Trump conditionne les droits de douane sur l'acier à un accord "juste" sur l'Aléna
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Trump conditionne les droits sur l'acier a un accord alena
KEVIN LAMARQUE
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Trump conditionne les droits sur l'acier a un accord alena
KEVIN LAMARQUE
Donald Trump serait-il déjà prêt à faire marche arrière sur son projet d'imposer des droits de douane de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium aux États-Unis ? Si le président américain estime qu'il "ne lâchera rien", il a en tout cas laissé entendre lundi, sur Twitter, qu'il pourrait assouplir sa position s'il obtenait un accord "juste" sur l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), dont les négociations se sont achevées hier à Mexico, sans avancée notoire.
Le cabinet du chef du gouvernement canadien indique que Justin Trudeau a appelé Donald Trump pour lui dire que des droits de douane seraient un obstacle aux discussions en cours pour réviser l'Aléna. Au téléphone, le Premier ministre canadien "a défendu bec et ongles" les entreprises canadiennes et leurs salariés, indique ce même cabinet. La conversation a été constructive, ajoute-il aussi.
Le week-end dernier, le ministre du Commerce Wilbur Ross et le conseiller du président pour le Commerce Peter Navarro ont pourtant déclaré qu'ils ne s'attendaient pas à ce que des pays soient exemptés de ces taxes, comme cela avait été le cas en 2002 pour le Canada et le Mexique, lorsque George W. Bush avait également décidé de taxes sur l'acier (jusqu'à 30% !) pour sauver la sidérurgie américaine. L'Allemagne, l'Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, la France, le Japon, les Pays-Bas ou encore la Russie étaient alors particulièrement visés.
Toutefois, Peter Navarro a évoqué la possibilité d'exemptions pour "des cas particuliers", en d'autres termes, certaines entreprises ou produits, en indiquant que la décision devrait être officialisée cette semaine ou en début de semaine prochaine.
Entré en vigueur en 1994, l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) avait justement pour but d'éliminer la plupart des droits de douane entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, afin de stimuler les échanges entre eux. Donald Trump, qui a imposé la renégociation de l'Aléna deux jours seulement après son investiture, a maintes fois menacé de se retirer purement et simplement de cet accord, qu'il juge responsable de pertes d'emplois aux États-Unis et de délocalisations de nombreuses entreprises américaines au Mexique, en particulier du secteur automobile.
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À raison, mais ce secteur fait figure d'exception d'après un article du Monde : le déficit commercial américain dans ce domaine est passé de 24 milliards à 64 milliards. Désormais, une voiture sur cinq de la zone est fabriquée au Mexique, et le secteur automobile représente 21% des exportations mexicaines vers les États-Unis selon ProMexico, l'agence de promotion du Mexique.
Mais la situation avec le Canada, son premier partenaire commercial, est radicalement différente.
S'agissant de l'acier, les États-Unis sont les plus gros importateurs d'acier au monde et le Canada est leur principal fournisseur (16% des importations) devant le Brésil (13%) et la Corée du Sud (10%).
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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau avait, dès jeudi, jugé qu'une taxation des importations d'acier canadien "serait inacceptable", soulignant que "les États-Unis ont un surplus de deux milliards de dollars avec le Canada dans le secteur de l'acier".
La balance commerciale est globalement équilibrée entre les États-Unis et le Canada, a maintes fois souligné la ministre.
En 2016, les États-Unis avaient même un excédent commercial de 8 milliards de dollars avec Ottawa. De janvier à septembre 2017, celui-ci est de l'ordre de 3 milliards.
(Avec AFP et Reuters)
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