LE 360. Introduire 15% de capitalisation dans notre système de retraite. C’est la solution proposée par Édouard Philippe, justifiée, selon lui, par « le piège démographique dans lequel notre société est entrée ». Une idée qui n'a rien de nouveau, notamment défendue par le patronat.
[Article publié le 27 mars 2025 à 15 h 26, mis à jour le 4 juin à 12 h 45]
Les faits
« La France est en train d'entrer dans un piège démographique », « notre société vieillit », « deuxième élément du piège : la dénatalité »... telle est l'alerte sonnée par l'ancien Premier ministre, Édouard Philippe, ce mardi, en plein conclave sur les retraites.
Un moyen, pour le candidat à la prochaine élection présidentielle, de justifier l'idée d'un nouveau relèvement de l'âge de départ à la retraite : « C'est très exactement ce que je dis. Et je dis même que toutes celles et ceux qui racontent que l'on peut baisser l'âge de départ à la retraite, que l'on peut ne pas tenir compte de ce qui est en train de se passer dans notre démographie, ils sont dans le déni du réel. »
Mais pas seulement. L'autre volet de la solution exposée par l'homme politique consiste à « mettre en place un système de capitalisation qui n'a pas vocation à remplacer complètement la répartition, mais qui doit venir compléter le système de répartition » (...) « 10, 15, 20%. En Allemagne, c'est environ 15 %. Donc (en France) on peut aller plus loin. On peut arriver mon avis à 15 % », a-t-il exposé. Une solution, selon lui, « indispensable » pour « redonner un peu de liberté individuelle à ceux qui veulent partir à la retraite » et « de garantir le financement des retraites ».
Édouard Philippe n'est pas le seul — ce n'est d'ailleurs pas la première fois qu'il la défend -— à évoquer une telle solution, déjà largement mise en avant par le patronat. Pour le Medef, elle est, en effet, vue comme une solution nécessaire pour « sauver » le régime. À l'inverse, pour d'autres, comme la CGT, elle est un facteur d'accroissement des inégalités.
Dans son rapport pour Fondapol (un think tank libéral) intitulé La capitalisation : un moyen de sortir par le haut de la crise des retraites, l'économiste Bertrand Martinot rappelle que « la retraite par capitalisation repose sur le prélèvement périodique d'une partie des revenus des travailleurs actifs. L'argent prélevé est ensuite placé sur les marchés financiers puis est redistribué au moment de la retraite ». Avec la capitalisation, le travailleur cotise pour sa future retraite.
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