Selon l'instance de régulation bancaire, les données liées au risque climatique sont essentielles pour la stabilité et la sécurité du système financier. Mais la tendance forte à la publication de ces données se heurte à des difficultés, notamment au sujet du référentiel des informations récoltées, et pourrait aussi participer à la hausse de l'inflation.Alors que la prise en compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernances (ESG) commencent à pénétrer toutes les strates de l'économie, et particulièrement au sein des entreprises, l'autorité bancaire européenne appellent les établissements financiers à intégrer "rapidement" les risques climatiques "dans leurs stratégies et objectifs, ainsi que dans leurs structures de gouvernance". Mais ce mouvement se heurte à de nombreuses difficultés, notamment au sujet du référentiel des informations récoltées et pourrait également contribuer à doper l'inflation.
Selon l'instance de régulation bancaire, ces données liées au risque climatique sont essentielles pour la stabilité et la sécurité du système financier, alors que le rapport 2021 du Giec alarme sur l'accentuation de la crise climatique. "Les facteurs ESG, notamment le changement climatique, peuvent avoir des répercussions sur les contreparties des institutions ou sur les actifs investis, ce qui affecte les risques financiers". Ces informations doivent leur permettre d'adapter "leur appétit pour le risque et leur processus interne d'allocation de capital", explique l'autorité bancaire européenne.
Pour rappel, les critères environnementaux (le E de ESG, Ndlr) mesurent l'impact, direct et indirect, de l'activité d'une entreprise sur l'environnement, notamment la pollution, les émissions de CO2, le niveau de recyclage des déchets, la dégradation de l'environnement, etc.
Stress test climatique pour les banques
Pour cela, l'autorité européenne incite à développer des méthodologies pour tester la résistance des institutions, en utilisant notamment certains scénarios. Selon un premier "stress test climatique" réalisé au printemps par la Banque de France, l'exposition des banques et assurances françaises au risque climatique est "modérée". Un constat cependant rejeté par plusieurs ONG, alors que la banque centrale a elle-même appelé à prendre ses résultats avec prudence, du fait d'une méthodologie qui reste à améliorer face à des données parcellaires. Pour le moment, la méthodologie se base notamment sur l'initiative TCFD (Task-force on climate-related financial disclosures) mis en place en 2017 sous l'égide du G20. Le gouverneur de la banque de France, François Villeroy de Galhau, estime qu'une priorité devrait être de définir des normes internationales standardisées pour la publication de données financières liées au climat.