Comment l'affaire Pavel Durov menace les intérêts russes
Julien Gouesmat
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« On pense que l'ordre est toujours bon et que le chaos est toujours mauvais. C'est l'une de ces idées fausses à cause desquelles l'humanité a souffert de répression, de stagnation et de guerres pendant une bonne moitié du XXe siècle. » A lire ces quelques lignes de Pavel Durov, le patron de Telegram donne l'impression de se plaire à réfléchir au sort du monde, et même de savourer sa place sur l'échiquier politique.
L'homme de 39 ans, dont on rapporte qu'il écrivait plus jeune des poèmes dans lesquels il réinventait le monde, suscite le plus grand intérêt des chancelleries, dont il collectionne les nationalités. Pavel Durov est en effet russe, français et émirati, profitant ainsi des avantages financiers et géopolitiques qu'offre chaque Etat.
Depuis son arrestation à l'aérogare du Bourget, samedi dernier, les réactions internationales se multiplient, prouvant « qu'il n'est pas un simple PDG mais un objet géopolitique », affirme à la Tribune Christine Dugoin-Clément, chercheuse en géopolitique des nouvelles technologies.
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Malgré sa très relative proximité avec le Kremlin et l'utilisation de Telegram à des fins de propagande par Moscou - de nombreux canaux relayant le discours du pouvoir sur la messagerie -, c'est pour son absence de modération numérique et dans le cadre d'une enquête sur la criminalité organisée, la pédopornographie et le trafic de drogue que le chef d'entreprise a été arrêté. Un point qui a dû être rappelé jusqu'au sommet de l'Etat. Mardi, le président de la République Emmanuel Macron a souligné qu'il ne s'agissait pas « d'une décision politique. »
Julien Gouesmat