Trump s'apprête à dénoncer l'accord sur le nucléaire iranien

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(Crédits : Reuters)
Selon le New York Times, le président américain veut mettre un terme à l'accord qu'avait mis en place Barak Obama. Cela devrait se traduire par de nouvelles sanctions à l'égard de Téhéran, et une montée des risques géopolitiques.

Donald Trump a prévenu mardi son homologue français, Emmanuel Macron, qu'il allait faire sortir les Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien, rapporte mardi le New York Times. Selon le quotidien, Donald Trump s'apprêterait en outre à rétablir contre l'Iran toutes les sanctions qui ont été levées après la conclusion de cet accord, et imposer de nouvelles sanctions financières.

Le pessimisme régnait en Europe avant l'annonce officielle (à 20h00 heure de Paris) par le président américain de sa décision sur l'accord de Vienne, dont il n'a cessé de dénoncer les "lacunes". Trump menaçait de longue date de se retirer de cet accord parce que celui-ci ne tient pas compte du programme de missiles balistiques de Téhéran ni de l'implication de l'Iran dans les guerres en Syrie et au Yémen, et qu'il n'empêche pas de manière définitive Téhéran de se doter de l'arme atomique.

Les Européens avaient beaucoup avancé

Selon une source européenne haut placée, des responsables américains avaient indiqué dès lundi soir que Trump allait bien annoncer le retrait de son pays de l'accord. D'après un diplomate occidental, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait déjà fait savoir que "c'était fini" lors d'une conversation téléphonique la semaine dernière avec des responsables européens, a révélé ce diplomate.

Un haut responsable américain proche du dossier a pourtant déclaré que la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne avaient beaucoup avancé pour répondre aux préoccupations de Donald Trump concernant le programme de missiles balistiques, les conditions d'inspection des sites iraniens suspects et certaines clauses de l'accord. Les dirigeants européens ont averti qu'un retrait américain menacerait de réduire à néant des années de travail et un accord historique qui a permis d'éviter que l'Iran ne se dote de l'arme nucléaire.

Donald Trump s'est entretenu au téléphone dans la journée avec Emmanuel Macron. La Grande-Bretagne est "profondément pessimiste", a déclaré un diplomate britannique. Quelle que soit la décision américaine, Londres entend maintenir l'accord, a-t-il ajouté.

Le risque d'une relance de la course aux armements

En visite en Allemagne, le chef de la diplomatie jordanienne, Ayman al Safadi, a mis le monde en garde contre les "dangereuses répercussions" d'une dénonciation de l'accord par les Etats-Unis, agitant le spectre d'une course aux armements.

L'accord de Vienne sur le nucléaire iranien ou Plan d'action global conjoint (PAGC, JCPOA en anglais), négocié sous l'administration du prédécesseur démocrate de Donald Trump, Barack Obama, a assoupli les sanctions économiques contre l'Iran en échange d'un strict encadrement des activités de l'Iran liées à l'atome. Allemagne, France et Royaume-Uni ont réaffirmé ces derniers jours leur détermination à préserver le PAGC si Washington décide de s'en affranchir.

 "Nous devons voler de nos propres ailes"

Fragiliser l'accord de Vienne serait "un facteur d'aggravation" dans une région "très éruptive", a estimé mardi la ministre française des Armées Florence Parly.

Le président iranien Hassan Rohani a déclaré mardi que son pays souhaitait avoir des relations constructives avec le reste du monde et continuerait à se développer malgré d'éventuelles sanctions. "Que nous soyons frappés par des sanctions ou pas, nous devons voler de nos propres ailes. C'est très important pour le développement de notre pays", a dit Rohani. Le gouverneur de la Banque centrale iranienne, Valiollah Seif, a pour sa part déclaré que l'économie du pays ne serait pas affectée.

Pour Mohammad Javad Larijani, haut responsable iranien partisan d'une ligne dure face à Washington, la République islamique commettrait une "grave erreur" si elle ne dénonçait pas purement et simplement l'accord en cas de retrait américain. Lundi, le président Hassan Rohani a cependant déclaré que même en cas de dénonciation du pacte par Donald Trump, Téhéran pourrait continuer à respecter l'accord avec les autres signataires - Grande-Bretagne, France, Allemagne, Russie et Chine. Le chef d'état-major des forces armées iraniennes, le général Mohammad Bagheri, a affirmé que la puissance militaire de son pays lui permettrait de faire face à toute menace.

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a écrit le 10/05/2018 à 10:55 :
"Trump accuse l'Iran d'être le principal soutien au terrorisme" https://www.lesechos.fr/13/10/2017/lesechos.fr/030703972562_trump-accuse-l-iran-d-etre-le-principal-soutien-au-terrorisme.htm
a écrit le 08/05/2018 à 21:15 :
Le souci des usa y compris des autres pays "super puissances ", c'est qu'il s'en prenne cas des petits pays cela me rappelle l'école le plus grand frappe le plus petit lol, mais il n'ira pas frapper un mec aussi grand que lui :)
a écrit le 08/05/2018 à 21:08 :
Quoi de plus naturel lorsqu' on sait que Trump est poussé dans le dos par le Deep State et qu' il faut bien persévérer dans les guerres qu' ils pratiquent sans ..désemparer depuis 214 ans sur les 235 ans de leur existence ..

Pourquoi ont-ils besoin de la guerre ?
L’Amérique des riches et des privilégiés est addict à la guerre. Sans ses doses régulières et toujours croissantes de guerres pourvoyeuses des profits, elle ne peut plus fonctionner correctement.
Et l' analyse de Pauwells date de Bush fils..

https://www.legrandsoir.info/pourquoi-les-etats-unis-ont-besoin-de-la-guerre.html

"Les États-Unis toujours largement en tête des dépenses militaires mondiales
Le budget militaire américain, avec 610 milliards de dollars, représente plus du tiers des dépenses militaires dans le monde, loin devant la Chine (13 % des dépenses militaires, à 228 milliards selon une estimation Sipri) et l’Arabie saoudite (4 %, à 69,4 milliards). Notons que la France perd sa 5e place au profit de l’Inde et que les dépenses militaires russes ont chuté de 20 %. Selon le président de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), « la poursuite de dépenses militaires mondiales élevées […] sape la recherche de solutions pacifiques face aux conflits »."

Source : le Monde (2 mai), la Revue de Presse UPR.
https://www.upr.fr/actualite/notre-revue-de-presse-de-la-semaine-semaine-du-30-avril-au-6-mai-2018
a écrit le 08/05/2018 à 20:32 :
Après le Vietnam, La Corée, le Panama, la Yougoslavie, l’Afghanistan, l'Irak, la Lybie, la Syrie etc. ce sera au tour de l'Iran de subir les bombardements américains. Il ne reste pas beaucoup de pays dans ce monde qui n’ont pas été bombardé par les ricains
a écrit le 08/05/2018 à 20:08 :
Pour les USA , l'Iran c'est les méchants et l'Arabie Saoudite les gentils, d'ailleurs c'est bien connu, Ben Laden était Iranien.
Décidément les américains ne peuvent s'empêcher de mettre la zone au Moyen-Orient, c'est plus fort qu'eux.
Quittons l'OTAN une bonne fois pour toute.
a écrit le 08/05/2018 à 20:05 :
Accusons tout ce "petit monde" d'avoir la rage pour mieux manipuler l'opinion!
a écrit le 08/05/2018 à 20:04 :
Accusons tout ce "petit monde" d'avoir la rage pour mieux manipuler l'opinion!

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