banque centrale américaine (Fed). Et a encore été évoquée ce mercredi par l'un de ses gouverneurs, à moins de deux semaines de la prise de fonction du futur président.
« L'impact économique d'une telle politique reste difficile à évaluer », a reconnu Christopher Waller, selon le texte d'un discours prononcé au siège de l'OCDE à Paris, que l'AFP a pu consulter. Reste que, pour lui, « les droits de douane n'(aur)ont pas d'impact significatif et durable sur l'inflation », a-t-il déclaré.
Un avis dans la droite ligne de celle du président élu. Pour Donald Trump, « utilisés convenablement », les droits de douane peuvent même avoir un impact positif sur l'économie américaine. A contrario, de nombreux experts estiment que leur hausse viendrait relancer celle des prix, qui ont récemment rebondi outre-Atlantique (+2,4% sur un an d'après les derniers chiffres de novembre, après +2,3% en octobre).
Pour Christopher Waller, « les droits de douane draconiens dont tout le monde parle ne seront pas forcément mis en place » au bout du compte, a-t-il déclaré ce mercredi. Pourtant, mardi, Donald Trump « a réitéré ses propos sur les droits de douane (...) réduisant ainsi les espoirs de le voir emprunter une voie plus prudente », rappelle Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
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Des informations de CNN ce mercredi laissent aussi penser le contraire. La chaîne de télévision américaine, qui cite quatre sources proches du dossier, a indiqué que le président élu américain envisagerait une déclaration d'urgence économique nationale. Cette démarche lui permettrait d'obtenir un cadre juridique qui autorise l'exécution « d'une panoplie de droits de douane sur les alliés et les adversaires » des États-Unis, précise le média.
Une incertitude qui pèse déjà
La possibilité de ce retour des droits de douane vient en tout cas d'ores et déjà apporter de « l'incertitude autour de l'inflation », avait estimé mi-décembre le patron de la Fed, Jerome Powell. « Nous n'avons aucune idée de ce qui sera taxé, provenant de quel pays et pour combien de temps. Nous ne savons pas s'il y aura des mesures de rétorsion. Et nous ne savons pas comment se fera la transmission vers les prix à la consommation », avait-il détaillé.
Une incertitude qui se ressent d'ailleurs actuellement sur les marchés boursiers. « Un cocktail de craintes sur l'inflation et d'inquiétudes sur ce que réserve la prochaine présidence de Donald Trump domine les marchés en ce milieu de semaine », confirme Kathleen Brook.
Dans ce contexte, Jerome Powell, a laissé entendre, à l'issue de la réunion de décembre, que la Fed ne réalisera que deux baisses de taux supplémentaires en 2025, de 25 points de bases chacune. Un avis que rejoignent les analystes, qui s'attendent à une pause lors de la prochaine réunion prévue fin janvier, et deux baisses sur l'année, selon l'outil de veille du cabinet CME FedWatch.
Christopher Waller a, lui, fait savoir ce mercredi qu'il était favorable à la poursuite du cycle de baisse de taux d'intérêt de la Fed. Et s'est affiché confiant sur l'avenir. « Je pense que l'inflation va continuer à se diriger vers notre objectif de 2% à moyen terme et que des baisses [de taux] additionnelles seront appropriées », a-t-il ajouté. Les taux américains se situent actuellement dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, après trois baisses.