Brexit : le Parlement britannique ouvre les hostilités, avant un vote historique

 |   |  463  mots
(Crédits : Reuters)
Pendant cinq jours, les députés britanniques vont débattre sur les termes du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, avant un vote historique le 11 décembre prochain. Le texte suscite des hostilités de tous bords, en particulier au sein même du camp de Theresa May - 90 députés conservateurs sur 315 menacent de le rejeter. Un départ de l'UE sans accord n'est pas à sous-estimer, a t-elle prévenu.

Au premier jour d'un débat à la Chambre des Communes primordial pour l'avenir du Royaume-Uni et sa sortie de l'UE - avec ou sans accord -, au 29 mars prochain, Theresa May, demandera ce mardi aux députés de soutenir l'accord de Brexit qu'elle a conclu il y a quinze jours avec l'Union européenne. Mais la volonté de la cheffe du gouvernement britannique de maintenir des liens étroits avec l'UE après le Brexit a été critiquée aussi bien par les députés eurosceptiques (les "Brexiters") que ceux favorables au maintien de la Grande-Bretagne dans l'UE (les "Remainers").

L'issue du vote est incertaine, les conséquences encore bien davantage

Si le Parlement britannique venait à se prononcer contre cet accord, Theresa May pourrait demander un nouveau vote après renégociation avec l'UE. Mais un tel revers rapprocherait la Grande-Bretagne d'un Brexit sans accord - avec le risque d'un choc plus violent pour l'économie britannique que la crise financière de 2008 -, et accentuerait la pression sur May pour qu'elle démissionne.

D'autres scénarios sont aussi envisageables en cas de rejet par le Parlement, comme un nouveau référendum après celui de 2016 - un cas de figure dont May ne veut pas et qu'elle juge impossible -, voire l'annulation du Brexit.

Dans tous les cas de figure, le Brexit pèsera sur l'économie britannique. En cas de no-deal, un rapport du gouvernement avait évalué la perte de PIB à 9,3% en 15 ans. En revanche, l'accord scellé par la Première ministre avec l'UE limiterait la casse en coûtant 3,9% au PIB (1,2% à 3,8% d'ici à 2021, selon la Banque d'Angleterre).

--

Le Brexit étape par étape

[Si le projet d'accord est validé à cette étape, la chronologie des événements devrait pouvoir se poursuivre comme le montre le graphique de notre partenaire Statista ci-dessus, en quelques dates clés.]

--

En dépit des vents contraires, May garde le cap

Pourtant, le compromis trouvé par Theresa May avec Bruxelles, dont les ministres britanniques admettent les imperfections, a accentué les critiques des pro et anti-Brexit. Brexiters comme Remainers ont annoncé qu'ils se prononceraient contre le projet de sortie de l'UE établi par Theresa May et certains, dans les deux camps, ont menacé de voter la défiance contre la Première ministre. Plus de 90 députés conservateurs sur 315 menacent de le rejeter -  alors qu'il lui faut 320 voix pour passer.

Le débat de cinq jours prévu aux Communes dès mardi devrait donner un aperçu plus clair de l'opposition à laquelle Theresa May fait face.

Jusqu'à six amendements visant à renégocier certains terme de l'accord de Brexit pourront être retenus le 11 décembre, date à laquelle s'achèvera le débat. Ces amendements ne seront pas juridiquement contraignants, mais Theresa May pourra difficilement les ignorer.

(avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 04/12/2018 à 21:44 :
Le Brexit est bien moins toléré par l'UE de Bruxelles que la GB et tout ça pour créer un nationalisme impérial européen!
a écrit le 04/12/2018 à 19:12 :
L'UE a visiblement plus de mal a vouloir laisser partir la GB que celle ci a se séparer du club! Bruxelles ne marchera pas mieux qu'avant!
a écrit le 04/12/2018 à 10:50 :
Excellent timing:

"Le Royaume-Uni peut mettre fin au Brexit unilatéralement selon l'avis de la CJUE" https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN1O30TV/le-royaume-uni-peut-mettre-fin-au-brexit-unilateralement-selon-l-avis-de-la-cjue.html

Cette dépêche reuters est vraiment très intéressante car elle arrive en même temps que la tournée anglaise de T. May. On voit que l'UE ne veut pas que les anglais partent et au final, cet accord pas terrible voir un peu moisi même qu'a obtenue T. May semble déjà inespéré car l'UE démontre sa volonté de conserver le RU en son sein malgré l'avis de son peuple.

"Il n'y a pas d'alternative démocratique aux traités européens" Juncker.

On le voit bien.

C'est donc bel et bien la stratégie dont j'ai parlé qui semble animer T. May, d'abord et avant tout sortir de cet enfer européen et ensuite ce sera plus facile pour tout renégocier quand on ne lui sera plus soumis.

DE Gaulles avait tort, cela ne lui est pas souvent arrivé mais par contre à chaque fois cela a généré d'énormes dégats, il vallait mieux parier sur les anglais que sur les allemands qui maintenant sont en train de faire agoniser l'europe, à petits feux, depuis des années.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :