Guerre en Ukraine : l'UE valide un nouveau paquet de sanctions contre la Russie
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Les ambassadeurs des 27 Etats membres de l'UE ont approuvé ce jeudi un nouveau paquet « substantiel » de sanctions contre la Russie.
Mikhail Metzel
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Les ambassadeurs des 27 Etats membres de l'UE ont approuvé ce jeudi un nouveau paquet « substantiel » de sanctions contre la Russie.
Mikhail Metzel
Les ambassadeurs des 27 Etats membres de l'UE ont approuvé ce jeudi un nouveau paquet « substantiel » de sanctions contre la Russie, en guerre contre l'Ukraine, a annoncé la présidence belge du Conseil de l'Union européenne.
« Ce paquet de mesures fortes va empêcher encore davantage la Russie d'avoir accès aux technologies. Il privera aussi la Russie de revenus supplémentaires dans le secteur de l'énergie », s'est félicitée la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen sur X. Un quatorzième paquet qui « comprend les toutes premières sanctions contre le gaz russe », s'est de son côté réjoui sur X Margus Tsahkna, le ministre des Affaires étrangères d'Estonie.
Embargo pétrolier, plafonnement du prix du brut russe, mesures pour gêner la fabrication de munitions et d'armes... Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, les Occidentaux ont multiplié les sanctions avec l'objectif principal de frapper la manne financière de Moscou.
Parmi ces nouvelles mesures, figure une interdiction du transbordement de gaz naturel liquéfié (GNL) dans l'Union européenne, selon le document listant ces sanctions, dont l'AFP a obtenu une copie. Cette mesure vise à entraver la logistique des exportations de gaz russe en provenance de l'Arctique, qui nécessite l'utilisation de méthaniers brise-glace pendant les mois d'hiver.
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Ces navires livrent le GNL qu'ils transportent dans les ports européens - Zeebruges en Belgique ou Montoir-de-Bretagne en France, par exemple -, un gaz ensuite acheminé par des méthaniers classiques vers le marché asiatique, en particulier la Chine. Ces nouvelles sanctions ne réduisent donc pas les volumes de gaz naturel fournis à l'UE, une condition considérée comme essentielle par certains pays, toujours très dépendants de ces livraisons russes.
Ce nouveau paquet de mesures visent surtout à limiter le contournement des sanctions par la Russie. En effet, ces derniers mois la Moscou a réussi à toujours avoir accès à des produits théoriquement interdits d'exportation nécessaires à la production militaire, qui lui parviennent par des voies détournées. Notamment des équipements de communication et des semi-conducteurs, a assuré le groupe d'experts ukraino-américain Yermak-McFaul, dans un rapport publié en janvier.
Les sanctions sur le pétrole arrivent à être détournées par des flottes fantômes de pétroliers. Moscou aurait ainsi réduit sa dépendance à l'égard des services maritimes occidentaux en construisant une « flotte fantôme » de tankers, en achetant de vieux navires auxquels elle offre ses propres services d'assurance, selon Rystad Energy, société indépendante de recherche énergétique et de veille économique basée en Norvège.
Les nouvelles sanctions vont donc permettre de viser le recours par la Russie à ces cargos « fantômes ». Elles visent également le système permettant des transactions financières, le SPFS, mis en place par la Russie après son exclusion du système financier international interbancaire SWIFT.
Par ailleurs, la Commission européenne a proposé de renforcer l'obligation pour les entreprises européennes de suivi des biens qu'ils commercialisent, afin d'éviter qu'ils ne se retrouvent au final en Russie via des entreprises de pays tiers. Plusieurs pays voisins de la Russie sont soupçonnés de servir de plateformes de réexportation de produits occidentaux vers la Russie. Mais l'Allemagne, premier pays exportateur en Europe, a jugé ces mesures trop contraignantes, selon des diplomates. Berlin a finalement accepté un compromis mis sur la table mercredi soir par la présidence belge, et approuvé jeudi matin.
L'étau de l'Occident se referme de plus en plus autour de la Russie et les sanctions s'intensifient. Parmi les plus emblématiques : le gel de 300 milliards d'euros d'actifs de la banque centrale de Russie, ainsi que la saisie des actifs privés de personnes liées au pouvoir russe. La semaine dernière, l'UE et les pays du G7 ont trouvé un accord politique sur l'utilisation de ces avoirs gelés. Un méga-prêt de 50 milliards de dollars a été accordé à l'Ukraine.
Outre l'UE, les Etats-Unis ont également annoncé début juin un nouveau paquet de sanctions. Ces mesures, qui touchent plus de 300 entités, dont la Bourse de Moscou, ciblent « les voies d'approvisionnement restantes par lesquelles (la Russie) se procure des matériaux et des équipements à l'international », a déclaré la secrétaire au Trésor, Janet Yellen. Ces sanctions concernent des entités situées en Russie et dans des pays comme la Chine, l'Afrique du Sud, la Turquie et les Emirats arabes unis.
Malgré tout, Moscou se vante de sa croissance économique qui résiste (+5,4% au premier trimestre). « La croissance a été de 60% entre 2020 et 2023, celle avec le Moyen-Orient a été multipliée par deux », s'est vanté Vladimir Poutine lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg. « Nos relations avec les pays asiatiques se renforcent », a-t-il même fait valoir.
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Une progression qui a toutefois un prix pour la population russe, confrontée à une inflation élevée (8,2% en juin). Enfin, le taux de chômage, à 3%, traduit des pénuries de main-d'œuvre persistantes, poussant les salaires à la hausse et accentuant les pressions inflationnistes.
(Avec AFP)
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