L'ESG va créer de l'inflation mais de la bonne !
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
La reprise de l'inflation est devenue la préoccupation majeure des décideurs : gouvernants, banquiers centraux, investisseurs, sans oublier les ménages. Aux Etats-Unis, l'indice CPI s'est affiché à 5% en mai, sa plus forte progression depuis 13 ans. En Europe, pour la zone euro, il s'est établi à 2%, soit l'objectif fixé par la BCE. Va-t-elle durer ? Le débat divise les économistes, mais tant à la Fed qu'à la BCE, on considère que la hausse des prix est temporaire. Il n'est pas question - pour le moment - de remettre en cause les politiques monétaires accommodantes par une hausse des taux, en tous les cas pas avant la fin de l'année 2023, selon Jerome Powell, président de la Fed. Prudentes, les institutions monétaires avancent comme argument que le déséquilibre entre la forte demande de biens et de services entraînée par une vigoureuse reprise économique et une offre rendue anémique durant la pandémie, notamment pour les matières premières, va se résorber.
A moyen terme, cependant, l'inflation pourrait être également nourrie par l'adoption généralisée par les entreprises des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), une véritable révolution culturelle. Ainsi, les critères environnementaux mesurent l'impact, direct et indirect, de l'activité d'une entreprise sur l'environnement, notamment la pollution, les émissions de CO2, le niveau de recyclage des déchets, la dégradation de l'environnement... ; les critères sociaux, eux, évaluent l'impact de l'activité sur les salariés, mais aussi les clients, les fournisseurs, la population locale, à l'aune des droits humains, du droit du travail, de la sécurité, de la représentation... ; enfin, les critères de gouvernance, eux, se focalisent sur la transparence de la gestion de l'entreprise...
À lire également
En effet, l'application de ces critères ESG va renchérir les coûts de production pour les entreprises, notamment les PME. En matière environnementale, Bill Gates a popularisé ce surcoût sous le terme de "Green Premium" dans son ouvrage "Climat : comment éviter le désastre". L'écart de coût entre une démarche classique, et celle intégrant l'ESG est loin d'être négligeable. Le milliardaire donne l'exemple de l'essence. Le prix moyen d'un litre aux Etats-Unis est de 0,63 dollar, celui d'un litre de biocarburant 1,31 dollar, soit plus du double. Dans ce cas, le "Green Premium" est de quelque 100%. A contrario, la "Green premium" peut-être dans certains cas négative.