Une demande mondiale en lithium de plus en plus forte

 |   |  865  mots
Site de collecte de lithium sur le lac salé d'Uyuni, en Bolivie.
Site de collecte de lithium sur le lac salé d'Uyuni, en Bolivie. (Crédits : DR)
La demande de lithium est en constante augmentation pour alimenter les batteries des voitures électriques, téléphones portables et autres appareils électroniques, et ce matché est dominé par le Chili, l'Argentine et l'Australie.

Premier métal du Tableau périodique des éléments de Mendeleïev, le lithium est aussi le plus léger, une caractéristique prisée pour les appareils électroniques. Les principales réserves se trouvent dans le "triangle du lithium", dans les lacs salés situés à la triple frontière Argentine-Bolivie-Chili, de part et d'autre de la Cordillère des Andes. Cette zone représente plus de 50% des réserves mondiales. Ces ressources sont exploitées au Chili et en Argentine, mais pas en Bolivie.

Les autres producteurs importants sont la Chine, les États-Unis et le Canada. Le Pérou a récemment annoncé la découverte d'un énorme gisement de lithium et d'uranium dans la région de Puno, près du lac Titicaca.

Le Chili extrait le lithium du désert d'Atacama, un des gisements les plus riches du monde pour ses concentrations élevées, le faible niveau d'impuretés et l'exploitation de sous-produits comme le potassium.

2 gramme de lithium par smartphone

En 1979, le pays-sud-américain a déclaré le lithium comme "ressource stratégique", étant donné qu'il peut être utilisé à des fins nucléaires. Cela fait que son exploitation est contrôlée par l'État, qui gère l'octroi de concessions à des compagnies minières privées. Le Chili devrait porter sa production de 80.000 tonnes en 2017 à 147.000 tonnes en 2021, du fait de l'augmentation des travaux d'extraction dans le désert d'Atacama, selon la Commission nationale des mines (Cochilco). Les exportations pourraient alors atteindre à l'horizon 2021 près de 1,5 milliard de dollar par an.

Pour cette année, la demande mondiale devrait atteindre 372.288 tonnes de carbonate de lithium (LCE), alors qu'elle était de 201.000 tonnes en 2016. Cochilco estime que la production mondiale se situera à 440.318 tonnes en 2021.

Le lithium est utilisé dans les batteries depuis les années 1990. Si au début, seulement 6% de la production était destinée aux batteries, elles constituent aujourd'hui 35% des débouchés pour la production mondiale de ce métal. Outres les batteries, il sert dans la fabrication de vitres, de céramiques, d'aluminium, de médicaments. Chaque batterie de smart phone contient deux à trois grammes de lithium. Un ordinateur requiert 30 grammes, 18 pour une tablette et 1,6 à 22,6 kilos pour la batterie d'un véhicule.

La Société chimique et minière du Chili (SQM), l'américain Albermarle et le chinois Tianqi sont les principaux acteurs du marché. Les débouchés sont d'abord en Asie. En 2017, la Chine était le premier consommateur mondial, suivie du Japon et de la Corée du sud.

La plus grande réserve mondiale controversée

La Cour constitutionnelle du Chili a autorisé jeudi la compagnie minière chinoise Tianqi a acheter 24% de la société chilienne SQM, géant du lithium et concurrent, une transaction controversée de 4 milliards de dollars. La juridiction chilienne "a pris la décision de rejeter le recours" déposé par le groupe chilien Pampa, a dit à des journalistes le président de la Cour, Gonzalo Garcia. Ce concurrent dénonçait un risque de monopole car les deux entreprises font partie des trois plus gros producteurs de lithium au monde.

L'opération "permet à un acteur du marché de détenir en partie un de ses concurrents directs et de participer à sa gestion ainsi que d'avoir accès à des informations confidentielles et économiquement sensibles pour le marché mondial du lithium", ont estimé les actionnaires de SQM quand ils ont déposé le recours, le 11 octobre devant la Cour constitutionnelle du Chili.

