A Pékin, Poutine assure que la relation entre son pays et la Chine favorise la « stabilité »
latribune.fr

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, le président chinois a affirmé que la relation Pékin-Moscou est « propice à la paix ».
SPUTNIK
latribune.fr

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, le président chinois a affirmé que la relation Pékin-Moscou est « propice à la paix ».
SPUTNIK
[Article publié le jeudi 16 mai 2024 à 7h56, mis à jour à 9h45] C'est devant l'immense Palais du peuple qui donne sur la place Tiananmen que le président russe Vladimir Poutine a été accueilli jeudi à Pékin. Xi Jinping, son homologue chinois et « cher ami », à peine revenu de sa tournée européenne, où il a défendu le droit de maintenir avec son voisin russe des liens économiques normaux, l'a reçu dans la matinée lors d'une cérémonie d'accueil en grande pompe. Les deux hommes se sont serré la main, tandis qu'une fanfare jouait les hymnes russe et chinois, selon des images de la télévision d'Etat CCTV.
Dans les premiers temps de cette nouvelle rencontre avec Vladimir Poutine, le président chinois a affirmé que la relation Pékin-Moscou était « propice à la paix ». Elle « est non seulement dans l'intérêt fondamental des deux pays et des deux peuples, mais elle est également propice à la paix », a estimé Xi Jinping, se disant prêt à renforcer ces liens, selon des propos rapportés par le ministère chinois des Affaires étrangères. De son côté, le président russe a affirmé que la relation entre son pays et la Chine favorise la « stabilité ».
C'est le premier voyage à l'étranger du président russe depuis sa réélection en mars et son deuxième en Chine en un peu plus de six mois. Vladimir Poutine était à Pékin en octobre 2023 à l'occasion d'un forum consacré aux « Nouvelles routes de la soie », le gigantesque et emblématique projet chinois d'investissements dans les infrastructures à l'étranger. Ce voyage du dirigeant russe s'était déroulé malgré l'émission d'un mandat d'arrêt par la Cour pénale internationale, dont la Chine n'est pas Etat partie. Les deux pays avaient célébré début 2022, juste avant le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine, un partenariat bilatéral décrit comme « sans limites ».
Quelques heures avant son départ pour la Chine, Vladimir Poutine s'est félicité des avancées en Ukraine de l'armée russe qui a revendiqué la prise de plusieurs localités dans la région de Kharkiv (nord-est) : « Nos troupes améliorent constamment, chaque jour, leurs positions dans toutes les directions », a-t-il assuré.
« C'est le premier voyage de Poutine après son investiture et il est donc destiné à montrer que les relations sino-russes montent encore d'un niveau », déclare à l'AFP l'analyste russe indépendant Konstantin Kalachev. « Sans oublier l'amitié personnelle visiblement sincère entre les deux dirigeants. »
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Les deux dirigeants devraient par ailleurs publier une déclaration commune et assister à une soirée marquant les 75 ans de relations diplomatiques entre leurs pays, selon le Kremlin. Le président russe doit également rencontrer le Premier ministre Li Qiang puis se rendre vendredi à Harbin (nord-est) pour visiter une foire dédiée au commerce et aux investissements.
Le Kremlin a dit cette semaine que les deux présidents évoqueraient notamment « les domaines-clés de développement de la coopération russo-chinoise, tout en échangeant aussi leurs points de vue sur les questions internationales et régionales ». Dans un entretien avec l'agence de presse officielle Chine nouvelle, paru ce mercredi, Vladimir Poutine a salué le « désir sincère » de Pékin d'œuvrer au règlement de la crise ukrainienne. Des propos réitérés ce jeudi : le président russe s'est dit « reconnaissant » envers la Chine pour ses « initiatives » de paix dans la crise ukrainienne, selon les agences russes.
S'exprimant face à la presse au côté de Xi Jinping, il a aussi jugé « nuisible » toute alliance politique et militaire « fermée » dans la région Asie-Pacifique, où son partenaire chinois est en concurrence avec son rival américain, qui coopère avec l'Australie et le Royaume-Uni pour contrer l'influence de Pékin.
La Chine appelle régulièrement au respect de l'intégrité territoriale de tous les pays (sous-entendu Ukraine comprise) mais exhorte aussi à prendre en considération les préoccupations de sécurité de la Russie.
Le géant asiatique est une planche de salut économique cruciale pour la Russie, en proie à de lourdes sanctions occidentales prises pour la punir de son offensive militaire en Ukraine. Les échanges commerciaux sino-russes ont explosé depuis l'invasion de l'Ukraine et ont atteint 240 milliards de dollars (222 milliards d'euros) en 2023, selon les douanes chinoises.
Néanmoins, les exportations chinoises vers le voisin russe étaient sensiblement plus basses en mars et en avril 2024 en comparaison de la période janvier-février. Une conséquence des menaces de Washington de sanctionner les institutions financières soutenant l'effort de guerre russe. En effet, un décret signé en décembre par le président américain Joe Biden autorise désormais des sanctions secondaires contre les banques étrangères liées à la machine de guerre russe. En clair : le Trésor américain peut les exclure du système financier mondial, fondé sur le dollar.
Pendant cette visite de Vladimir Poutine, des experts s'attendent toutefois à ce que Moscou et Pékin célèbrent leur partenariat et signent plusieurs accords commerciaux.
La Chine appelle régulièrement au respect de l'intégrité territoriale de tous les pays (sous-entendu, l'Ukraine comprise), mais exhorte aussi à prendre en considération les préoccupations de sécurité de la Russie.
Washington a fixé une ligne rouge à Pékin - ne pas fournir directement d'armes à la Russie - et dit n'avoir, à ce jour, pas eu la preuve du contraire. Mais les Etats-Unis estiment que le soutien économique chinois permet tout de même à la Russie de renforcer sa production de missiles, de drones et de chars.
La Chine cherche de toute façon à renouer ses liens avec les Etats-Unis et pourrait donc être réticente à vouloir renforcer sa coopération avec la Russie, malgré les attentes de cette dernière, selon des analystes. Plusieurs banques chinoises ont ainsi interrompu ou réduit leurs transactions avec leurs clients russes, selon huit ressortissants des deux pays impliqués dans le commerce bilatéral.
À lire également
Les banques « partent du principe qu'il vaut mieux être prudent que faire quelque chose qu'on pourrait regretter par la suite », déclare à l'AFP Alexandre Gabouïev, le directeur du Centre Carnegie Russie Eurasie. « Arriver à déterminer si des paiements sont liés au complexe militaro-industriel russe (...) représente une difficulté considérable pour les entreprises chinoises, dont les banques ».
(Avec AFP)
latribune.fr