Trahi par son disciple : l'histoire rocambolesque de la capture d'Al Baghdadi

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Le 27 octobre 2019, dans un café de Najaf, deux Irakiens regardent à la télé l'annonce de la mort du chef de l'État islamique Abou Bakr al-Baghdadi. Dans leur longue traque d'Abou Bakr al Baghdadi, les services de renseignements irakiens ont été informés par un conseiller du chef de l'organisation État islamique, qui leur a expliqué les techniques de ce dernier pour éviter d'être capturé pendant tant d'années.
Le 27 octobre 2019, dans un café de Najaf, deux Irakiens regardent à la télé l'annonce de la mort du chef de l'État islamique Abou Bakr al-Baghdadi. Dans leur longue traque d'Abou Bakr al Baghdadi, les services de renseignements irakiens ont été informés par un conseiller du chef de l'organisation État islamique, qui leur a expliqué les techniques de ce dernier pour éviter d'être capturé pendant tant d'années. (Crédits : Alaa Al-Marjani)
C'est un des très proches conseillers du chef de l'organisation État islamique qui a permis aux services de renseignement irakiens de trouver les pièces manquantes du puzzle et de localiser celui qui leur échappait depuis tant d'années.

Dans leur longue traque d'Abou Bakr al Baghdadi, les services de renseignements irakiens ont été informés par un conseiller du chef de l'organisation État islamique, qui leur a expliqué comment ce dernier avait pu éviter d'être capturé pendant tant d'années, ont rapporté deux officiers de sécurité irakiens.

Baghdadi tenait parfois des réunions stratégiques avec ses commandants dans des minibus remplis de légumes afin d'éviter d'être repéré, a déclaré Ismaël al Ethawi après avoir été arrêté par les autorités turques et remis aux Irakiens.

Les pièces manquantes du puzzle

"Ethawi a fourni des informations précieuses qui ont aidé les services de sécurité irakiens à trouver les pièces manquantes du puzzle sur les mouvements de Baghdadi et les endroits où il avait l'habitude de se cacher", a déclaré à Reuters l'un des responsables irakiens.

"Ethawi nous a donné des détails sur cinq hommes, y compris lui-même, qui rencontraient Baghdadi en Syrie et sur les différents lieux où ils se sont rendus", a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump a déclaré dimanche que Baghdadi était mort "en pleurant" lors d'un raid mené par les forces spéciales américaines dans la région d'Idlib, au nord-ouest de la Syrie.

Titulaire d'un doctorat en sciences islamiques, Ethawi était considéré par les services de renseignements irakiens comme l'un des cinq principaux collaborateurs du chef de l'EI. Il a rejoint Al Qaïda en 2006 et a été arrêté par les forces américaines en 2008, puis emprisonné pendant quatre ans, selon les responsables de la sécurité irakienne.

Baghdadi a ensuite confié à Ethawi des missions telles que la transmission d'instructions religieuses et la sélection de commandants pour l'EI. Après les déboires de l'organisation en 2017, Ethawi s'est enfui en Syrie avec son épouse syrienne.

La capture de cinq responsables de l'EI, tournant crucial

Un autre tournant a eu lieu en début d'année lors d'une opération qui a vu des agents des services de renseignement américains, turcs et irakiens capturer des responsables de l'État islamique, dont quatre Irakiens et un Syrien.

"Ils nous ont indiqué tous les lieux où ils rencontraient Baghdadi en Syrie et nous avons décidé de nous coordonner avec la CIA pour déployer davantage de sources dans ces zones", a déclaré l'un des responsables irakiens.

"Mi-2019, nous avons réussi à localiser Idlib comme la zone où Baghdadi se déplaçait de village en village avec sa famille et trois proches collaborateurs", a-t-il poursuivi.

Des informateurs syriens ont ensuite aperçu un Irakien portant un turban sur un marché d'Idlib et l'ont reconnu sur une photo, a raconté le responsable. C'était Ethawi, et ils l'ont suivi jusqu'à la maison où séjournait Baghdadi.

"Nous avons transmis les détails à la CIA et ils ont utilisé un satellite et des drones pour surveiller le site ces cinq derniers mois", a déclaré le responsable.

Il y a deux jours, Baghdadi a quitté les lieux avec sa famille pour la première fois, se rendant en minibus dans un village voisin.

"C'était son dernier moment de vie", a déclaré le responsable.

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Commentaires
a écrit le 29/10/2019 à 18:26 :
"Titulaire d'un doctorat en sciences islamiques..."

Ça fait toujours mieux qu'en "pipologie appliquée aux pigeons".
a écrit le 29/10/2019 à 13:05 :
C'est plutôt une bonne nouvelle pour les victimes innombrables de Daesh et de ses doctrines mortifères.

Ca ne fait pas pour autant de Trump un saint. Les insultes gratuites (et idiotes) qu'il a proféré sur son cadavre ont rappelé le gouffre qu'il existe entre la classe d'un Obama plac" dans les mêmes conditions, et les électeurs de moumoute jaune, à qui le discours était adressé.

l'EI est un cancer, un gros foyer à été éradiqué. Mais les USA ont beaucoup contribué à le métastaser et c'est un croup d'épée dans l'eau.
a écrit le 29/10/2019 à 10:57 :
Une excellente nouvelle, avec évidemment un peu d'intox, car il importe que les potentiels suiveurs sachent bien qu'il ne leur sera pas fait merci, et qu'il ont dans leurs rangs beaucoup de personnes prêtes à les donner. Evidemment, on verra ce qu'il subsiste de l'hydre. Les services américains, et tous ceux qui ont contribué, ont fait du beau boulot. Trump est dans son rôle.
a écrit le 29/10/2019 à 10:21 :
La photo du chien héros à été déclassifié et publiée, mais pas le nom.
En fait, il s'appelle Rambo....c'est pour ça qu'ils le cachent.
Réponse de le 30/10/2019 à 11:29 :
La divulgation de la photo et du nom du chien sont un véritable scandale!Le pauvre est maintenant condamné,sa tete va etre prochainement mise a prix!
a écrit le 29/10/2019 à 8:56 :
Baghdadi c'est comme le père Noël on peut y croire , on ne la jamais vu, a part des copies dans des centres commerciaux, ou des personnes déguisées pour faire croire son existence aux enfants naïfs mais au final on ne la jamais vu. C'est comme pour les armes de destructions massive, jamais vu non plus. Mais quand un journaliste saoudien se fait découper vivant dans une ambassade en Turquie, on devrait s'interroger sur ce monde dans lequel on vit ....
a écrit le 28/10/2019 à 17:38 :
En voilà une jolie histoire pour...?
Les crédules, les surmédiatises, les lobotomises, les décérébrés, les amateurs de Fake news.. bref tout ceux qui "badent", "gobent" les pseudos informations des chaînes en continu, de Facebook, Twitter...
Aucune chance que ce que Trump dise soit la vérité... même si Bagdadi est sûrement(peut-être ?)
mort. Ce qui ne change d'ailleurs pas grand chose quant à l'organisation, aux objectifs de l' EI.
a écrit le 28/10/2019 à 16:55 :
On retiendra surtout qu'Ethawi a été membre d'Al Qaïda puis arrété et ensuite relâché par les USA ce qui lui a permis de rejoindre tranquillement l'EI. Les américains feront certainement pression pour qu'il soit relâché, avec sa tendance à trahir les siens, Ethawi peut encore être utile. Quant à Al Bahgdai, il a été éliminé, c'est comme si on neutralisait la tête d'un réseau de trafic de drogue sans démanteler le réseau, son bras droit vient d'avoir une promotion .

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