Trump se retire de l'accord nucléaire iranien et inflige un revers aux Européens

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Pour sauver le texte, les Européens étaient allés dans le sens du président Trump en proposant de négocier avec l'Iran un nouvel accord qui prenne en compte les inquiétudes américaines sur le développement de missiles balistiques par Téhéran, ainsi que ses activités jugées déstabilisatrices au Moyen-Orient. En vain.
Pour sauver le texte, les Européens étaient allés dans le sens du président Trump en proposant de négocier avec l'Iran un "nouvel accord" qui prenne en compte les inquiétudes américaines sur le développement de missiles balistiques par Téhéran, ainsi que ses activités jugées "déstabilisatrices" au Moyen-Orient. En vain. (Crédits : Reuters)
En se retirant de l'accord sur le nucléaire iranien signé par Barak Obama et de nombreux autres pays, le président américain signifie qu'il n'a pas été convaincu par les arguments des pays européens. Les nouvelles sanctions commerciales américaines qui seront plus dures à l'égard de l'Iran vont fortement pénaliser les entreprises européennes.

La décision de Donald Trump de sortir de l'accord nucléaire iranien marque un cuisant revers pour les Européens, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne ayant déployé d'intenses efforts diplomatiques pour convaincre le président américain de ne pas jeter ce texte aux orties. "La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine", et vont "travailler collectivement" à un accord "plus large, couvrant l'activité nucléaire, la période après 2025, les missiles balistiques et la stabilité au Moyen-Orient, en particulier en Syrie, au Yémen et en Irak", a réagi mardi sur Twitter le président français Emmanuel Macron, après l'allocution du locataire de la Maison Blanche. "Le régime international de lutte contre la prolifération nucléaire est en jeu", ajoute-t-il.

Echec d'Emmanuel Macron

Emmanuel Macron, qui s'est employé depuis son élection à cultiver de bonnes relations avec son homologue américain, a échoué à infléchir la position de Donald Trump lors de sa récente sa visite à Washington. Même déconvenue pour Berlin et Londres, les deux autres signataires européens de l'accord conclu en 2015 avec Téhéran, les Etats-Unis, la Chine et la Russie au terme d'un éprouvant marathon diplomatique. Quelques jours après Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel avait tenu le même plaidoyer à la Maison Blanche, suivie lundi par le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. "Nous pensons qu'on peut être plus dur sur l'Iran, répondre aux inquiétudes du président sans jeter le bébé avec l'eau du bain", avait-il insisté.

Pour sauver le texte, les Européens sont allés dans le sens du président Trump en proposant de négocier avec l'Iran un "nouvel accord" qui prenne en compte les inquiétudes américaines sur le développement de missiles balistiques par Téhéran, ainsi que ses activités jugées "déstabilisatrices" au Moyen-Orient. Avec ou sans les Etats-Unis, Paris et Berlin comptent désormais bien maintenir le cadre existant négocié avec Téhéran, censé garantir le caractère non militaire de son programme nucléaire, pour éviter une escalade dans la région.

Les accusations d'Israël

Mardi matin, la ministre française des Armées Florence Parly mettait encore en garde contre l'abandon de l'accord iranien, qui "ne peut être qu'un facteur d'aggravation d'une situation déjà très tendue". Au premier rang des tensions, Israël accuse souvent l'Iran, son ennemi juré, de renforcer sa présence en Syrie voisine, où l'armée israélienne a mené des raids meurtriers contre des cibles iraniennes selon Téhéran. En outre, "si l'accord tombe sans solution de substitution, cela risque de déclencher une course à l'arme nucléaire dans la région", estime un haut responsable européen à Bruxelles.

Mais l'Europe risque d'avoir les mains liées puisque les Etats-Unis comptent rétablir des sanctions contre l'Iran, susceptibles d'empêcher les retombées économiques promises à Téhéran en échange de l'abandon de son programme nucléaire militaire.

"La pression monte car il existe des forces en Iran qui n'ont jamais aimé cet accord et qui insistent sur le fait que les Iraniens ont rempli leur part du contrat, et pas nous", juge le responsable bruxellois. L'Iran espérait pouvoir doper sa croissance en augmentant ses échanges commerciaux et en concluant des contrats avec des entreprises étrangères, mais les firmes européennes pourraient en être dissuadées en raison des amendes potentiellement encourues par leurs filiales américaines, en cas de sanctions édictées par Washington. "Les entreprises vont devoir faire un arbitrage entre leurs intérêts économiques en Iran et leurs éventuels intérêts économiques aux Etats-Unis. En général, le choix est vite fait", souligne-t-on de source diplomatique française.

