Transition énergétique : le G7 s'engage sur un accord inédit de sortie du charbon

Réunis pendant trois jours à Berlin, les pays du G7 se sont notamment engagés à "soutenir l'accélération de la sortie mondiale du charbon" alors que l'Allemagne et le Japon sont encore très dépendants de ce combustible. Pour autant, une date précise de cette sortie n'est pas encore actée.

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Le charbon est pointé du doigt pour ses émissions de CO2 qui contribuent à la hausse des températures mondiales.
Le charbon est pointé du doigt pour ses émissions de CO2 qui contribuent à la hausse des températures mondiales. (Crédits : Mike Hutchings)

Le G7 veut dire non au charbon. C'est du moins ce qui ressort des engagements pris par les sept pays parmi les plus puissants de la planète ce vendredi. Les Etats-Unis, la France, l'Italie, l'Allemagne, le Japon, le Canada et le Royaume-Uni ont promis de "soutenir l'accélération de la sortie mondiale du charbon" et de "développer rapidement les technologies et les politiques nécessaires à la transition vers une énergie propre". Pour cela, ils se sont engagés "à atteindre un secteur de l'électricité majoritairement décarboné d'ici 2035", ont-ils déclaré dans une déclaration publiée à l'issue d'une réunion des ministres du Climat et de l'Energie à Berlin. C'est la première fois que les sept puissances industrielles s'engagent ensemble sur un tel objectif.

Cette réunion de trois jours à Berlin se déroule alors que la guerre en Ukraine et la volonté des pays occidentaux de ne plus acheter de gaz et de pétrole russes font craindre un recours accru aux centrales à charbon susceptible de saper les efforts de lutte contre le changement climatique. Or, le charbon est pointé du doigt pour ses émissions de CO2 qui contribuent à la hausse des températures mondiales.

L'Allemagne et le Japon, dépendant du charbon

L'Allemagne est encore très dépendante de ce combustible. Ainsi, en 2021, la production d'électricité à partir de charbon avait déjà crû de près de 18%. Au global, bien que la demande de charbon en Allemagne ait été divisée par trois depuis 1990, 28,9% de l'électricité injectée dans le réseau du pays provenait encore de centrales à charbon au premier trimestre 2021, "contre 13% en moyenne dans l'Union européenne", selon une note de l'Institut Jacques Delors sur le sujet.

Début mars, le chancelier allemand, Olaf Scholz (SPD) avait affirmé que Berlin chercherait à constituer une réserve de charbon pour faire face à la menace russe. Il était également envisagé de suspendre la fermeture programmée de certaines centrales électriques au charbon dans le cadre d'un plan visant à réduire sa dépendance à l'égard des énergies fossiles russes et à réduire sa facture énergétique. Mais ce vendredi, l'Allemagne a affirmé que la recherche de ressources énergétiques alternatives aux hydrocarbures russes ne se ferait pas au détriment des objectifs environnementaux.

L'Allemagne n'est d'ailleurs pas le seul pays à compter sur le charbon. Le Japon, lui aussi concerné, a également réaffirmé sa volonté de réduire autant que possible sa dépendance au combustible. C'est ce qu'a assuré le ministre japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, Koichi Hagiuda, ce vendredi, après avoir été interrogé peu avant la publication du communiqué des ministres présents au G7.

"Nous éliminerons progressivement les centrales au charbon 'inefficaces' d'ici à 2030 et poursuivrons nos efforts pour les remplacer par des centrales thermiques utilisant l'hydrogène, l'ammoniac et l'absorption, l'utilisation et le stockage du carbone d'ici à 2050", a déclaré Koichi Hagiuda lors d'une conférence de presse.

La politique du Japon permet donc néanmoins de poursuivre l'exploitation de centrales électriques au charbon dites "efficaces". L'année dernière, le gouvernement a déclaré qu'il visait à réduire la part du charbon dans la production d'électricité à 19% d'ici 2030, contre 32% en 2019. "Afin de garantir un approvisionnement énergétique stable et de réduire la dépendance à l'égard du gaz russe, nous diversifierons nos sources d'approvisionnement en investissant dans le gaz naturel liquéfié et en favorisant l'investissement dans le développement", a ajouté Koichi Hagiuda au sujet du gaz naturel.

Fin du financement à l'étranger de projets d'énergies fossiles

Les ministres ont également promis de mettre un terme au financement à l'étranger de projets d'énergies fossiles sans technique de capture du carbone d'ici "fin 2022". Cette annonce a été permise grâce à un revirement du Japon, dernier pays du groupe qui refusait de s'engager sur cette question. Une vingtaine de pays, dont les autres Etats du G7, avaient déjà signé une déclaration en ce sens en novembre dernier, lors de la COP 26 à Glasgow. "Il est bien que le Japon, premier financeur des combustibles fossiles au monde, ait rejoint les autres pays du G7", commente auprès de l'AFP Alden Meyer, expert pour le Think Tank européen E3G.

Les Etats du G7 ont également rappelé leur objectif commun de supprimer toute subvention directe à des énergies fossiles "d'ici 2025". "Récompenser un comportement nuisible au climat par des subventions (...), c'est absurde et cette absurdité doit être éliminée", a commenté Robert Habeck le ministre allemand de l'Economie et du Climat, lors d'une conférence de presse vendredi.

(Avec AFP et Reuters)

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