Voir l'Afrique sous un nouveau jour pour y investir
Irène Frat
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Alors que les pays riches ont les yeux rivés sur l'Ukraine, l'Afrique se sent "délaissée", notamment en ce qui concerne les aides monétaires.
Reuters
Quels financements pour le développement des économies africaines et européennes ? A l'occasion du Forum Europe-Afrique, qui s'est tenu au MuCem, à Marseille, cette question, cruciale, a été abordée par Philippe Korcia, président de l'UPE13, Gérardine Mahoro, fondatrice d'ACT05 et gestionnaire du GONAT (Governing Natural Resource Outflows for Enhanced Economic Resilience), Alexandre Kateb, fondateur de The Multipolarity Report, et Etienne Giros, président du CIAN et de l'EBCAM. Au-delà d'une perception...
Risquée l'Afrique ? C'est la perception de nombre d'investisseurs... Or c'est faux, ou, en tout cas, très relatif ! En effet, « selon un rapport de 2021 de l'agence de notation Moody's concernant les taux de défaut sur des projets d'infrastructures, l'Amérique latine arrive en tête, avec 12 %, et l'Afrique ne pointe qu'en quatrième position, après l'Asie et même l'Europe de l'Est, avec 5,6 %. Bref, l'Afrique est bankable ! », a assuré d'entrée de jeu Gérardine Mahoro, fondatrice du cabinet de conseil ACT05 et gestionnaire du GONAT (Governing Natural Resource Outflows for Enhanced Economic Resilience).
Il s'agit donc, de la part des acteurs, de faire évoluer la perception des investisseurs internationaux, et, pour ces derniers, de prendre en compte ces données, en plus des perspectives qu'offre le continent, aussi bien en termes de croissance économique que de bonne formation de ses talents. Et un tel changement de perception impliquerait également des demandes moindres en matière de garanties...
Cela dit, entre les tensions géopolitiques actuelles et les hausses de taux d'intérêt pratiquées par les grandes banques centrales, les investisseurs ont davantage de mal, ces derniers temps, à prendre des risques, que ce soit pour financer des projets ou pour acheter des obligations d'Etat.
Des solutions existent
D'ailleurs, a souligné Alexandre Kateb, fondateur de The Multipolarity Report, une plateforme de recherche et de conseil stratégique, le marché obligataire africain est actuellement au point mort, la prime de risque s'élevant à pas moins de 1.000 points de base, un record... « L'argent est cher, a concédé Etienne Giros, président du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) et de l'EBCAM (European Business Council for Africa and Mediterranean), et les exigences en termes de rentabilité trop élevées, mais les solutions existent. »
L'une des réponses aux défis de financement actuels passerait ainsi par une révolution à faire de la part des fonds d'investissement, trop souvent bridés dans leurs possibilités d'agir, y compris pour des montants relativement faibles, de l'ordre de 20 millions d'euros, leur préférant de gros dossiers de 200 millions, en raison, notamment, de leur statut les empêchant d'explorer certains secteurs économiques ou certaines régions du continent.
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