Quelles options pour les entreprises françaises

"Les Européens doivent maintenant faire en sorte que l'Iran reste dans l'accord" s'ils veulent vraiment le sauver, a affirmé à l'AFP Robert Malley, ex-conseiller de Barack Obama et ancien négociateur américain de l'accord sur le nucléaire iranien. Parmi les options offertes aux Européens pour minimiser l'impact d'un rétablissement des sanctions américaines, figure selon lui le regroupement de plus petites entreprises moins exposées aux Etats-Unis, afin qu'elles travaillent collectivement en Iran.

Pour Téhéran, "mieux vaut avoir une certaine continuité dans les relations commerciales avec l'Europe et isoler les Etats-Unis plutôt que d'être isolés et avoir les Européens et les Américains sur votre dos", ce qui ne manquera pas de se produire si l'Iran relance son programme nucléaire, conclut l'actuel président du groupe de réflexion International Crisis Group.

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a écrit le 11/05/2018 à 18:08 :
comme le commerce avec l iran c est 0,1 % du commerce exterieur on s en fout ...!!faut mieux faire du commerce avec les usa ,le canada ,la chine ect ...
a écrit le 11/05/2018 à 10:24 :
IL Y A DEUX MANIERES DE CONQUERIR ET D ASSERVIR UNE NATION L UNE LES ARMES L AUTRE LA DETTE ///JOHN ADANS/// L AMERIQUE CONTINUE D ASSERVIR LE MONDE EST QUE FAISONS NOUS ? ON CONTINUE A S ALIGNIER MALGRES L EUROPES ? ??QUANS ALLONS NOUS NOUS LIBEREZ DE CETTE DOMINATION AMERICAINE? .NOUS VOUS AVONS DONNE LA LIBERTE SACHEZ LA CONSERVER///NAPOLEON///ET CELA SENBLE IMPOSIBLE JUSQUA CE QU ON LE FASSE///NELSON MENDELA///
a écrit le 10/05/2018 à 18:42 :
C'est plutôt une sage décision et une bonne prévention , plutôt se tromper que d'avoir raison plus tard .
a écrit le 10/05/2018 à 14:29 :
On peut se demander si Trump n'essaie pas de rejouer le coup de la Corée du Nord : d'abord l'escalade verbale puis on discute.
a écrit le 10/05/2018 à 14:15 :
On peut se demander si Trump n'essaie pas de rejouer le coup de la Corée du Nord : d'abord l'escalade verbale puis on discute.
a écrit le 10/05/2018 à 13:15 :
La Corée du nord a la puissance nucléaire, on doit négocier avec.

Si l'Iran l'obtient on devra aussi négocier.

Hors un pays dans cette région a comme projet de conquérir plus de territoire, de l'Irak à la Syrie, et il n'a pas l'intention de négocier car c'est écrit dans son livre.

L'Iran avec la puissance atomique met un terme à ce projet religieux.
a écrit le 10/05/2018 à 12:11 :
C'est bien le camouflet aux Européens qu'il faut retenir.
Si l'Europe s'était développée , une économie plus déconnectée des USA, une force armée commune forte et opérationnelle...enfin si l'Europe ne cessait de se rabougrir parce qu'elle a été mal construite par des technocrates sans consulter et impliquer ses ressortissants...enfin avec des si on mettrait Paris en bouteille.
Mais cela doit faire réfléchir pour les prochaines élections européennes qui devraient se faire sur des programmes clairs et non être une aire de recyclage des politiques comme on en connaît et on a connu.
Quand on a à côté des rêves d'indépendantisme de petites régions qui se feront manger par vassalisation par de grands états parfois venus de loin... là on voit ce qu'est la vassalisation de l'Europe.
Il faut de tout pour faire un monde!
Réponse de le 10/05/2018 à 14:07 :
L'Europe s'est développée et n'a plus guère besoin des Etats Unis pour quoi que ce soit, si ce n'est pour le moment pour sa défense. Il est temps d'ailleurs qu'elle se décide à investir massivement dessus de manière à rééquilibrer la relation transatlantique dans l'OTAN de manière à pourvoir dialoguer d'égal à égal avec les USA.
a écrit le 10/05/2018 à 11:08 :
Les masques sont tombés !
a écrit le 09/05/2018 à 21:13 :
pour débusquer il «  faut » provoquer...
encore une stratégie...
pour faire monter la bourse monétaire internationale.
a écrit le 09/05/2018 à 19:57 :
Les soit disant Etats européens ou plutôt européistes sont de "braves" marionnettes et Mr Trump nous le fait comprendre ont nous mettant le nez dans le c.c.!
a écrit le 09/05/2018 à 13:29 :
Nous attendons toujours la vérification minutieuse des installations nucléaires militaires d'israël ! Du fait de leur proximité géographique, celles-ci constituent une menace potentielle gravissime pour la sécurité de Notre Pays !

