Cherchant à diversifier son économie trop dépendante du pétrole, l'Arabie Saoudite crée un fonds de 15 milliards de dollars dédié à la prise de participation dans des mines et à la transformation de métaux à travers le monde. Parallèlement, elle veut augmenter l'exploitation de son sous-sol, riche notamment en cuivre, or, zinc, plomb, argent et uranium, en attirant des groupes miniers étrangers.Trop dépendant de la rente pétrolière, le royaume d'Arabie Saoudite accélère la diversification de son économie, selon le plan Vision 2030, voulu par l'homme fort du régime, le prince héritier Mohammed bin Salmane (MBS). L'un des projets phares, la ville futuriste Neom, se veut le symbole de cette nouvelle industrie liée à la transition énergétique et numérique: énergies renouvelables, batteries pour véhicules électriques, développement de réseaux électriques...
L'ambition d'une économie décarbonée
Pour mener à bien ce projet, l'Arabie saoudite a l'ambition de participer à la course de vitesse que se livrent les Etats-Unis, la Chine et les pays de l'Union européenne pour prendre les parts de marché de cette nouvelle économie décarbonée. « Le Royaume investit près de 200 milliards de dollars américains dans les énergies renouvelables au pays et à l'étranger. Nos entreprises sont actives dans 21 pays, déployant l'énergie solaire et éolienne et d'autres types d'énergies renouvelables », rappelait jeudi le Prince Faysal bin Farhan Al Saoud, ministre saoudien des Affaires étrangères, au Forum économique de Davos. Or, pour cela, il est nécessaire de sécuriser l'approvisionnement en métaux stratégiques, comme le lithium, pour pouvoir développer une industrie locale.
En mai dernier, le ministre de l'Industrie et des Ressources minières, Bandar Alkhorayef, avait annoncé un plan pour attirer 32 milliards de dollars dans l'industrie minière locale, dont il escompte la création de 14.500 emplois. 145 licences d'exploitation pour des compagnies étrangères étaient prévues d'être délivrées. « Notre mission est de permettre de bénéficier de nos ressources minérales en développant un secteur minier durable capable d'être compétitif au niveau mondial », affirmait le ministre.
C'était l'enjeu du Future Minerals Forum qui s'est tenu la semaine dernière à Riyad où les autorités saoudiennes ont annoncé à cette occasion la création d'une société d'investissement dédiée au secteur minier, qui devrait être doté de 15 milliards de dollars. Cette entité est détenue à 49% par le fonds souverain saoudien, le Public Investment Fund (PIF), et à 51% par la compagnie publique minière Ma'aden (elle même détenue à 67% par le PIF). Son objectif est de prendre des participations minoritaires dans des mines et le raffinage à travers le globe, pour « sécuriser les chaînes de valeur critiques pour le développement industriel et la transition énergétique dans le Royaume », précise le communiqué.