Trump-Starmer : entre investissements et bras de fer commercial
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Le Premier ministre travailliste Keir Starmer et Donald Trump.
EYEPRESS / Reuters
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Le Premier ministre travailliste Keir Starmer et Donald Trump.
EYEPRESS / Reuters
À la veille de la visite d'État de Donald Trump au Royaume-Uni prévue les 17-18 septembre, Londres met en avant une série d'accords économiques pour illustrer la solidité du partenariat transatlantique, malgré des tensions persistantes dans certains secteurs.
Si la Grande-Bretagne a réussi à obtenir cet été un accord sur les droits de douane plus avantageux que l'Union européenne, elle n'en reste pas moins menacée d'un ralentissement économique. Lequel viendrait attiser une crise de confiance, au lendemain d'une manifestation populaire massive à Londres contre l'immigration.
L'accord en août 2025 entre le Royaume-Uni et les États-Unis a réduit les droits de douane américains sur les voitures britanniques de 27,5% à 10%, dans la limite de 100 000 véhicules exportés par an. En échange, ce compromis inclut des quotas sans taxe sur des produits agricoles américains comme le bœuf. Il supprime les droits de douane sur l'acier et l'aluminium britanniques.
Le gouvernement britannique cherche donc à engranger des points avec son principal partenaire, hors Union européenne. Il a annoncé plus d'un milliard de livres d'investissements d'entreprises américaines. Citigroup engage 1,1 milliard, PayPal 150 millions, et d'autres acteurs comme Bank of America participeront à la création de 1.800 emplois à travers le pays, selon le ministère du Commerce.
Le Premier ministre Keir Starmer y voit un symbole du « travail avec nos alliés » alors qu'il traverse une crise politique interne.
Quelques jours plus tôt, un contrat de 400 millions de livres a également été signé avec Google Cloud pour renforcer la cybersécurité et aligner les systèmes du renseignement britannique sur ceux des États-Unis, illustrant l'importance des technologies dans la relation bilatérale.
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L'annonce est toutefois ternie par la décision de l'américain Merck (MSD) d'abandonner un projet de centre de recherche d'1 milliard de livres à Londres, jugeant le pays peu compétitif en matière de politique du médicament. Cette décision entraîne la suppression de plus de 900 emplois et illustre la difficulté de Londres à retenir de grands acteurs des sciences de la vie.
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Reste un sujet explosif : la Digital Services Tax britannique, qui prélève 2% du chiffre d'affaires des géants du numérique et rapporte environ 800 millions de livres par an. Trump menace de représailles commerciales, considérant la mesure comme ciblant les entreprises américaines. Londres défend une approche « juste et proportionnée » et promet de la supprimer en cas d'accord global sous l'égide de l'OCDE.
La visite de Trump prévue à Windsor mettra autant en lumière les opportunités de coopération que les lignes de fracture transatlantiques.
Pour l'heure, avec un ralentissement de son PIB au deuxième trimestre (+0,3%) et une inflation en hausse (+3,8%), Londres est dans une position délicate auprès de l'opinion publique.
(Avec AFP)
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