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Guerre en Ukraine : après le charbon, Bruxelles va boycotter le pétrole russe

latribune.fr

Publié le 04 mai 2022 à 08:06 - Mis à jour le 04 mai 2022 à 08:56

Ue: le plan de relance, opportunite du siecle selon ursula von der leyen

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POOL

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17 juillet 2026

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Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, veut mettre en place un embargo total, mais progressif, sur le pétrole russe afin d'assécher le financement de la guerre en Ukraine. Pour entrer en vigueur, cette proposition, faite devant le parlement européen, doit être approuvée par les 27 Etats membres de l'Union européenne. Aussi, la riposte pourrait être moins unifiée et coordonnée qu'il n'y parait. Plusieurs pays auraient obtenu des dérogations en raison de leur extrême dépendance.

Après le charbon, le pétrole. La Commission européenne (CE) a proposé, ce mercredi 4 mai, un embargo total sur le pétrole russe dans le cadre d'un sixième train de sanctions du bloc européen contre la Russie en raison de l'offensive militaire qu'elle a lancée en Ukraine, le 24 février dernier.

"Nous cesserons progressivement l'approvisionnement en pétrole brut dans un délai de six mois et celui en produits raffinés d'ici à la fin de l'année", a déclaré la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen, lors d'un discours de présentation de ce nouveau train de sanctions au Parlement européen réuni à Strasbourg.

"Il s'agira d'un embargo total sur l'ensemble du pétrole russe, livré par voie maritime ou via des oléoducs, brut ou raffiné", a-t-elle précisé.

"Ça ne sera pas facile. Certains Etats membres sont fortement dépendants du pétrole russe. Mais nous devons seulement travailler" sur cette question, a souligné Ursula von der Leyen.

La Hongrie et la Slovaquie : totalement dépendantes du pétrole russe

Sans les mentionner, Ursula von der Leyen fait bien allusion à des dérogations. Plusieurs pays ultra dépendants de la Russie ont demandé des adaptations, au cas par cas. Et d'ores-et-déjà, selon l'agence Reuters, la Hongrie et la Slovaquie pourront continuer à acheter du pétrole brut jusqu'à la fin 2023.

Ces deux pays européens enclavés dépendent, en effet, complètement des oléoducs russes pour leur approvisionnement: ils ne sont reliés à aucun oléoduc européen et n'ont aucun port à disposition pour accueillir des tankers. Tout est donc à faire : il faut construire des infrastructures qui assurent un approvisionnement sécurisé, et, avant cela, vu le temps requis par la construction desdites infrastructures (gazoduc européen) trouver des alternatives.

La proposition de la commission doit être validée par les 27 Etats membres avant de pouvoir entrer en vigueur. Aujourd'hui, la Russie compte 20% à 25% des importations européennes d'hydrocarbures. Cette dépendance est réciproque, la Russie exportant les deux tiers de son pétrole vers l'Union européenne.

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Un sevrage progressif

"L'ère des carburants fossiles russes en Europe va bientôt être révolue", avait déclaré la semaine dernière Ursula von der Leyen,après que le géant gazier Gazprom ait coupé ses livraisons vers la Pologne et la Bulgarie.

Reste que ce sevrage est encore très progressif alors même que le levier énergétique est le seul moyen de rendre matériellement impossible la guerre. L'UE a déjà approuvé un embargo sur le charbon russe, mais il ne sera effectif que le 10 août prochain. S'il est approuvé par les 27, l'embargo sur le pétrole ne mettra complètement fin aux importations russes qu'à la fin de l'année.

Quid du gaz ?

Quant à l'embargo sur le gaz, c'est le plus compliqué à mettre en œuvre, aussi bien sur le plan physique que sur le plan économique.

La Commission européenne a déclaré lundi que le recours au système de paiement proposé par la Russie constituerait une violation des sanctions européennes existantes contre la Russie, tout en s'engageant à fournir des précisions sur les mesures légales à prendre par les entreprises.

Dans cette formule d'embargo à la carte, l'Italie - qui importe environ 40% de son gaz de Russie -, semble aussi avoir posé ses conditions. Le pays risquerait de passer un hiver très difficile si Moscou suspendait immédiatement ses livraisons, a déclaré la veille le ministre italien de la Transition écologique, Roberto Cingolani.

"Il serait important de maintenir les approvisionnements russes jusqu'à fin 2022 pour pouvoir affronter l'hiver et permettre un abandon progressif", a déclaré Roberto Cingolani qui a assuré que la fin de la dépendance à la Russie devrait survenir d'ici le second semestre de 2024.

L'Italie, qui a utilisé 76 milliards de mètres cubes de gaz l'an dernier, s'est tournée vers le Congo, l'Angola, l'Algérie et le Qatar pour tenter de remplacer les 29 milliards de mètres cubes qu'elle se procure auprès de la Russie.

Des discussions privées

De même, le groupe allemand d'énergie Uniper poursuit par exemple ses discussions avec Gazprom et le gouvernement allemand sur la question du règlement des importations de gaz russe en roubles, ce qui représenterait une violation des sanctions imposées par l'Union européenne à Moscou, selon la Commission européenne.

Dans le document présentant ses résultats du premier trimestre, Uniper fait état de "discussions en cours avec le gouvernement allemand et Gazprom sur la mise en œuvre potentielle" du décret russe en question, qui a alimenté les craintes d'un arrêt des approvisionnements.

Le premier importateur allemand de gaz russe n'a toutefois pas fourni de détails supplémentaires sur les pourparlers. Son activité gazière intermédiaire couvre un portefeuille d'environ 370 térawattheures (TWh) de contrats de fourniture de gaz à long terme, dont environ 200 TWh proviennent de Russie.

Lire aussi 6 mnGaz russe : pourquoi l'Europe est piégée

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En attendant, depuis le début de la guerre, l'Europe a déjà payé 48 milliards d'euros à Moscou pour s'approvisionner en gaz, pétrole et charbon, selon le compteur du Crea (Centre for research on energy and clean air). Cela représente environ 700 millions d'euros par jour. La France, à elle seule, a versé quelque 4 milliards d'euros à la Russie. C'est le 6ème pays importateur de l'UE.

(Avec Reuters)

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