Royaume-Uni : Truss gèle les prix de l'énergie et envisage de relancer le gaz le pétrole et le gaz de schiste

La nouvelle Première ministre britannique a dévoilé son plan d'aide massif pour les ménages et les entreprises face à l'envolée des coûts de l'énergie. Le gel des tarifs de l'énergie (à 2.500 livres par an pour un ménage moyen notamment) est assorti d'une politique de forage tous azimuts avec une relance de la fracturation hydraulique et la possible extraction de gaz et pétrole de schiste dans le pays. Liz Truss veut aussi réexaminer l'objectif de neutralité carbone du pays pour 2050 pour s'assurer qu'il n'est pas « trop lourd pour les entreprises et consommateurs ».
Liz Truss vient a présenté ce jeudi 8 septembre son plan de soutien à l'économie, deux jours après son arrivée à Downing Street.
Liz Truss vient a présenté ce jeudi 8 septembre son plan de soutien à l'économie, deux jours après son arrivée à Downing Street. (Crédits : HANDOUT)

C'est un virage à 180° que prend la Première ministre britannique, deux jours après son arrivée à Downing Street. Alors qu'elle décrivait récemment les aides directes comme des « pansements » incapables de résoudre les problèmes de fond, Liz Truss vient de présenter ce jeudi 8 septembre son plan de soutien à l'économie. Avec, justement, des aides directes.

Plus précisément, les factures pour un ménage moyen vont être plafonnées à 2.500 livres annuels (plus de 2.800 euros) pendant deux ans, « soit une économie de 1.000 livres » par an par rapport à ce qu'ils auraient dû payer sans intervention du gouvernement. Les entreprises et institutions publiques comme les écoles toucheront des « aides équivalentes pendant six mois ». Aussi, une levée temporaire des taxes sur l'énergie destinées à financer la transition vers la neutralité carbone va être instaurée.

Un chiffrage dévoilé « plus tard »

« C'est un moment pendant lequel il faut être audacieux. Nous faisons face à une crise de l'énergie (...) et ces interventions auront un coût », a néanmoins prévenu la Première ministre britannique. Et de rassurer : « Les mesures annoncées aujourd'hui vont avoir des bénéfices importants pour notre économie ».

Ces mesures de soutien n'ont pas été chiffrées par le gouvernement. D'après plusieurs médias dont le Times, elles s'élèveraient à 150 milliards de livres. C'est plus que les 70 milliards de livres dépensées pour payer les salaires des employés en chômage technique pendant toute la pandémie. Elles s'ajoutent en tout cas à une réduction de 400 livres des factures pour les particuliers qui avait déjà été annoncée par l'exécutif précédent. Le chiffrage sera donné par le ministre des Finances, Kwasi Kwarteng, plus tard ce mois-ci lors d'une déclaration budgétaire. Le financement est prévu par emprunt sur les marchés financiers, ce qui risque d'alourdir une dette déjà montée en flèche pendant la pandémie.

Objectif : calmer l'inflation

La pression intenable face à la crise du coût de la vie a fait flancher Liz Truss. Ces dernières semaines, économistes, ONG, syndicats et mêmes énergéticiens alertaient sur une catastrophe humanitaire cet hiver au Royaume-Uni si rien n'était fait.

Le gouvernement espère que le gel des factures d'énergie, qui ont doublé sur un an, va calmer l'inflation galopante, qui dépasse 10% et devrait encore grimper.

Le pays est très dépendant des prix du gaz, qui ont été multipliés par sept sur un an, notamment à cause des tensions sur l'approvisionnement depuis le début de la guerre en Ukraine. Les prix de gros de l'électricité et du gaz étaient jusqu'alors répercutés entièrement sur les entreprises et ménages, malgré des aides du gouvernement précédent, qui se sont rapidement révélées insuffisantes.

Booster l'extraction de gaz et pétrole de schiste

Le plan du nouveau gouvernement prévoit aussi de lever le moratoire sur la fracturation hydraulique et la possible extraction de gaz et pétrole de schiste dans le pays, technologie très controversée aux retombées controversées.

Si la stratégie énergétique du précédent gouvernement de Boris Johnson prévoyait déjà une relance de l'exploration en mer du Nord, la sécurité énergétique ayant repris le dessus sur l'urgence climatique depuis la guerre en Ukraine, le plan présenté par Liz Truss espère « 100 nouvelles licences » d'exploration et forage. Downing Street veut aussi augmenter la part du nucléaire, dont le parc de centrales est limité et vieillissant au Royaume-Uni, dans le sillage de ce que souhaitait déjà le gouvernement Johnson.

Liz Truss confirme par ailleurs, comme évoqué pendant sa campagne, qu'elle veut « réexaminer » l'objectif de neutralité carbone pour 2050 « d'ici la fin de l'année pour s'assurer qu'il ne fait par porter un fardeau trop lourd aux entreprises et consommateurs ».

Vent d'inquiétude

Le cocktail des aides directes massives et des baisses d'impôts effraie les marchés qui craignent un nouveau grave dérapage des finances publiques après la pandémie. Signe de la défiance des investisseurs, les bons du Trésor britanniques à 10 ans se sont tendus, bondissant ce mardi à plus de 3%, au plus haut depuis une décennie.

Le leader travailliste Keir Starmer a rappelé avoir plaidé pour le gel des factures énergétiques depuis plusieurs mois et demandé une fois encore : « qui va payer » ? Il accuse la Première ministre de « protéger les profits (des géants) du pétrole et du gaz et forcer les gens à payer la facture » par l'impôt pendant des décennies. Liz Truss a dit mardi se refuser à étendre une taxe sur les énormes bénéfices des géants pétroliers.

(Avec AFP)

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Commentaires 3
à écrit le 08/09/2022 à 22:17
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Cette dame a mille fois raison. Ceux qui veulent ruiner la Russie pour sauver l'Ukraine ne ruinerons qu'eux et ne sauveront pas l'Ukraine. Quant au réchauffage climatique tout le monde s'en tape ,et veut avoir pas trop froid l'hiver et pas trop ch...

à écrit le 08/09/2022 à 17:31
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Elle a mille fois raison. L'objectif de neutralité carbone en 2050 est de toutes manières impossible à atteindre

à écrit le 08/09/2022 à 16:28
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Et pourquoi pas le charbon ? Sauver la planète attendra, puisqu'on ne peut pas à la fois sauver la planète et soutenir nos chers Ukrainiens. Il y a vraiment de quoi se marrer.

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