Venezuela : duel à trois à Caracas
Gabriel Aguilar envoyé spécial à Caracas
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María Corina Machado et le candidat Edmundo Urrutia, le 4 juillet dans la capitale.
© LTD / Gabriela ORAA / AFP
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María Corina Machado et le candidat Edmundo Urrutia, le 4 juillet dans la capitale.
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Partout, le long de la bouillonnante Avenida Baralt de Caracas, le même visage moustachu et souriant. Les affiches à l'effigie de Nicolás Maduro ont envahi les rues de la capitale vénézuélienne. Ce n'est pourtant pas suffisant pour convaincre Daisy de voter pour son président. « Je vais choisir l'opposition, affirme la jeune femme, assise à l'ombre de son kiosque. Nous avons besoin de changement pour que l'économie s'améliore. »
À une semaine de l'élection présidentielle, c'est tout un pays ou presque qui se prend à rêver d'un changement de régime, vingt-cinq ans après l'arrivée au pouvoir des chavistes. À l'origine de cet enthousiasme, il y a une femme, figure de l'opposition : María Corina Machado. Pourtant, dimanche, ce n'est pas elle qui a rontera le président sortant, l'indéboulonnable Nicolás Maduro, qui brigue un troisième mandat. Condamnée à quinze ans d'inéligibilité par la justice vénézuélienne pour avoir soutenu les sanctions américaines, la députée de droite de 56 ans a dû céder sa place à Edmundo González Urrutia, un diplomate de dix-huit ans son aîné, jusqu'alors inconnu du grand public.
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Pour autant, Machado n'a pas disparu de la campagne. Elle y est même omniprésente, mettant son énergie au service de son discret remplaçant. Depuis des semaines, elle sillonne le pays en compagnie de son binôme, pour appeler ses partisans à voter « Edmundo ». Ses admirateurs marchent parfois plusieurs kilomètres pour rejoindre ses bruyantes caravanes. Même le 6 juillet dans la ville de Barinas, pourtant située dans la région d'origine de l'ex-président Hugo Chávez, sa venue a pris des allures de triomphe romain. « C'est du jamais-vu dans un bastion chaviste », s'étonne encore Jesús Seguías, président de l'institut de sondages Datincorp.
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