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Offensive contre Israël : « Ce que le Hamas va vivre sera difficile et terrible », promet Benjamin Netanyahou

latribune.fr

Publié le 09 octobre 2023 à 14:44 - Mis à jour le 09 octobre 2023 à 14:52

Des dizaines de milliers de soldats israéliens poursuivent ce lundi leur déploiement dans les régions désertiques près de la bande de Gaza.

Des dizaines de milliers de soldats israéliens poursuivent ce lundi leur déploiement dans les régions désertiques près de la bande de Gaza.

Reuters

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« Plus de 500 cibles » du Hamas au pouvoir à Gaza et du Jihad Islamique palestinien ont été touchées dans la nuit de dimanche à lundi par des frappes aériennes et des tirs d'artillerie dans la bande de Gaza. Israël a également suspendu les livraisons d'électricité, de nourriture, de biens et d'eau vers le territoire palestinien. Les combats ont fait plus de 1.200 morts au total dans les deux camps depuis samedi. Partout, dans le monde, les réactions se multiplient.

[Article publié le lundi 9 octobre à 8h15, mis à jour à 16h44] « Ce que le Hamas va vivre sera difficile et terrible (...), nous allons changer le Moyen-Orient », a déclaré, ce lundi après-midi, Benjamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien s'exprimait auprès de hauts responsables locaux dans le sud d'Israël, où des combattants du Hamas ont mené une attaque surprise samedi matin.

«Nous sommes déjà au coeur de la campagne mais ce n'est que le début», a-t-il affirmé, ajoutant que «nous allons les vaincre avec de la force, énormément de force».

Ce lundi 9 octobre, les sirènes d'alerte à la roquette ont retenti à Jérusalem et dans le centre d'

Israël

, alors que les tirs de roquettes en provenance de Gaza se poursuivaient surtout sur le sud du pays

.

1.300 morts dans les deux camps

Depuis son début trois jours plus tôt, l'offensive du Hamas a causé, selon les autorités, la mort de plus de 700 personnes et fait 2.150 blessés, selon un nouveau bilan de l'armée publié ce lundi 9 octobre au matin. À Gaza, le bilan des victimes s'est alourdi à 560 morts et 2.900 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé de l'enclave palestinienne publié dans l'après-midi. Les combats ont fait plus de 1.300 morts au total dans les deux camps. En outre, l

a guerre a fait plus de 123.000 déplacés dans la bande de Gaza, a annoncé ce lundi le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Samedi, jusqu'à 250 personnes ont été massacrées en Israël, dans une rave party près de la frontière avec la bande de Gaza. « Dans la zone où a eu lieu la rave party, et (pour) la rave party elle-même, mon estimation, fondée sur le nombre de camions, chaque camion transportant 50 corps, et il y avait quatre ou cinq camions, je dirais environ 200-250 corps », a déclaré à l'AFP Moti Bukjin, porte-parole de Zaka, organisation spécialisée dans les premiers secours et la collecte et l'identification des corps conformément à la loi juive. « Ils ont massacré les gens de sang-froid d'une façon absolument inconcevable », a-t-il ajouté.

En réaction, «pendant la nuit (de dimanche à lundi) des avions de combat, des hélicoptères, des aéronefs et l'artillerie ont frappé plus de 500 cibles des terroristes du Hamas et du Jihad islamique», a indiqué l'armée dans un communiqué.

L'armée israélienne s'efforce par ailleurs de sauver les otages israéliens, encore « en nombre » à Gaza, « des femmes, des enfants, des bébés, des personnes âgées et des handicapés », et évacuer l'ensemble des habitants de la région. Selon le Bureau de presse du gouvernement (GPO), le Hamas a fait « plus de 100 prisonniers », 163 affirme le Hamas. Ce dernier a, de son côté, affirmé que les frappes aériennes israéliennes sur la bande de Gaza avaient tué quatre « prisonniers » détenus par sa branche armée. « Les bombardements de l'occupation [Israël, ndlr] hier soir et aujourd'hui sur la bande de Gaza ont causé la mort de quatre prisonniers de l'ennemi », détaillait ainsi un communiqué des Brigades Ezzedine Al-Qassam.

