L'Iran est accusé d'apporter une aide matérielle et logistique importante au Hamas, voire d'avoir planifié l'attaque contre Israël. Mais une attaque de la république islamique par l'Etat hébreu pourrait provoquer l'embrasement de la région du golfe, riche en pétrole et gaz naturel, dont les cours s'appréciaient respectivement de 4% et 14%.En déclarant la guerre au Hamas, Israël va-t-il aussi s'attaquer à l'Iran au risque d'un embrasement de la région ? En effet, selon des informations du Wall Street Journal (WSJ), publiées dimanche, des officiers du Corps des Gardiens de la révolution islamique d'Iran ont travaillé depuis août avec le Hamas pour planifier les attaques menées samedi contre l'Etat hébreu. Téhéran aurait donné son feu vert à l'attaque lundi 2 octobre lors d'une réunion à Beyrouth, selon des hauts responsables du Hamas et du Hezbollah, le parti chiite basé au Liban et soutenu par l'Iran, cités par le WSJ.
Pour les faucons américains, un tel engagement implique une réponse appropriée. « Si ce "11 septembre israélien " - au cours duquel des citoyens américains ont apparemment trouvé la mort - a été autorisé et planifié par le régime iranien, cela justifierait amplement le recours à la force militaire pour dissuader toute agression future », a résumé sur X (ex-Twitter) Lindsey Graham, sénateur conservateur de Caroline du Sud.
Téhéran nie toute implication
Téhéran a nié lundi être derrière les attaques du Hamas. « Les accusations et les déclarations liées au rôle de l'Iran sont fondées sur des motifs politiques et visent à justifier la lourde défaite du régime sioniste et à réparer l'image défaillante du régime sioniste », a déclaré Nasser Kanani, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, arguant qu'« évoquer le rôle de l'Iran vise à détourner l'opinion publique et à justifier les éventuelles prochaines actions » d'Israël.
Malgré le lourd bilan de l'attaque, l'administration Biden fait preuve de prudence. Samedi, un haut responsable cité par l'AFP considérait qu'il était « trop tôt pour dire » si l'Iran était « directement impliqué » dans l'offensive lancée par le Hamas, ajoutant toutefois qu'il n'y avait « pas de doute » sur le fait que le Hamas était « financé, équipé et armé » entre autres par le régime de Téhéran.