"Israël, considérée comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, n'a jamais admis ni démenti détenir l'arme atomique et est le seul pays du Moyen-Orient à n'être pas signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires." Source : www.lefigaro.fr, Nucléaire: résolution visant Israël rejetée, 25/09/2014
" L'État israélien refuse catégoriquement que ses installations nucléaires militaires soient contrôlées par l'Agence internationale de l'énergie atomique" Source : fr.wikipedia.org, Programme nucléaire israélien
Réponse de le 10/05/2018 à 14:11 :
Franchement la question nucléaire israëlienne, on ne sait qu'en penser. Il est évident qu'Israël ne pourrait, au risque de s'atomiser soi-même, utiliser l'arme nucléaire ni contre les palestiniens, ni contre les voisins immédiats plus ou moins hostiles, Syrie, Liban, Egypte, Jordanie... vu les distances.
a écrit le 09/05/2018 à 12:24 :
A travers le "problème" de l'Iran, les US cherchent surtout à déstabiliser l'Europe. Et cela convient parfaitement aussi à Poutine... ce qui tendrait à renforcer la thèse que Trump et Poutine ont un "deal". Les US ont des océans entre eux et le Moyen-Orient. Pas nous dont les frontières sont terrestres, proches, donc facilement traversables. Cet réalité nous fragilise. Toute agitation, déstabilisation au Moyen-Orient affaiblit Europe et c'est tout bon pour Trump et Poutine qui se voit bien reprendre pied dans les ex-pays satellites de l'URSS sur son flanc ouest à la faveur de la montée des extrêmes droites populistes anti-migrants et anti européens. L'Europe est dans les cordes. Si elle ne réagit pas vigoureusement face aux attaques de Trump, elle est "cuite". Un bond en arrière de 80 ans et une Histoire qui risque de se répéter.
Réponse de le 09/05/2018 à 16:03 :
Cela n'arrange pas vraiment les affaires de la Russie, l'Iran est un allié clef pour la Russie dans la région. Au contraire la Russie veut un monde multipolaire, une Europe divisée ne permet pas de contrebalancer la puissance américaine.
a écrit le 09/05/2018 à 11:26 :
Quel est l’intérêt de vouloir tout casser ? Simple démonstration culturiste, désintérêt envers le reste du monde, ou syndrome du pompier pyromane? Le problème est que ces accords on demandé du temps avant d’aboutir, avec approbation de l’ONU (https://news.un.org/fr/story/2018/01/1001712 ).
Les conséquences de l’inconséquence :
Du point de vue diplomatique, un mauvais accord ou un accord insatisfaisant vaudront toujours mieux que pas d'accord du-tout.
Du point de vue économique, on a tous à y perdre et surtout nos groupes qui s’y repositionnaient déjà, y compris des entreprises d’autres pays, dont les USA.
Du point de vue politique, la décision devrait surtout exacerber les extrémismes bêtes et méchants, chacun y trouvant ses propres justifications belliqueuses (self-justification).
Du point de vue géostratégique, cela risque de devenir un nouveau conflit, à proximité immédiate de l'Europe.
Peut être l’occasion pour l’UE de renforcer sa monnaie au niveau mondial et ses liens avec les puissances les plus raisonnables, à travers l’ONU. Institution que le président actuel des USA semble mépriser. La charte des Nations Unies fut initiée en 1943, à Teheran… et certains considèrent que c’est lors de ces réunions que furent déterminées les stratégies qui permirent la victoire des Alliés sur le nazisme.. Autre hasard de l’histoire, Trump annonce la rupture d’accords le jour de la commémoration de la victoire de 1945. Espérons qu’il ne veuille pas réécrire l’histoire.
En dehors de l’obligation de l’existence d’un contre pouvoir Européen, il s’agit aussi d’émancipation.
a écrit le 09/05/2018 à 9:32 :
La Perse a toujours fait peur à l'occident. L'accord à durée déterminé rassurait temporairement les occidentaux laissant à l'Iran la possibilité de se préparer à construire un arsenal nucléaire complet dès la fin programmée de l'accord en 2025. Trump reste fidèle à sa politique d'accords commerciaux bilatéraux, une logique empreinte du marché immobilier.
a écrit le 09/05/2018 à 9:16 :
Les USA vont encore nous assommer avec leur propagande mais tout ce cirque n'a pas d'autre but que de maintenir l'équilibre actuel dont la pierre angulaire est l'Arabie Saoudite au service de l'oncle Sam. Arabie Saoudite dont les riches donateurs financent le terrorisme.
Alors il y a de fortes tensions entre les chiites et les sunnites mais punir l'Iran va exacerber les tensions.
Encore une fois les USA désignent les bons et les méchants en fonction de leurs intérêts géopolitiques.
Les USA sont la plus grande menace pour la paix, ils mettent leur nez partout, font la guerre partout, exacerbent les tensions partout.
Les USA sont le seul pays à avoir utilisé la bombe nucléaire sur des civils.
a écrit le 09/05/2018 à 8:31 :
"Pour Téhéran, "mieux vaut avoir une certaine continuité dans les relations commerciales avec l'Europe et isoler les Etats-Unis "

