Un ex-conseiller de Trump veut bien témoigner sur la Russie mais contre l'immunité

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Mickael Flynn a également déclaré avoir touché 530.000 dollars de la Turquie entre août et novembre 2016 pour des activités de lobbying  alors qu'il conseillait dans le même temps Donald Trump.
Mickael Flynn a également déclaré avoir touché 530.000 dollars de la Turquie entre août et novembre 2016 pour des activités de lobbying alors qu'il conseillait dans le même temps Donald Trump. (Crédits : © Carlos Barria / Reuters)
L'ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Mickael Flynn a indiqué au FBI et aux parlementaires chargés de l'enquête sur les probables liens entre le président et la Russie de témoigner en échange d'une immunité.

C'est un témoignage à risque pour l'équipe de Donald Trump. Michael Flynn, ancien conseiller à la sécurité nationale du président américain, a proposé de témoigner devant les commissions parlementaires du Sénat et de la Chambre des représentants enquêtant sur d'éventuelles interférences de la Russie dans l'élection présidentielle américaine. Michael Flynn a proposé son témoignage à condition de bénéficier d'une protection contre toute "poursuite injuste". Cette proposition relayée ce jeudi 30 mars par le Wall Street Journal pourrait apporter des précisions sur les possibles interférences du Kremlin dans la campagne américaine.

Un témoignage sur ses conversations avec la Russie

Les propos de l'ancien directeur du renseignement militaire sous Obama pourraient apporter un véritable éclairage sur les conversations qu'il a eues l'année dernière avec l'ambassadeur russe aux Etats-Unis Sergueï Kislyak. Mickael Flynn a été contraint de démissionner en février pour avoir rencontré le diplomate russe alors qu'il n'avait aucune fonction officielle, ce qui est interdit par la législation américaine.

Sergueï Kislyak

L' ambassadeur russe Sergueï Kislyak aux Etats-Unis depuis 2008 lors d'une conférence de presse à Moscou en 2007. Crédits : REUTERS/Thomas Peter.

     | Lire aussi : Le conseiller de Trump à la Sécurité nationale démissionne

Dans un communiqué, l'avocat de l'ancien militaire, Robert Kelner, a déclaré que "le général Flynn a certainement une histoire à raconter, et il est très désireux de la raconter si les circonstances le permettent". Le juriste s'en est pris par la suite à la presse en expliquant que "les médias ont diffusé des allégations infondées, des affirmations outrageuses de trahison, et des insinuations vicieuses contre lui".

Me Kelner a enfin fait valoir "qu'aucune personne raisonnable, qui a bénéficié de conseils juridiques, ne se soumettrait à un tel questionnaire dans un contexte hautement politisé et menaçant sans avoir l'assurance qu'il n'y aura pas de poursuite injuste".

L'avocat fait référence à l'appel de certains membres du congrès qui ont fait un dépôt d'accusations criminelles contre le lieutenant général à la retraite. Le Wall Street Journal, qui a fait cette révélation, a précisé que l'offre de témoignage contre immunité n'a pas encore été acceptée par la police fédérale américaine et les deux commissions d'enquête de la Chambre des représentants et du Sénat.

Des poursuites possibles

Citant un responsable, le média a expliqué que l'"on ignore encore si Michael Flynn a proposé de parler d'aspects spécifiques du temps qu'il passé à travailler pour Donald Trump mais le fait qu'il cherche l'immunité suggère que Michael Flynn pourrait faire face à des ennuis judiciaires à la suite de son bref passage au poste de sécurité nationale".

Même s'il obtenait l'immunité, il pourrait quand même être poursuivi. En effet, les personnes qui ont obtenu une protection de la part du congrès ou de l'exécutif en échange d'un témoignage peuvent être poursuivies pour parjure si elles donnent de fausses informations.

Un conseiller directement payé par des médias russes

Il y a quelques jours, la Chambre des représentants a dévoilé des documents qui illustrent le rôle trouble joué dans l'entourage de Trump par la chaîne Russia Today. Ce média financé par le Kremlin est désigné par le renseignement américain "comme une branche de propagande du gouvernement russe". Le groupe audiovisuel aurait financé des séjours dans des hôtels luxueux pour Michael Flynn et son fils pendant leur déplacement à Moscou. Selon les documents divulgués, il aurait touché 33.750 dollars de la télévision russe.

Les liens entre l'ancien conseiller et la Russie ne s'arrêtent pas là. Il a également été payé 11.250 dollars par la compagnie aérienne russe Volga-Dnepr. Selon le New-York Times, la compagnie de transport serait impliquée dans une affaire de corruption concernant des officiels russes qui travaillaient pour les Nations Unies. Enfin, il aurait également été payé 11.250 dollars par la filiale américaine de la grande société russe Kapersky Lab, spécialisée dans la sécurité des systèmes d'information et la vente d'antivirus. Kapersky a répondu dans un communiqué que Michael Flynn avait été payé pour des interventions lors d'un forum sur la cybersécurité en 2015 à Wahsington. Elle a ajouté :

"En tant que société privée, Kapersky Lab n'a pas de liens directs avec n'importe quel gouvernement, mais la société est fière de collaborer avec les autorités de plusieurs pays, ainsi que pour des agences internationales qui luttent contre le cybercrime".

Mais là encore, la nationalité de cette société peut davantage alimenter la polémique sur le rôle de la Russie dans les différentes attaques informatiques menées ces dernières années contre des élus du camp démocrate. D'autres précisions et révélations pourraient apparaître dans les prochaines semaines. Des membres du FBI et des commissions parlementaires poursuivent actuellement leurs enquêtes sur le rôle de la Russie dans la campagne américaine.

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Commentaires
a écrit le 01/04/2017 à 13:19 :
Démocrates ou Républicains, c'est assez admirable cette constante volonté aux USA de vouloir faire ressortir la vérité. Cela fait partie des fondements de la démocratie.
a écrit le 31/03/2017 à 19:35 :
"Selon le New-York Times..." Ah ah, ceci explique cela !
Réponse de le 31/03/2017 à 23:20 :
De quoi parlez-vous ? Nous n'avons pas dû lire le même article...
a écrit le 31/03/2017 à 15:55 :
La destitution serait-elle sur les rails?..cela y ressemble.....à moins qu'une mort accidentelle fort opportune n'intervienne d'ici là....

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