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ÉconomieInternational

La Chine « fortement mécontente » des nouvelles sanctions américaines contre la Russie

latribune.fr

Publié le 25 août 2024 à 09:09 - Mis à jour le 25 août 2024 à 09:22

La Chine n'entend pas renoncer à ses intérêts économiques en Russie.

La Chine n'entend pas renoncer à ses intérêts économiques en Russie.

FLORENCE LO

Le Quotidien Numérique

21 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Davantage que le coup porté à la Russie, Pékin s'inquiète de l'impact des nouvelles sanctions américaines pour les entreprises chinoises qui commercent avec Moscou. Et le gouvernement chinois entend bien défendre ses intérêts économiques avant tout.

La guerre en Ukraine ne facilite pas les relations entre Pékin et Washington. Prudente dans son soutien à la Russie, avec la volonté de conserver un certain équilibre, la Chine n'a pas hésité à se déclarer « fortement mécontente » et « fermement opposée » aux nouvelles sanctions économiques américaines à l'encontre de la Russie. Et pour cause, ces sanctions touchent notamment des entreprises chinoises en raison de leurs liens avec Moscou.

Le ministère chinois du Commerce a ainsi déploré des « sanctions unilatérales » qui « perturbent l'ordre et les règles du commerce international, entravent les échanges économiques et commerciaux internationaux et menacent la sécurité et la stabilité des chaînes industrielles et d'approvisionnement mondiales. »

Pékin « exhorte les États-Unis à cesser immédiatement leurs mauvaises pratiques et prendra les mesures nécessaires pour sauvegarder les droits et les intérêts légitimes des entreprises chinoises », a déclaré un porte-parole du ministère.

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Des entreprises chinoises visées

Une quinzaine d'entreprises chinoises, accusées de continuer à fournir des composants à l'industrie russe, sont ainsi visées par la nouvelle série de sanctions annoncées vendredi par Washington. Celles-ci concernent 400 entités et individus, en Russie, en Biélorussie, en Chine et dans d'autres pays, parmi lesquels une soixantaine d'entreprises technologiques de la défense, dont « les produits et services permettant à la Russie de soutenir son effort de guerre » en Ukraine.

« Les décisions d'aujourd'hui visent à cibler ceux impliqués dans le contournement des sanctions, notamment en Chine, ainsi que ceux qui soutiennent la production et les exportations à venir d'énergie depuis la Russie », a déclaré le secrétaire d'État américain Antony Blinken.

Ces sanctions entraînent le gel des avoirs détenus directement ou indirectement par les personnes et entreprises visées aux États-Unis ainsi que l'interdiction pour toute personne ou entreprise américaine de commercer avec les cibles de ces sanctions, au risque d'être à leur tour sanctionnées. Elles ferment également les portes des États-Unis à l'ensemble des personnes visées.

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Le chef de la diplomatie ukrainienne se rend en Chine, alliée de Moscou

Des tensions récurrentes

Ce n'est pas la première fois que Pékin monte au créneau pour défendre ses intérêts économiques face aux sanctions américaines depuis le début de la guerre en Ukraine. Depuis février 2022, la Chine et la Russie ont en effet renforcé leurs liens diplomatiques et surtout économiques.

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Pourtant, Pékin s'est toujours montré réservé dans son soutien à Moscou, souhaitant en parallèle approfondir les liens avec l'Europe, mais aussi de ne pas envenimer davantage le climat de tension avec les États-Unis. Dans un document publié en février 2023 pour expliquer sa position sur le conflit, la Chine appelle au respect de l'intégrité territoriale de tous les pays (sous-entendu Ukraine comprise), mais exhorte aussi à prendre en considération les préoccupations de sécurité de la Russie. Et elle n'a jamais condamné l'invasion russe.

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Washington et Tokyo dénoncent la Chine et la Russie

Dans ce jeu d'équilibriste, Pékin voit avant tout ses propres intérêts. Lors de sa visite en France, début mai, le président chinois Xi Jinping s'était engagé à « s'abstenir de vendre toute arme » et à apporter « toute aide à Moscou ». Ce qui ne l'empêche pas, selon l'Otan, de fournir des équipements à double usage, civil et militaire, à la Russie, comme des micro-processeurs. « La Chine aide de façon décisive la Russie dans sa guerre illégale d'agression contre l'Ukraine », dénonçait ainsi en juillet le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, lors d'une conférence de presse.

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Sans compter que les tensions entre la Chine et les Etats-Unis dépassent largement le cadre de la guerre en Ukraine. Les deux superpuissances s'affrontent ainsi régulièrement sur le terrain diplomatique autour du soutien de Pékin à la Russie ou à la Corée du Nord, du soutien de Washington à Taïwan ou encore de la volonté des deux pays d'asseoir leur influence dans le Pacifique.

(Avec AFP)

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