Isoler les états unis... non mais qui peut dire une bêtise de ce genre svp ? Qui a le pouvoir en ce monde d'isoler les états unis ?

Encore un revers pour la politique diplomatique déplorable de l'union européenne qui sous raison de fric est capable d'en faire avec les pires protagonistes, les américains ont des preuves que l'iran finance le terrorisme industriel que nous connaissons à un moment il faut agir et arrêter les impostures et hypocrisies dont nos dirigeants européens sont rois.

"Comment l'Iran demeure le principal sponsor du terrorisme au monde" http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-iran-demeure-principal-sponsor-terrorisme-au-monde-alain-rodier-2724747.html

C'est presque à se demander si nous n'avons pas trump président des états unis parce que nos dirigeants européens sont devenus totalement compromis engendrant le pire...

Vite un frexit.
a écrit le 09/05/2018 à 2:52 :
L'unique programme de ce type semble être de déconstruire tout ce que son prédécesseur aura engagé. C'est un peu réducteur comme politique et ne devrait pas lui permettre de gagner les élections de mid term.
Réponse de le 10/05/2018 à 14:02 :
"L'unique programme de ce type semble être de déconstruire tout ce que son prédécesseur aura engagé. " ce n'est pas une première, c'était exactement le programme de Hollande.
a écrit le 08/05/2018 à 23:23 :
Emmanuel I er n'est pas encore reconnu comme un grand empereur. Il a failli nous avoir
a écrit le 08/05/2018 à 23:12 :
Encore une fois Trump choisi l'option belliciste mais cela ne m'étonne pas au vu de son affection pour Israël, ce n'était que la suite logique.
Maintenant je ne peut que conseiller au iranien de s'armer de l'arme atomique au plus vite car c'est visiblement le seul argument que Washington et le reste du monde écoute véritablement, la devise étant "on peut vous faire subir tout ce que l'on veut a moins que vous ayez la bombe atomique".
Réponse de le 09/05/2018 à 0:45 :
Vous êtes un digne disciple d'Édouard Daladier et de Neville Chamberlain, félicitations.
Réponse de le 09/05/2018 à 10:57 :
Vous avez tout à fait raison, l'Europe se comporte vis à vis de Trump et de Nentanayou comme les européens d'avant guerre vis à vis des fascistes.- ils veulent croire que c'est un petit moment de folie qui passera, et qu'in fine Israel et les USA redeviendront raisonnables.
Helas, cela n'en prend pas le chemin.
a écrit le 08/05/2018 à 22:36 :
pourquoi faut il toujours une cible sur l’échiquier mondial depuis toujours ?
aujourd’hui pour tenir tête : il faut l’arme nucléaire, le pétrole et l’argent pour un pays qui est «  la cible »(?)
pourquoi pas la «  paix pour tous »
réellement , sans arnaque ou stratégie?

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