ANALYSE. Les indices américains S&P 500 et Nasdaq ont enregistré leurs pires trimestres depuis 2022. Le S&P a chuté de 5,8 % en mars, sa plus forte baisse depuis décembre 2022. Les investisseurs craignent que la Bourse américaine ne dévisse encore plus à court terme. Et pour cause, le gouvernement se dit prêt à voir les marchés baisser pour mener à bien sa guerre commerciale.[Article publié le mardi 1er avril 2025 à 15h, mis à jour le jeudi 3 avril 2025 à 11h34] Trump effraye les investisseurs. Alors que les États-Unis ont imposé des droits de douane « réciproques » à « tous les pays » mercredi 2 avril, le S&P 500 et le Nasdaq Composite enregistrent une baisse significative, marquant le pire trimestre pour les actions depuis 2022. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, le 20 janvier, l'indice phare de New York a perdu 9 % retrouvant son point bas de septembre sous 5 520 points quand l'indice technologique Nasdaq a dévissé de 14,4 %. Le Stoxx Europe 600 surpasse désormais le S&P 500 avec un écart de 9,8 points de pourcentage cette année, le meilleur écart trimestriel depuis 2015. « Les marchés sont inquiets des droits de douane », résume pour La Tribune, Andrea Tueni, responsable de l'analyse de marchés chez Saxo Bank.
Pourtant, le gouvernement américain ne fait rien pour rassurer les investisseurs. Au contraire. « Je peux vous dire que les corrections sont saines. Elles sont normales », a affirmé, le 16 mars, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent, sur NBC.
Un gouvernement jusqu'auboutiste... ou presque
« Donald Trump est prêt à laisser la Bourse chuter car son administration est beaucoup plus idéologue que lors de son premier mandat », note Christopher Dembik, conseiller économique chez Pictet AM.
L'objectif numéro un du milliardaire est aujourd'hui de rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis, déficitaire avec nombre de ses voisins. « Il veut retrouver l'expansionnisme et le dynamisme qu'ont connu les États-Unis au XIXe siècle qui leur a apporté une forte croissance », observe l'économiste. Pour cela, le conservateur a déjà affirmé être prêt à ce que le pays souffre à court terme. « Il y a une période de transition » pour « ramener la richesse en Amérique », avait-il notamment avoué début mars.