TTIP : Bruxelles regrette des "malentendus" après la fuite de documents

La Commission européenne tente de renverser la vapeur après les révélations de Greenpeace sur le partenariat actuellement en négociation entre l'Union européenne et les Etats-Unis.

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Aucun accord commercial de l'UE n'abaissera jamais notre niveau de protection des consommateurs, de sécurité alimentaire ou de protection de l'environnement, a affirmé sur son blog la commissaire Cecilia Malmström.
"Aucun accord commercial de l'UE n'abaissera jamais notre niveau de protection des consommateurs, de sécurité alimentaire ou de protection de l'environnement", a affirmé sur son blog la commissaire Cecilia Malmström. (Crédits : Reuters)

"Des malentendus". Voici ce qu'a regretté lundi la Commission européenne après la fuite de documents confidentiels sur le traité de libre-échange TTIP (ou Tafta) actuellement en discussion avec les Etats-Unis. Bruxelles a assuré que l'UE n'accepterait "jamais" d'abaisser son niveau de protection des consommateurs ou de l'environnement. Ce qu'affirmait d'ailleurs déjà Nicole Bricq, la ministre française du Commerce extérieur au début des négociations.

Lire > Partenariat transatlantique : "Enfin, les difficultés commencent !"

Aucun abaissement de protection ?

"Aucun accord commercial de l'UE n'abaissera jamais notre niveau de protection des consommateurs, de sécurité alimentaire ou de protection de l'environnement", a affirmé sur son blog la commissaire Cecilia Malmström. Et d'insister:

"Les accords commerciaux ne changeront pas nos lois sur les OGM ou sur la façon de produire de la viande de bœuf en toute sécurité, ou sur la façon de protéger l'environnement"

 "Je ne suis pas de celles qui vont abaisser les normes", a ajouté Mme Malmström, soulignant avant tout que les documents publiés lundi par l'ONG Greenpeace "ne traduisent pas ce qui résultera de la négociation" en cours et regrettant donc "un certain nombre de malentendus".

L'ONG écologiste affirme que les 248 pages de documents confidentiels du projet d'accord représentent deux-tiers du texte du futur traité de libre-échange, assurant que ces pages "confirment les menaces sur la santé, l'environnement et le climat".

Les positions de chaque partie

"Ils reflètent les positions de négociation de chaque partie, rien d'autre", estime au contraire Mme Malmström. "Et ce n'est une surprise pour personne qu'il y a des domaines où l'UE et les Etats-Unis ont des points de vue différents."

"Dans certains domaines, où nous sommes encore trop éloignés les uns des autres dans la négociation, il n'y aura tout simplement pas d'accord", a-t-elle encore déclaré.

Renforcer la législation

Et de marteler :

"Un accord de l'UE ne peut changer la législation que pour la renforcer. Nous pouvons tomber d'accord avec un partenaire pour renforcer par rapport à auparavant les règles entourant la sécurité des médicaments, par exemple, mais pas pour les affaiblir".

Depuis mi-2013, les Etats-Unis et l'Union européenne tentent de parvenir à un accord qui supprimerait les barrières commerciales et réglementaires mais qui rencontre par ailleurs des résistances croissantes dans la société civile et auprès des dirigeants politiques.

Le président américain Barack Obama souhaiterait boucler les négociations d'ici la fin de l'année avant l'arrivée à la Maison Blanche de son successeur, qui sera élu en novembre.

Cela n'empêche pas les détracteurs du projet de poursuivre leur mission. A l'instar du député européen Yannick Jadot, qui en profite pour demander une nouvelle fois l'arrêt des négociations:

"Une nouvelle fois les Verts réitèreront leur demande d'arrêt des négociations Tafta. Le gouvernement français, qui semble ouvrir les yeux sur ce dossier doit, à l'instar de Lionel Jospin en 1997, y mettre fin. Il doit tout autant dénoncer l'accord de libre-échange UE-Canada (Ceta), dont la négociation est achevé, véritable cheval de Troie du Tafta".

(Avec AFP)

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Commentaires 5
à écrit le 02/05/2016 à 23:48
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A l'heure de la lutte contre les pesticides et les aliments génétiquement dégénérés, on veut nous refourguer les produits made in US champions des OGM et des pesticides!!! Et dans le même temps, l'UE veut nous faire croire à sa lutte active sur la pr...

à écrit le 02/05/2016 à 21:53
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Il est temps que nos dirigeants aveuglés par essayer de se faire bien voir par l'oncle Sam, (alors qu'Obama encore plus condescendant que Bush ou Clinton les prend vraiment pour des imbéciles), mais aussi les autres candidats à la présidentielle (là ...

à écrit le 02/05/2016 à 19:08
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Avec un tel nom, on peut ma croire sur parole ! Plus personne pour contrôler, quand on aura plonger dans ce tourbillon...

à écrit le 02/05/2016 à 17:50
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Il n'y a pas négociation mais lobbyisme et toute personne (dans la position de Mme Cecilia Malmström) pouvant avoir des scrupules, serait écarté et remplacé par plus obéissant!

à écrit le 02/05/2016 à 17:31
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Ils ne vont pas abaisser "nos" normes. Ils vont dire que les normes des deux pays sont considérées comme "acceptables". Et que les produits OGM et les poulets chlorés que les US dégustent avec voracité peuvent ainsi être importés en Europe. Donc, el...

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