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Israël ordonne un «siège complet» à la bande de Gaza

Des dizaines de milliers de soldats israéliens sont déployés autour de la bande de Gaza, mince territoire côtier surpeuplé contrôlé par le mouvement islamiste palestinien Hamas depuis 2007. La presse israélienne évoque de plus en plus ouvertement la possibilité d'un assaut terrestre sur Gaza.

« Nous nous battons toujours, il y a sept ou huit endroits en terrain ouvert autour de (la bande de) Gaza où nous avons encore des guerriers en train de combattre des terroristes. Nous pensions qu'hier nous aurions le contrôle total de la situation. J'espère que ce sera le cas à la fin de la journée »,a déclaré le lieutenant-colonel Richard Hecht, porte-parole militaire.

Le général Daniel Hagari, porte-parole de l'armée, a indiqué en milieu de journée avoir repris le « contrôle » des localités du sud d'Israël attaquées, lors d'un point de presse télévisé, ajoutant néanmoins : « Il pourrait y avoir encore des terroristes dans la zone ». « Nous avons totalement évacué [la population de] 15 des 24 collectivités limitrophes [de la bande de Gaza et] nous sommes sur le point d'achever l'évacuation dans les 24 prochaines heures », a-t-il ajouté.

En outre, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant a annoncé ce lundi qu'il imposait « un siège complet » à la bande de Gaza : « Pas d'électricité, pas d'eau, pas de gaz ». En effet, Israël a suspendu les livraisons d'électricité, de nourriture et de biens vers le territoire palestinien. Le porte-parole du ministre de l'Energie, Israël Katz, a également annoncé, en début d'après-midi, avoir ordonné la « coupure immédiate de l'approvisionnement en eau (d'Israël) à Gaza ». Israël fournit 10% de la consommation annuelle en eau de ce territoire palestinien.

Israël se prépare à une guerre «longue et difficile»

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a mis en garde contre une guerre « longue et difficile ». « L'ennemi est encore sur le terrain » en Israël, « nous renforçons nos forces surtout près de Gaza et nettoyons la zone », a déclaré dimanche soir le porte-parole de l'armée israélienne, promettant de traquer « les terroristes partout où ils seront ». L'armée israélienne estime à un millier le nombre de combattants du Hamas ayant participé à « l'invasion d'Israël », a déclaré un porte-parole sur X.

«Des civils et des soldats sont aux mains de l'ennemi, c'est le temps de la guerre», a affirmé le chef de l'armée israélienne, Herzi Halevi.

Un ancien soldat israélien a, lui, déclaré que la guerre israélo-arabe de 1973, qui reste un traumatisme national en Israël, était « peu de chose » comparée au raid du Hamas de samedi, ajoutant qu'il s'agissait d'un « très grave échec ». L'offensive du Hamas a été lancée 50 ans, un jour après cette guerre qui avait pris Israël totalement par surprise et fait 2.600 morts côté israélien en trois semaines de combats.

Jonathan Panikoff, directeur de l'initiative Scowcroft pour la sécurité au Moyen-Orient, a également estimé que « Israël a été pris de court par cette attaque sans précédent » et « beaucoup d'Israéliens ont du mal à comprendre comment cela a pu se produire ». « C'est de loin le pire jour de l'histoire d'Israël. Jamais auparavant autant d'Israéliens n'avaient été tués en une seule fois », a déclaré un porte-parole de l'armée israélienne, selon lequel il pourrait s'agir « à la fois d'un 11-Septembre et d'un Pearl Harbour »

Autre conséquence : les cours du pétrole s'envolaient lundi matin au début des échanges sur les places asiatiques. Le Brent a bondi de 4,7% à 86,65 dollars et le West Texas Intermediate était en hausse de 4,5% à 88,39 dollars.