Le parquet financier chilien avait ouvert en juin une enquête afin de déterminer si cette opération entravait la libre concurrence, la société chinoise étant partenaire, sur d'autres marchés, du groupe minier américain Albemarle, concurrent direct de SQM au Chili.

Comme l'enquête du parquet financier avait conclu que l'opération pourrait nuire à la libre concurrence, la société chinoise avait accepté une série de mesures pour apaiser les craintes. Les dirigeants de Tianqi ne devraient ainsi pas participer à la gestion de SQM et ne devraient pas intégrer les instances de décision de SQM.

"En posant certaines limites, cette opération est compatible avec la libre concurrence, car les risques ne sont pas très importants", a déclaré lundi le procureur chargé des questions économiques, Mario Ybar.

Une fois l'opération réalisée, Tianqi pourrait contrôler jusqu'à 70% du marché mondial du lithium, en tenant compte des partenariats avec le géant américain.

La SQM exploite le lithium dans le désert d'Atacama, dans le nord du Chili, l'un des plus grands gisements du monde de lithium. Ce métal sert à la fabrication des batteries, en plein boom avec le développement des voitures électriques et des équipements électroniques.

Le Chili, qui possède les plus grandes réserves mondiales de lithium (52% du total), se dispute avec l'Australie la place de premier producteur mondial. Les deux pays avoisinent chacun les 40% de la production totale de ce métal.

Les avocats de la société chinoise ont dénoncé l'intention de Pampa, dirigé par Julio Ponce Lerou, ex-gendre du dictateur Augusto Pinochet, de faire durer la procédure, afin selon eux de saboter la transaction.

