Une nouvelle représentante russe au FMI... mais sous sanctions américaines
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Ksenia Yudaeva était jusqu'ici conseillère de la présidente de la Banque centrale de Russie, Elvira Nabioullina.
Reuters
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Ksenia Yudaeva était jusqu'ici conseillère de la présidente de la Banque centrale de Russie, Elvira Nabioullina.
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La nomination ne manquera pas d'interpeller la diplomatie internationale. La Russie a désigné Ksenia Yudaeva, conseillère à la banque centrale russe, comme nouvelle représentante au conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI). Or, celle-ci est visée par des sanctions américaine.
Ksenia Yudaeva est actuellement conseillère de la présidente de la Banque centrale de Russie, Elvira Nabioullina. Elle l'a rejointe en 2013, la même année que cette dernière. Elle y a d'abord occupé le poste de première vice-présidente, avant de devenir la conseillère de Elvira Nabioullina en août 2023.
Ce dernier était en poste à Washington depuis 1996, ce qui en faisait le plus ancien membre du conseil d'administration du Fonds monétaire international. Egalement sollicité par l'AFP, le FMI n'avait pas confirmé de son côté l'information, initialement donnée par les agences d'Etat russes TASS et RIA.
La désormais nouvelle représentante russe au FMI a été visée par la première série de sanctions mise en place par Washington dès le 20 avril 2022. Soit deux mois après le début de l'invasion de l'Ukraine. Son inscription sur la liste des sanctions américaines est due à ses fonctions tant à la Banque centrale russe, qu'au sein de la banque commerciale Otkritie, selon le département d'Etat américain.
Les sanctions américaines prévoient théoriquement l'interdiction, pour les personnes concernées, d'entrer sur le territoire américain. Or, le siège du FMI se trouve dans la capitale fédérale, Washington. Elles prévoient également le gel de l'ensemble des avoirs détenus, directement ou indirectement, par les personnes visées aux Etats-Unis, ainsi que l'interdiction pour toute entreprise ou citoyen américain de réaliser des opérations commerciales ou financières avec elles. Quid donc de l'impact de ces mesures sur la prise de poste de la haute fonctionnaire russe ? Le FMI n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP et de Reuters.
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Pour mémoire, la dernière salve de sanctions contre la Russie a été impulsée par l'UE en juin dernier. Les ambassadeurs des 27 Etats membres de l'UE avaient approuvé un nouveau paquet « substantiel » de sanctions, avec « de nouvelles mesures ciblées et renforce l'impact des sanctions existantes en resserrant les mailles du filet », selon la présidence tournante de l'UE, occupée par la Belgique à l'époque.
Parmi ces nouvelles mesures, figure une interdiction du transbordement de gaz naturel liquéfié (GNL) dans l'Union européenne. Cette mesure vise à entraver la logistique des exportations de gaz russe en provenance de l'Arctique, qui nécessite l'utilisation de méthaniers brise-glace pendant les mois d'hiver.
Enfin, ce nouveau paquet de mesures vise surtout à limiter le contournement des sanctions par la Russie. En effet, ces derniers mois, Moscou a réussi à toujours avoir accès à des produits théoriquement interdits d'exportation nécessaires à la production militaire, qui lui parviennent par des voies détournées. Notamment des équipements de communication et des semi-conducteurs, avait assuré le groupe d'experts ukraino-américain Yermak-McFaul, dans un rapport publié en janvier.
Embargo pétrolier, plafonnement du prix du brut russe, mesures pour gêner la fabrication de munitions et d'armes... Depuis le début de la guerre en Ukraine, les Occidentaux ont multiplié les sanctions avec l'objectif principal de frapper la manne financière de Moscou.
En attendant, la Russie estime aujourd'hui avoir fait échouer les sanctions occidentales, en représailles de l'assaut sur l'Ukraine. Argument mis en avant par les autorités du pays : la vigueur de son produit intérieur brut de la Russie, qui a augmenté de 4% sur un an au deuxième trimestre, selon les données de l'agence nationale des statistiques Rosstat, publiées début août. Ce chiffre est néanmoins en retrait par rapport au premier trimestre 2024 (+5,4%).
Particularité de cette apparente bonne santé du PIB russe : l'effort de guerre, qui en est devenu le principal moteur. Pour 2024, le budget de la Défense et de la sécurité dans son ensemble s'élève ainsi à environ 8,7% du PIB. Mais il subsiste un revers de la médaille. Tirée d'un côté par la forte hausse des commandes militaires pour soutenir l'assaut en Ukraine, de l'autre par les importantes primes versées aux soldats et à leurs familles, cette croissance alimente depuis de nombreux mois une spirale inflationniste, qui inquiète Moscou.
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En juillet, la hausse des prix a en effet atteint 9,13%, selon Rosstat, amputant toujours plus le pouvoir d'achat des Russes, déjà impacté par les sanctions. C'est le niveau le plus élevé depuis février 2023 et bien loin de l'objectif de 4%. « Cibler l'inflation est une des priorités », avait ainsi martelé à la presse fin juillet le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, sans toutefois que le gouvernement n'arrive à ce stade à enrayer le phénomène.
(Avec AFP)
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