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La guerre entre Israël et le Hamas fait bondir les cours du pétrole

Risque d'implication d'autres Etats dans le conflit

De leur côté, les Brigades Al-Qassam, la branche militaire du Hamas, ont annoncé avoir déclenché cette opération et tiré plus de 5.000 roquettes vers Israël pour « mettre fin aux crimes de l'occupation ». En effet, Israël occupe depuis 1967 la Cisjordanie, un territoire palestinien, et la partie orientale de Jérusalem, et impose un blocus à Gaza depuis 2007.

Et Israël craint désormais que d'autres groupes ne lancent un assaut également. Une inquiétude sur laquelle a également alerté la Russie estimant que le risque de l'entrée de « forces tierces » dans le conflit entre Israël et le Hamas est « élevé », comme l'a indiqué, ce lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, appelant à entamer un « processus de négociations dès que possible », selon les agences russes Ria Novosti et Tass.

L'armée israélienne a d'ailleurs annoncé dans la journée avoir tué « plusieurs suspects armés » qui s'étaient infiltrés en Israël à partir du Liban, selon un communiqué. Auparavant, l'armée avait affirmé que « plusieurs suspects avaient pénétré le territoire israélien en provenance du Liban » et que des forces militaires étaient présentes dans la zone. « Des hélicoptères de combat mènent en ce moment des attaques dans cette zone », a ajouté l'armée.

De son côté, le Hezbollah libanais, allié du Hamas et de l'Iran, a tiré des obus sur un secteur contesté à la frontière. La formation, bête noire de l'Etat hébreu, a dit avoir effectué ces tirs « en solidarité avec la résistance et le peuple palestinien ». Mais le bureau de presse du parti pro-iranien 

a nié toute implication dans l'infiltration. 

« Les informations sur un affrontement entre des membres de la résistance et l'ennemi israélien ou sur une quelconque infiltration sont sans fondement », a-t-il assuré.

Certains acteurs occidentaux pointent aussi une possible implication de l'Iran dans l'offensive du Hamas contre Israël. Mais Téhéran a rejeté ce même jour ces accusations, réfutant des informations publiées par le Wall Street Journal. Le pays a toutefois été l'un des premiers à apporter son soutien à l'offensive, son président disant « soutenir la légitime défense de la nation palestinienne ». La Maison Blanche a de son côté affirmé qu'il était « trop tôt » pour dire si l'Iran était directement impliqué, ajoutant toutefois n'avoir « pas de doute » sur le fait que le Hamas était « financé, équipé et armé » par la République islamique, notamment.

Une attaque du Hamas condamnée par les Occidentaux

L'attaque du Hamas a été condamnée par les Occidentaux. L'Union européenne a condamné samedi « sans équivoque » les attaques du Hamas contre Israël qui « a le droit de se défendre ». Elle a réclamé la libération de civils pris en otage en violation du droit international. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a, par ailleurs, convoqué une réunion d'urgence mardi des ministres des Affaires étrangères de l'UE, qui se tiendra en format hybride, pour évoquer la situation en Israël et à Gaza.

L'UE a également suspendu tous les paiements de son aide au développement en faveur des Palestiniens et décidé de réévaluer l'ensemble de ses programmes en cours, qui représentent un total de 691 millions d'euros, a annoncé le commissaire européen Oliver Varhelyi.

«Tous les paiements immédiatement suspendus, tous les projets réexaminés, tous les budgets concernant des projets, y compris pour 2023, reportés jusqu'à nouvel ordre, réévaluation de tout le programme», a indiqué le commissaire hongrois en charge du voisinage et de l'élargissement, sur X (ex-Twitter).

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a assuré son homologue israélien du « soutien indéfectible du Royaume-Uni », tandis que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a exhorté Israël et le Hamas à « soutenir la paix » et à épargner les civils.

Deux Français parmi les victimes

Emmanuel Macron a exprimé ce lundi à Benyamin Netanyahou sa « vive préoccupation au sujet des otages et des blessés », a rapporté la présidence française. Le chef de l'Etat français a eu une nouvelle conversation téléphonique avec le chef du gouvernement israélien après celle de samedi, et lui « a réitéré le plein soutien de la France à Israël et aux Israéliens, et son attachement à leur sécurité et à leur droit de se défendre », selon l'Elysée. « Il a redit sa condamnation la plus ferme des attaques terroristes perpétrées par le Hamas », et « a présenté ses condoléances pour l'ensemble des victimes ».

