Retraites américaines : Trump déclenche la révolution du non coté

L’administration Trump s’apprête à lever un verrou historique de l’épargne retraite américaine.
Evelyn Hockstein

L’administration Trump s’apprête à lever un verrou historique de l’épargne retraite américaine.
Evelyn Hockstein
Selon le Financial Times, un décret présidentiel serait en cours de préparation pour permettre aux « plans 401(k) » - ces dispositifs d'épargne retraite très répandus aux États-Unis - d'être financés par des actifs non cotés. Si cette mesure voit le jour, elle marquerait un tournant majeur dans la gestion des quelque 9 000 milliards de dollars d'actifs détenus par ces mécanismes.
Concrètement, le décret en préparation offrirait aux épargnants américains la possibilité d'investir une partie de leur retraite dans le capital-investissement (ou private equity), c'est-à-dire dans des entreprises non cotées en Bourse. Aujourd'hui, les fonds de retraite restent de facto limités au financement coté (actions et obligations) en raison de freins réglementaires que Trump souhaite faire sauter.
Lancée à la fin du premier mandat de Trump par une directive du département du Travail, cette mesure demeure peu mise en œuvre par les gestionnaires de fonds traditionnels des plans 401(k), encore hésitants face au risque de voir leur responsabilité juridique engagée en cas de mauvaise gestion.
La réforme en cours de préparation vise à lever les obstacles réglementaires liés à la responsabilité juridique des gestionnaires de fonds. À ce stade, les modalités précises de cet assouplissement n'ont pas encore été dévoilées. Toutefois, pour Thomas Trideau, directeur des investissements chez Arkéa Capital, « moins il y a de réglementation, plus cela favorisera l'orientation des investissements vers le capital-investissement ». À ses yeux, cette réforme a une réelle légitimité sur le fond.
Cette réforme pourrait permettre d'obtenir des rendements à long terme plus élevés pour le financement des retraites. Mais elle suscite, dans le même temps, des préoccupations liées aux risques propres au capital-investissement.
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Le capital-investissement comporte des risques significatifs, bien connus des investisseurs : des frais plus élevés, une faible liquidité - rendant difficile le retrait rapide des fonds investis - et une valorisation moins précise des actifs non cotés. Certains professionnels du secteur mettent ainsi en garde contre les dangers liés à l'accès direct des épargnants américains au capital-investissement pour financer leur retraite.
Pour Thomas Trideau, cette réforme américaine ne pourra aboutir que si elle s'appuie sur des intermédiaires institutionnels et des gestionnaires spécialisés. « Cela permettra de limiter les risques associés à un investissement direct des particuliers dans le non coté », explique-t-il. Selon lui, « ces risques seront atténués grâce à l'expertise des fonds de pension et leurs gestionnaires », qui commencent déjà à s'organiser pour capter l'épargne retraite.
Compte tenu des montants colossaux en jeu - près de 9 000 milliards de dollars d'actifs actuellement logés dans les plans d'épargne retraite - l'ensemble du secteur se prépare activement en vue de l'entrée en vigueur du décret.
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Comme le révélait L'Agefi, les plus grandes sociétés de capital-investissement, telles que Blackstone, Apollo et KKR, ont récemment conclu des partenariats avec de grands gestionnaires d'actifs américains, dont Vanguard, State Street et Capital Group, afin de se préparer à cette évolution. De son côté, Empower, l'un des principaux opérateurs de plans 401(k), a également annoncé des alliances avec des fonds alternatifs, notamment ceux d'Apollo et de Goldman Sachs.