Daech revendique l’attentat terroriste en Iran
latribune.fr

L'Iran a promis une réponse sévère
MOHAMED AZAKIR
latribune.fr

L'Iran a promis une réponse sévère
MOHAMED AZAKIR
e groupe Etat islamique (EI) via la messagerie Telegram.
Cette revendication intervient alors chacun se renvoyait la balle. A Téhéran, des responsables ont ainsi accusé Israël d'être à l'origine de « l'assassinat » du haut responsable du Hamas et de « l'attentat » en Iran. Le Hezbollah avait également accusé Israël.
« La responsabilité de ce crime incombe aux régimes américain et sioniste, et le terrorisme n'est qu'un outil », a affirmé mercredi soir Mohammad Jamshidi, un conseiller politique du président iranien, Ebrahim Raïssi. Accusant les « ennemis diaboliques et criminels » de l'Iran, le guide suprême de la Révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, avait promis « une réponse sévère » à ce « désastre ».
Le Hamas a de son côté fustigé un « acte terroriste (...) qui cherche à déstabiliser la sécurité de la République islamique au service de l'agenda de l'entité sioniste (Israël) ». Israël n'a pas commenté ces allégations. A Washington, un responsable a indiqué que la frappe contre Saleh al-Arouri au Liban était « israélienne », tandis que le département d'Etat a jugé « absurde » l'idée que les Etats-Unis ou Israël soient liés aux explosions en Iran.
Selon un autre haut responsable américain, sous couvert d'anonymat, avait lui estimé que cette attaque terroriste était le « genre de chose que l'Etat islamique a fait dans le passé ». Selon l'agence iranienne Tasnim, qui cite des sources bien informées, les explosions ont été provoquées par des « bombes dissimulées dans deux sacs ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

« Les auteurs des faits ont apparemment activé les bombes via une télécommande », selon la même source.
Pour rappel, l'Iran a déjà été le théâtre d'attaques et d'attentats à la bombe qui ont fait des dizaines de morts. Plusieurs ont été revendiqués par des groupes qualifiés de « terroristes » par Téhéran. En 2019, un attentat suicide contre un bus des Gardiens de la révolution, revendiqué par le groupe jihadiste Jaish al-Adl, avait tué 27 soldats dans le sud-est du pays.
Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, les tensions se multiplient aussi à la frontière israélo-libanaise, en Syrie et en Irak, où des bases américaines sont prises pour cible, et en mer Rouge, où les rebelles Houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, mènent des attaques, freinant le trafic maritime. D'ailleurs, dix-huit compagnies de transport maritime contournent désormais le continent africain pour éviter la mer Rouge, a indiqué à l'ONU le chef de l'Organisation maritime internationale (OMI). Une coalition menée par les Etats-Unis a exhorté mercredi les Houthis à cesser « immédiatement leurs attaques illégales » faute de quoi ils en assumeront les « conséquences ».
Au Liban, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a mis en garde Israël contre une nouvelle escalade : « Pour le moment, nous combattons sur le front de façon calculée (...) mais si l'ennemi pense lancer une guerre contre le Liban, nous combattrons sans limites ». Ce a quoi le porte-parole de l'armée israélienne Daniel Hagari a répété mercredi soir que l'armée israélienne était « prête sur tous les fronts ».
Pour l'analyste Maha Yahya, directrice du Carnegie Middle East Center basé à Beyrouth, « le risque d'escalade est important, mais le Hezbollah s'efforce d'éviter d'être entraîné dans un conflit », a-t-elle dit à l'AFP. Aucun pays n'a « intérêt à une escalade », a, de son côté, déclaré Matthew Miller, le porte-parole de la diplomatie américaine critiquée au Moyen-Orient pour son soutien sans faille à Israël depuis le début des frappes sur Gaza en représailles à l'attaque du Hamas le 7 octobre dernier, qui a fait environ 1.140 morts en Israël, pour la plupart des civils.
En représailles, l'Etat hébreu a juré de « détruire » et la guerre qui dure à Gaza depuis cette attaque a coûté la vie à 22.313 personnes, majoritairement des femmes, des adolescents et des enfants, selon le dernier bilan du Hamas, mouvement classé organisation terroriste par les Etats-Unis, Israël et l'Union européenne.
De nouveaux bombardements de l'armée israélienne sur la bande de Gaza dans la nuit de mercredi à jeudi ont fait des dizaines de morts, selon le Hamas.
Les 2,4 millions d'habitants du territoire sont surtout confrontés à de graves pénuries de nourriture, d'eau, de carburant et de médicaments. Malgré une résolution de l'ONU, l'aide humanitaire entre au compte-gouttes. Selon John Kirby, un porte-parole de la Maison Blanche, le Hamas dispose toujours d' « importantes capacités » à Gaza.
À lire également
« Cela peut être fait, militairement », a-t-il ajouté, affirmant que l'armée israélienne pouvait « éliminer la menace que le Hamas représente pour le peuple israélien ». Mais son « idéologie va-t-elle être éliminée ? Non. Et le groupe est-il susceptible d'être annihilé ? Probablement pas », a-t-il encore dit.
(Avec AFP)
latribune.fr