La France «est également active pour éviter que le conflit ne dégénère, via un embrasement en Cisjordanie, au Liban, ou dans la région», avait déclaré, plus tôt, la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Parmi les victimes des attaques du Hamas se trouvent deux Français, a annoncé le ministère. « La France déplore le décès tragique d'un deuxième ressortissant français, victime des attaques terroristes menées par le Hamas contre Israël », selon une déclaration de la porte-parole Anne-Claire Legendre. « Nous poursuivons les démarches entreprises pour clarifier la situation de nos ressortissants non localisés », a-t-elle ajouté.

Le député des Français de l'étranger, Meyer Habib, dont la circonscription comprend 

Israël, a affirmé pour sa part qu'au moins huit Français étaient portés « disparus, ou décédés, ou pris en otages par le Hamas ». Parmi eux, il a affirmé qu'un jeune Français de 26 ans originaire de Bordeaux et vivant en Israël

 serait retenu en otage.

Lundi, le Quai d'Orsay a indiqué que « près de 62.000 ressortissants français sont enregistrés auprès du Consulat général à Tel-Aviv et 25.000 inscrits auprès de notre Consulat général à Jérusalem ». En outre, « de nombreux Français de passage se trouvent actuellement sur place ».

Réunion des ministres arabes des Affaires étrangères

Les ministres arabes des Affaires étrangères se réuniront, eux, mercredi au siège de la Ligue arabe au Caire, a annoncé ce lundi le numéro deux de l'institution panarabe Hossam Zaki. Lors de cette réunion « extraordinaire » présidée par le Maroc, les chefs de diplomatie discuteront « des moyens d'action politique au niveau arabe et international pour faire cesser l'agression israélienne sur la bande de Gaza », a-t-il ajouté.

La Russie et la Chine pointées du doigt par les Etats-Unis

Les États-Unis ont, quant à eux, commencé dimanche à envoyer de l'aide militaire à Israël avec de nouvelles munitions, et à rapprocher leur groupe aéronaval du porte-avions USS Gerald Ford en Méditerranée.

Ils ont, en outre, regretté l'absence d'unanimité lors d'une réunion d'urgence dimanche du Conseil de sécurité de l'ONU bien que plusieurs membres de ce dernier aient condamné dimanche l'offensive du Hamas. « Une bonne partie des pays ont condamné les attaques du Hamas. Mais évidemment, pas tous », a ainsi regretté l'ambassadeur américain adjoint Robert Wood devant la presse à l'issue de la réunion. « Vous pouvez certainement identifier l'un d'entre eux sans que je dise quoi que ce soit », a-t-il ajouté, dans une allusion claire à la Russie, dont les relations avec l'Occident se sont largement détériorées depuis l'invasion russe de l'Ukraine.

Ce lundi, Moscou a dit considérer que la création d'un Etat palestinien est la solution « la plus crédible » au conflit, selon les propos du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

«Nous ne pouvons pas être d'accord avec ceux qui disent que la sécurité ne peut être assurée que par le combat contre le terrorisme», a-t-il affirmé.

Les Etats-Unis dénoncent la «retenue» de la Chine

Le chef de la majorité au Sénat américain, le démocrate Chuck Schumer reçu ce même jour à Pékin, a quant à lui critiqué la position de la Chine qui a appelé à la « retenue » après les affrontements entre le mouvement islamiste palestinien Hamas et Israël. « J'ai été très déçu, pour être honnête, par la déclaration qui n'a montré aucune compassion, ni aucun soutien à Israël en ces temps difficiles et troublés », a déclaré l'élu, à la tête d'une délégation de sénateurs américains, lors d'une rencontre avec le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi.

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La Chine s'est dite « très préoccupée par l'escalade continue du conflit israélo-palestinien », a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Il a ajouté que Pékin « déplore les pertes civiles causées par le conflit », « rejette et condamne les actions portant atteinte aux civils ».

(Avec AFP)

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