Donald Trump grippe la machine américaine des fusions-acquisitions
La Tribune (avec Reuters)

Seules 1 603 fusions-acquisitions ont été signées aux États-Unis en janvier et février derniers
SPENCER PLATT / Getty Images via AFP
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Seules 1 603 fusions-acquisitions ont été signées aux États-Unis en janvier et février derniers
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Chaque semaine le confirme un peu plus : l'optimisme qui prévalait à Wall Street au lendemain de la réélection de Donald Trump s'est, désormais, largement dissipé. Dans ce contexte, dirigeants d'entreprise et investisseurs peinent de plus en plus à conclure des transactions, voire à entamer des discussions exploratoires, en raison d'un climat d'incertitude alimenté par la politique commerciale de l'administration américaine.
Et les chiffres confirment directement cette paralysie. Alors que les analystes anticipaient sur 2025 un record en matière de fusions-acquisitions, avec un volume de transactions avoisinant au total les 4 000 milliards de dollars, le débu/636t d'année a signé le pire démarrage du secteur depuis... quinze ans. Selon la plateforme financière britannique Dealogic, seules 1 603 transactions ont été signées aux États-Unis en janvier et février derniers, un volume en chute de 19 % en nombre et de 29 % en valeur par rapport à l'an passé.

Évolution des opérations de fusions-acquisitions par zone depuis le 1er janvier 2025 en milliards de dollars (source Dealogic)
La tendance au recul, certes atténuée, se confirme en intégrant les quinze premiers jours de mars, avec désormais un total de 313,2 milliards de dollars opérés en fusions-acquisitions depuis le début de l'année aux États-Unis, un résultat en baisse de 20 %. Deux secteurs provoquent ce vaste coup de frein : le technologique et, dans une moindre mesure, la santé.
L'incertitude générale et la nouvelle politique commerciale de la Maison-Blanche inquiètent au plus haut point les investisseurs. « Toutes les transactions ont été suspendues en janvier et février », explique ainsi Bill George, ancien PDG de Medtronic et membre de la Harvard Business School. « Les dirigeants ne savent pas comment modéliser leurs chiffres, ni anticiper l'évolution du marché. »
La crainte d'une escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et leurs partenaires constitue l'une des principales préoccupations des entreprises, une situation qui pèse par rebond sur les grandes banques d'investissement. L'attentisme touche même les entreprises peu exposées aux droits de douane. « Le moindre signe d'incertitude en provenance de Washington complique les discussions », confirme un gestionnaire de fonds spéculatif.
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Gregory Bedrosian, PDG de la banque d'investissement Drake Star, souligne que « de nombreux vendeurs préfèrent attendre que le marché se stabilise afin de maximiser la valorisation de leurs actifs ». Alors que le potentiel apparaît plus que jamais important. Selon plusieurs dirigeants de grandes banques américaines rencontrés par Reuters, des discussions sont en cours pour créer des champions industriels capables de rivaliser avec la Chine. Et, contrairement à l'administration Biden, l'équipe de Donald Trump ne devrait pas bloquer ces accords jugés désormais « stratégiques ».
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