Droits de douane aux États-Unis : la hausse pourrait être cantonnée aux secteurs critiques
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[Article publié le lundi 6 janvier 2025 à 15h45, mis à jour à 16h26] C'est l'une des mesures phares de la politique commerciale de Donald Trump : augmenter les droits de douane. Depuis la campagne présidentielle, le républicain n'a cessé de répéter qu'il instaurerait une surtaxe de 10% à 20% sur l'ensemble des produits étrangers entrant aux États-Unis - promettant même d'aller jusqu'à 60% pour ceux provenant de Chine. Ce qui pourrait finalement ne pas être le cas à sa prise de fonction, le 20 janvier prochain.
Selon une information du quotidien américain The Washington Post parue ce lundi, des hausses des tarifs douaniers à l'importation s'appliqueraient bien à tous les pays. Mais elles ne concerneraient que certains secteurs jugés « essentiels à la sécurité nationale ou économique », d'après des sources proches du dossier.
« Les discussions préliminaires ont largement porté sur plusieurs secteurs clés que l'équipe Trump souhaite rapatrier aux États-Unis », indique le journal. « Il s'agit notamment de la chaîne d'approvisionnement de l'industrie de la défense (par le biais de droits de douane sur l'acier, le fer, l'aluminium et le cuivre), des fournitures médicales essentielles (seringues, aiguilles, flacons et matériaux pharmaceutiques) et de la production d'énergie (batteries, minéraux de terres rares et même panneaux solaires) », d'après deux des sources.
Donald Trump lui-même a réagi dans l'après-midi, démentant l'information du quotidien américain. « C'est faux », a-t-il écrit son réseau social Truth Social. « L'article du Washington Post, citant des sources soi-disant anonymes, qui n'existent pas, affirme à tort que ma politique tarifaire sera allégée. C'est faux. Le Washington Post sait que c'est faux. Il s'agit d'un nouvel exemple de "fake news" », a-t-il développé.
Peu importe la hauteur de l'augmentation finale, la mesure a déjà entraîné des réponses de la part de certains pays souhaitant éviter une guerre commerciale avec le géant américain. Ils ont ainsi « agi dans d'autres domaines pour atténuer certaines des inquiétudes des États-Unis », a expliqué auprès de l'AFP l'analyste Susannah Streeter du cabinet Hargreaves Lansdown.
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L'experte cite ainsi les efforts du Mexique pour lutter contre le trafic de drogue. Mais aussi ceux de l'Italie, qui se dirige vers un accord commercial avec la société astronautique américaine SpaceX, dirigée par Elon Musk, futur membre de l'administration Trump. Elle évoque aussi les mesures annoncées par le Canada en matière de lutte contre l'immigration illégale, reprochée de longue date par les États-Unis voisins.
Cet épisode devrait d'ailleurs avoir de grosses conséquences pour le Canada. L'actuel premier ministre, Justin Trudeau, pourrait démissionner dès ce lundi, selon les médias canadiens. Il est fragilisé politiquement depuis la démission surprise de sa vice-Première ministre Chrystia Freeland, sur fond justement de désaccord sur sa façon de gérer la situation avec les États-Unis.
Le démenti de Donald Trump n'a toutefois pas terni l'enthousiasme des bourses européennes. Après la parution de l'information à la mi-journée, elles avaient toutes progressé. Et sont restées dans le vert en milieu d'après-midi.
Vers 15h45 heure française (14h45 GMT), le CAC 40 s'affichait toujours en hausse, de 1,44%, tiré notamment par les secteurs exportateurs comme l'automobile avec Stellantis (+4,25%), le secteur technologique avec STMicroelectronics (+7,01%) en figure de proue ou encore le luxe avec les géants Hermès (+3,67%) et LVMH (+3,40%). Francfort prenait 0,91%, notamment tiré par le spécialiste des semi-conducteurs Infineon (+6,15%) et Milan 1,32%.
Ailleurs sur le Vieux continent, Londres restait muette (-0,09%). Tandis qu'à Wall Street, le Nasdaq s'octroyait 1,51%, le S&P 500 gagnait 0,99% et le Dow Jones s'arrogeait 0,33%.
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Dans le même temps, le dollar reculait fortement face à l'euro. La devise américaine tombait de 0,67% face à la monnaie unique, à 1,0377 dollar pour un euro. « Si la hausse des tarifs douaniers ne s'avère pas aussi sévère qu'anticipé, l'euro pourrait ne pas être aussi négativement affecté » par l'arrivée de Trump, estime Susannah Streeter. Selon elle, l'inflation américaine pourrait ne pas non plus trop accélérer si bien que « la Réserve fédérale (Fed) pourrait se sentir assez confiante pour réduire ses taux d'intérêts plus rapidement », poursuit l'experte. Reste à voir ce qu'appliquera concrètement l'administration du sulfureux futur ex-président.
(Avec agences)
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