(avec agences)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/10/2018 à 11:50 :
@ Article incomplet : je vous réponds ici car vous avez mal lu l'article que vous citez et propagez donc des informations erronées au lieu d'approfondir le sujet (pour info j'ai travaillé pour le CEA) . Le recyclage du lithium s'effectue très bien entre autres par procédés hydro- et pyrométallurgiques. Vous devriez savoir que les piles lithium qui équipent notamment les ordinateurs ne datent pas d'hier. Le problème n'est pas le recyclage mais notamment l'utilisation en seconde vie, les volumes et prix suffisants, mais surtout le niveau le plus élevé possible de collecte dans le monde. Pour les batteries sodium (sel) allez sur le site de Tiamat (France), de Faradion (UK), d'Aquioon Energy (Chine/USA) et si le sel pollue alors ne mangez plus car vous en absorbez généralement 2 g par jour en mangeant du pain des aliments, du poisson etc Et sinon voici une liste de recycleurs de batteries dont lithium dans le monde : Call2Rrecycle
Exide Technologies
Gravita India
Johnson Controls
East Penn Manufacturing
ENERSYS
Umicore (qui vient encore ouvrir une importante unité de recyclage lithium avec Daimler en Belgique comme vous pouvez le lire en actualités)
Retriev Technologies
G & P Batteries
The Doe Run Company
Gopher Resource
RSR Corporation
Terrapure Environmental
COM2 Recycling Solutions
World Logistics
Aqua Metals
Raw Materials Company
ENGITEC TECHNOLOGIES
Vinton Batteries
a écrit le 27/10/2018 à 0:26 :
Les hommes politiques chiliens et la cour de cassation,ont montré ,une fois encore , leur totale dépendance des multinationales et dans ce cas du capitalisme d'État chinois. Tianqi étant une entreprise d'État chinoise. Les chiliens,au lieu de développer eux mêmes les batteries électriques,laissent partir le lithium,pour être raffiné et servir à la construction des batteries électriques en Chine. Quel gâchis!
a écrit le 26/10/2018 à 16:01 :
le lithium a l'inconvénient de coûter cher, les gisements sont dans des pays lointains, pour le transporter jusqu'en France il faut consommer du gasoil etc ce n'est pas trés écologique.
Réponse de le 27/10/2018 à 11:56 :
@ Tournesol : oui mais le bilan s'améliore puisque la densité énergétique des batteries continue d'être de plus en plus élevée, leur gestion énergétique est meilleure (voir Tesla), la quantité de lithium est très faible dans une batterie, le bilan est d'autant mieux qu'on recycle le lithium. Et par ailleurs il a des substituts comme le sodium (sel) dont la ressource est 1000 fois supérieure au lithium déjà disponible pour de nombreux véhicules mais pour les voitures en 2020 (voir Tiamat, Faradion, Aquion Energy etc)
a écrit le 26/10/2018 à 11:33 :
dommage que l'article fasse l'impasse sur l'énorme problème écologique de l'extraction du lithium ("Les dépôts salins où l’on trouve du lithium se situent dans des zones arides. Au Chili, dans le Salar d’Atacama, l’exploitation minière consomme, contamine et détourne les rares ressources en eau aux dépens des communautés et de la faune locales."). Et de l'énorme problème écologique posé par le recyclage des batteries...que l'Europe ne recycle pas. Il serait temps qu'on expose honnêtement l'empreinte écologique catastrophique des voitures électriques.
Réponse de le 26/10/2018 à 14:15 :
@ Article : désolé mais le lithium se recycle très bien en Europe. Les batteries évoluent et le bilan positif des véhicules électriques aussi. Comme l'indique à juste titre Photo73 plus bas le sodium arrive avant 2020 et le sel est en quantité 1000 fois supérieure au lithium et son exploitation ne pollue pas, au contraire dans le cas de dessalinisation de l'eau de mer. Ne reprenez pas les arguties des marchands de voitures thermiques qui veulent faire perdurer les marges et ressources très supérieures de l'entretien des véhicules mais qui tuent en réalité beaucoup de monde avec la pollution.
Réponse de le 26/10/2018 à 15:15 :
Lisez "Voitures électriques : le recyclage des batteries reste à inventer" sur le site indépendant rsedatanews.net qui cite notamment une étude du CEA Tech, nettement plus compétent que "polytech". De nombreux médias confirment les dégâts écologiques et humains (pollution de l'eau, enfants dans les mines de lithium). Pour terminer, je rappelle que nos élus (droite et gauche) ont poussé les français au diesel (prime au diesel) pendant des décennies avec les résultat désastreux que l'on connaît. L'histoire se répète, sauf que là on pollue chez les autres, l'UE sera propre (sans parler des diesels et thermiques revendus dans tous ces pays).
Réponse de le 27/10/2018 à 11:58 :
@ Article : vous avez mal lu votre article. Je vous ai donc répondu plus haut car vous propagez des infos erronées et çà n'élève pas le débat si vous ne vous ne vous informez pas sérieusement.
a écrit le 26/10/2018 à 9:50 :
Des chercheurs français travaillent, d'après ce que j'ai pu comprendre, sur des batteries utilisant du sodium, elles se rechargeraient deux fois plus vite, je crois. Attendons que ça débouche, on pourra alors avoir un géant de la batterie du futur en UE. Vouloir rattraper dix ans de retard pour la techno actuelle, ça serait vain.
Réponse de le 26/10/2018 à 15:45 :
Et bien grâce à vous je sais maintenant de quoi doit être composée la batterie pensée par un danois Henrik Fisker! Libération en avait parlé... Son souhait: une batterie qui se recharge en 60 secondes pour une autonomie de 800 km...
a écrit le 26/10/2018 à 9:43 :
L'important reste de tenir un pouvoir politique fort qui a tout moment peut demander une nationalisation de cette production.

En effet de laisser les possédants gérer ces exploitations est dangereux, mais tant qu'il y a une puissance politique pour l'encadrer ça va. C'est, quand, comme en UE, où la compromission généralisée entre politiciens et hommes d'affaires lamine le continent, que c'est foutu.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :