Theresa May reporte le vote sur l'accord de Brexit au Parlement

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(Crédits : Reuters)
Devant les députés ce lundi 10 décembre, Theresa May a annoncé le report du vote prévu mardi sur le projet d'accord de Brexit qu'elle a négocié avec Bruxelles et les a informés de sa volonté de s'entretenir avec ses homologues européens en vue d'obtenir des garanties supplémentaires sur la clause de sauvegarde ("backstop") pour l'Irlande du Nord.

[Article publié le 10/12 à 17h18, mis à jour à 17h40 avec la déclaration de Nathalie Loiseau]

Theresa May a annoncé ce lundi 10 décembre aux députés britanniques le report du vote sur l'accord de sortie de l'Union européenne, prévu mardi, en raison des profondes divisions des parlementaires britanniques qui menaçaient de le voir rejeté. Peu avant 15 heures, la Première ministre a annoncé à ses ministres qu'elle allait retourner à Bruxelles pour obtenir une "garantie juridiquement contraignante" que la clause de sauvegarde, dite de "backstop", sur la frontière irlandaise, ne s'appliquera pas indéfiniment, rapporte un journaliste politique du Telegraph.

Dans le même temps, Theresa May a assuré aux parlementaire que le projet d'accord est le bon et a annoncé qu'elle avait chargé son gouvernement d'accélérer les préparatifs en vue d'un Brexit sans accord.

« Si nous organisions le vote comme prévu demain, l'accord aurait des chances importantes d'être rejeté (...) Nous allons donc reporter le vote prévu demain et nous n'allons pas diviser la chambre en cette période », a t-elle déclaré.

La livre sterling a lâché plus de 1,6% face au dollar, à 1,2505 dollar en cours de séance, soit son plus bas niveau depuis avril 2017. La monnaie britannique s'échangeait à 1,50 contre le billet vert le jour du référendum sur le Brexit le 23 juin 2016.

May va retourner négocier à Bruxelles...

De l'aveu même de Theresa May, les députés resteraient, en effet, opposés à la clause de sauvegarde pour l'Irlande du Nord négociée avec l'Union européenne. Selon ses détracteurs, le possible maintien de l'Irlande du Nord dans l'union douanière si aucune autre solution n'est trouvée d'ici à la fin de la période de transition post-Brexit ouvre la voie à un démantèlement du Royaume-Uni.

La Première ministre s'est ainsi engagée à essayer d'obtenir des garanties supplémentaires auprès de ses homologues européens que cette clause ne s'appliquera pas indéfiniment dans le temps. Mais pas question de revenir dessus.

« C'est le bon accord pour la Grande-Bretagne, je suis déterminée à faire tout ce que je peux pour obtenir les garanties exigées par cette Chambre afin que cet accord soit conclu (...) », déclare Theresa May.

Mais pour la Commission européenne, pas question de toucher à l'accord de divorce

En parallèle, la Commission européenne a déclaré qu'il n'était pas question de renégocier l'accord de divorce.

« L'accord mis sur la table le 25 novembre est le meilleur qui soit et le seul possible. Il n'est pas question d'une renégociation », a affirmé la porte-parole adjointe de la Commission européenne Mina Andreeva. « Nous partons du principe que le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 29 mars 2019 et nous ne voulons pas spéculer sur d'autres éventualités. »

Une position partagée par le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas : « Je ne vois pas ce qu'on peut changer à l'accord de Brexit. Nous avons un accord qui est soutenu par les deux parties. Nous souhaitons un Brexit ordonné. »

Un Brexit sans accord "de plus en plus probable"

Alors qu'en France, l'Assemblée nationale examine ce lundi un projet de loi habilitant le gouvernement à prendre par ordonnances les mesures de préparation au Brexit pour faire face à toutes les éventualités, la ministre française chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a estimé qu'une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'UE était "de plus en plus probable". Malgré le report du vote au Parlement.

« Ce dernier développement ne doit pas nous faire perdre de vue qu'un rejet de l'accord de retrait est de plus en plus probable. Un risque d'une sortie sans accord l'est lui aussi, sortie qui serait sans aucun doute extrêmement coûteuse pour le Royaume-Uni mais qui pénaliserait aussi l'Union européenne. »

Le texte vise notamment à protéger les Français ayant vécu au Royaume-Uni et revenant en France ainsi que les Britanniques se trouvant en France pour qu'ils ne se retrouvent pas brutalement en situation irrégulière. Il précise les droits sociaux applicables pour chacun.

La livre à son plus bas niveau depuis juin 2017

La livre britannique a baissé après des informations de plusieurs médias britanniques qui, citant des sources gouvernementales, avaient révélé plus tôt dans la journée que le vote du Parlement devrait être reporté. Vers 15h00 GMT (16h00 à Paris), la livre britannique s'échangeait ainsi pour 1,2633 dollar contre 1,2726 dollar vendredi à 22h00 GMT. Vers 14H20 GMT, elle est même tombée à 1,2606 dollar, soit une chute de près de 1% et son plus bas niveau depuis juin 2017.

La devise baissait également face à l'euro à 90,28 pence pour un euro contre 89,44 pence vendredi soir. Vers 13H40 GMT, la livre a atteint 90,47 pence pour un euro, son plus bas niveau depuis début septembre.

(avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 11/12/2018 à 9:34 :
J'avais pas fait un commentaire ici ? Hum... -_-

Il faut travailler l'UERSS au corps, attendrir la viande pour l'instant dure comme de la pierre.
a écrit le 11/12/2018 à 8:37 :
Elle va tenter de renégocier, un coup de pression au dernier moment , comme d'habitude
a écrit le 10/12/2018 à 22:47 :
Bientôt les anglais reporteront le referendum pour déterminer si ils doivent reporter un autre referendum pour savoir si oui ou non il devront allonger la période de transition.
a écrit le 10/12/2018 à 20:24 :
ce qui est de plus en plus probable c'est qu'elle joue la montre jusqu'au bout, puis dissolve et demissionne!
y aura 3 mois de chaos complet, les gens seront ulceres, y aura revote, et le resultat sera different
a écrit le 10/12/2018 à 19:24 :
"L'accord mis sur la table le 25 novembre est le meilleur qui soit et le seul possible."

"Il n'y a pas d'alternative démocratique aux traités européens" Juncker

Partant de là...
a écrit le 10/12/2018 à 19:08 :
Waoo -1,6% face au dollars et au plus bas depuis ... JUIN 2017 !!! Mon dieu quel horreur, le monde s'écroule ! Franchement un peu de sérieux, ça montre que tout va bien pour la finance et qu'avec la situation actuelle en France on peut se demander si l'Angleterre n'est pas la bonne option !!!!

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