Russie : malgré les sanctions, le PIB résiste encore
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Depuis près de trois ans, l'effort de guerre est devenu le principal moteur de l'économie russe.
Alexei Danichev
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Depuis près de trois ans, l'effort de guerre est devenu le principal moteur de l'économie russe.
Alexei Danichev
La croissance du PIB russe a atteint 4,1 % en 2024, a annoncé le Premier ministre Mikhaïl Michoustine, ce vendredi 7 février, vantant les mérites de cette expansion, portée par les dépenses militaires. « Cela dépasse les attentes », a assuré le Premier ministre russe, lors d'une réunion avec Vladimir Poutine diffusée par le Kremlin. Les années 2023 et 2024 marquent ainsi les croissances les plus hautes depuis 2021, et le rebond d'activité post Covid-19.
« Cela est dû avant tout à la croissance intensive de l'industrie manufacturière », a ajouté Mikhaïl Michoustine en commentant ces résultats. Il a par ailleurs affirmé que la croissance du PIB en 2023 avait été revue à la hausse, de 3,6 % à 4,1 % également. Pour mémoire, l'année 2022 avait été marquée par une récession du fait de l'assaut contre l'Ukraine. Depuis près de trois ans, l'effort de guerre est devenu le principal moteur de l'économie russe, devenue très dépendante aux investissements liés au complexe militaro-industriel.
Pour preuve, en 2024 le budget russe pour la défense et de la sécurité s'élève à environ 8,7 % du PIB, selon le président Vladimir Poutine. Une première en Russie depuis la chute de l'URSS en 1991. Mais l'économie russe souffre parallèlement de pénuries de main-d'œuvre (conséquence du départ de centaines de milliers de Russes sur le front ou à l'étranger) et d'une inflation à un niveau particulièrement élevé.
Vendredi, Vladimir Poutine a salué ces résultats officiels, tout en ordonnant à son Premier ministre de mettre les bouchées doubles pour réduire l'inflation. « L'objectif pour l'année en cours est d'avoir une trajectoire de croissance plus équilibrée et d'obtenir une baisse de l'inflation », a insisté le chef de l'État. Mikhaïl Michoustine a répondu qu'il était « tout à fait clair que le principal défi est l'inflation ».
L'augmentation des prix du beurre et de l'huile de tournesol avait fait à l'automne les gros titres de la presse russe, rappelant le mécontentement provoqué en 2023 par l'explosion du prix des œufs. Le prix du beurre a ainsi augmenté de 36 % en 2024, selon l'agence statistique publique Rosstat, tandis qu'en moyenne les prix alimentaires ont connu une hausse de 11 % sur l'année. En décembre, le président russe a reconnu que cette hausse rapide des prix était un « signal inquiétant ».
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Quoi qu'il en soit, le sujet reste politiquement sensible, dans un pays encore marqué par les crises et l'inflation des années 1990. Pour lutter contre l'inflation, le taux directeur de la BCR est depuis fin octobre à 21 %, un record depuis 2003, et un frein aux investissements.
Malgré l'enthousiasme affiché des dirigeants russes, des responsables et analystes s'attendent à un ralentissement économique brutal en 2025. Une étude d'experts de la banque centrale russe (BCR), publiée cette semaine, anticipe une croissance autour de 1,6 % cette année. Les sanctions occidentales avaient fait craindre de graves répercussions pour l'économie russe, qui, depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, s'était largement appuyée sur les rentrées budgétaires issues de la vente des hydrocarbures et une ouverture vers le marché européen.
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En représailles à l'assaut contre l'Ukraine, les Européens ont tourné le dos au gaz russe. Mais Moscou a réussi à trouver d'autres sources de revenus, notamment en s'orientant vers ses partenaires économiques en Asie, Chine et Inde en tête. La Russie a mieux tenu qu'attendu. Mais pour autant les difficultés s'accumulent, de nombreuses sanctions ayant leurs effets à plus long terme.
(Avec AFP)
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