Taïwan : la Chine tance les États-Unis après les félicitations de Blinken au nouveau président
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Le nouveau président de l'île Lai Ching-te a promis de défendre la démocratie face aux menaces chinoises.
Reuters
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Le nouveau président de l'île Lai Ching-te a promis de défendre la démocratie face aux menaces chinoises.
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[Article publié le lundi 20 mai, à 11h26, mis à jour le mardi 21 mai, à 13h48]La Chine montre les crocs. Le ministre chinois des Affaires étrangères a déclaré ce mardi que « les séparatistes » de Taïwan seraient « cloués au pilori pour l'histoire », au lendemain de l'investiture de Lai Ching-te en tant que président de cette île.
Pékin affirme aussi s'être plaint auprès de Washington des félicitations du secrétaire d'État américain Antony Blinken au nouveau président de Taïwan. « La Chine est fortement mécontente et fermement opposée à cette démarche, et a répliqué sévèrement aux États-Unis », a déclaré Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse.
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken avait félicité Lai, dont l'investiture est, selon lui, le signe d'un « système démocratique résilient ». Il a dit espérer que Washington et Taipei puissent renforcer leurs relations et maintenir la « paix et la stabilité » dans la région du détroit de Taïwan. Bien que Washington ait abandonné la reconnaissance diplomatique de Taipei au profit de Pékin en 1979, il est resté le partenaire le plus important de Taïwan et son principal fournisseur d'armes. Lai Ching-te devrait continuer au cours de son mandat à augmenter les dépenses militaires de l'île et renforcer ses alliances, notamment avec les Etats-Unis alors que Taïwan souffre d'un manque de reconnaissance diplomatique, ne disposant que de 12 alliés sur la scène internationale.
Concomitamment à l'investiture, la Chine a dévoilé lundi de nouvelles sanctions contre trois entreprises américaines vendant des armes à Taïwan. Les sociétés General Atomics Aeronautical Systems, General Dynamics Land Systems et Boeing Defense, Space & Security seront placées sur la liste des « entités non fiables » du gouvernement chinois, a indiqué le média d'Etat, citant le ministère du Commerce.
Le mois dernier, les Etats-Unis ont par ailleurs approuvé plusieurs milliards de dollars d'aide militaire à Taïwan. Cette aide s'inscrit dans un vaste programme de 8 milliards de dollars pour tenir tête à la Chine sur le plan militaire en investissant dans les sous-marins, et sur le plan économique en concurrençant les gros projets chinois dans les pays en développement.
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Un soutien militaire qui accroît « le risque de conflit », a immédiatement réagi Pékin. « Les Etats-Unis doivent (...) cesser d'armer Taïwan, cesser de créer de nouvelles tensions dans le détroit de Taïwan et cesser de compromettre la paix et la stabilité de part et d'autre du détroi », a affirmé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Wang Wenbin.
Alors que la pression s'intensifie autour de Taïwan, le nouveau président de l'île Lai Ching-te a promis de défendre la démocratie face aux menaces chinoises et appelé la Chine à « cesser ses intimidations politiques et militaires », après avoir prêté serment ce lundi.
Dans son discours d'investiture au palais présidentiel de Taipei, Lai a évoqué de façon directe la menace de guerre après des années de pressions de la part de la Chine pour que Taïwan passe sous son contrôle. Le nouveau président a remercié les Taïwanais d'avoir résisté à l'influence « des forces extérieures et d'avoir résolument défendu la démocratie », affirmant que « l'ère glorieuse de la démocratie taïwanaise est arrivée ».
La cérémonie, durant laquelle a été aussi investie la nouvelle vice-présidente, Hsiao Bi-khim, s'est tenue au palais présidentiel de Taipei, la capitale. En marque de soutien, huit chefs d'Etat, des rares pays qui reconnaissent Taïwan, y ont participé ainsi que plusieurs dizaines de délégations.
Issu du Parti démocrate progressiste (PDP), le même mouvement que sa prédécesseure Tsai Ing-wen, Lai a été décrit par Pékin comme un « dangereux séparatiste » pour ses déclarations passées en faveur de l'indépendance de Taïwan. Il a depuis adouci son discours, et a promis lundi que son gouvernement « ne cédera pas, ne provoquera pas et maintiendra le statu quo », c'est-à-dire un équilibre qui préserve la souveraineté de Taïwan sans pour autant déclarer une indépendance formelle.
Le nouveau président a donc appelé la Chine à « cesser ses intimidations politiques et militaires contre Taïwan ». Pékin doit « partager avec Taïwan la responsabilité envers le monde du maintien de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan », a-t-il plaidé. Pour rappel, l'île de 23 millions d'habitants est gouvernée de manière autonome depuis 1949, mais la Chine la considère comme une partie de son territoire et a affirmé vouloir la ramener sous son contrôle, par la force si nécessaire.
Dans ce contexte, les avions de guerre et les navires chinois maintiennent une présence quasi-quotidienne autour de l'île, même si dans les jours précédant l'inauguration, il n'y a pas eu d'augmentation significative du nombre d'avions et de navires.
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« Quelle que soit l'évolution de la situation politique interne à Taïwan, cela ne changera rien au fait historique et juridique que les deux rives du détroit appartiennent à une seule et même Chine », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin, après l'investiture du nouveau président. Pékin a également averti lundi que les efforts visant à l'indépendance de Taïwan déboucheraient sur une « impasse ». « Peu importe sous quelle forme ou sous quelle bannière, la recherche de l'indépendance et de la sécession de Taïwan est vouée à l'échec », a ajouté le porte-parole.
(Avec AFP)
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