Elections au Royaume-Uni : l’embellie de l’économie peut-elle sauver les conservateurs de la défaite ?
Guillaume Renouard, à Londres.
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Le Premier ministre britannique Rishi Sunak.
HANNAH MCKAY
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Le Premier ministre britannique Rishi Sunak.
HANNAH MCKAY
Rishi Sunak a pris tout le monde de court en annonçant hier la prochaine élection générale pour le 4 juillet prochain. La dernière s'étant déroulée en décembre 2019, et celle-ci devant avoir lieu tous les cinq ans, le Premier ministre britannique aurait pu attendre jusqu'à la fin de l'année pour appeler les électeurs aux urnes. C'était du reste ce à quoi s'attendaient la plupart des commentateurs : le Parti conservateur, au pouvoir depuis 14 ans, est actuellement donné tellement perdant que le temps ne peut a priori que jouer en sa faveur. Mais Rishi Sunak a finalement opté pour un coup de poker, misant sur la récente embellie économique pour donner un coup de pouce à son parti.
C'est une reprise modeste, mais une reprise tout de même. Au premier trimestre 2024, l'économie britannique est en effet sortie de la récession (généralement définie comme deux trimestres de croissance négative consécutifs) avec une croissance de 0,6 %, selon les chiffres publiés par l'Office for National Statistics le 10 mai dernier. Ce chiffre est légèrement supérieur à la croissance attendue, qui était de 0,4 %.
Le secteur des services, qui a renoué avec la croissance pour la première fois depuis un an, a particulièrement contribué à l'embellie économique outre-Manche, selon l'agence britannique. L'industrie des transports, les services juridiques et la recherche scientifique ont également connu une croissance soutenue, tandis que l'hôtellerie, la restauration et la construction connaissent davantage de difficultés.
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Faut-il sabler le champagne pour autant ? Prudence, indique Russ Shaw, fondateur de London Tech Advocates, un réseau local d'acteurs des nouvelles technologies. « Il s'agit naturellement d'une bonne nouvelle, qui vient confirmer un certain nombre de signaux positifs émis récemment, en particulier une confiance retrouvée chez les consommateurs. Mais nous ne somme pas totalement tirés d'affaire pour le moment. La grande question qui occupe tous les esprits de ce côté de la Manche est de savoir quand la Banque d'Angleterre va baisser son taux d'intérêt. Lorsque cela se produira, nous pourrons souffler. »
Guillaume Renouard, à Londres.