La pandémie et le confinement ont souligné un paradoxe déjà existant, relève Julien Neutres, cofondateur du Collège citoyen de France : des liens distendus entre citoyens et personnel politique, d'une part, et la nécessité d'une action citoyenne collective, à base, précisément, de politique, d'autre part.
« Comme les autres cofondateurs - nous sommes dix au total : la Générale de l'Armée Maryline Gygax, l'artiste JR et l'entrepreneur Marc Berrebi, l'écrivaine Tania de Montaigne, Thierry Cotillard, le président d'Intermarché, Léa Moukanas qui a créé l'association Aïda et Alice Zagury, entrepreneuse de la tech, le cinéaste Édouard Bergeon et l'ancienne ministre Dominique Versini - j'ai pris conscience du besoin de trouver des solutions face à ce phénomène pour le monde de demain »,
ajoute-t-il. Mais comment faire ? Comment inciter des citoyens à s'engager pour travailler avec les institutions de la République ? Comment leur donner les clefs de la vie publique ? Le lancement du Collège citoyen de France, en 2020, apporte une réponse, sous la forme d'une formation, gratuite et compatible avec une vie professionnelle, dispensée pendant près de six mois, dans le but d'accompagner le développement d'un projet d'engagement citoyen - qui peut prendre diverses formes, dont la participation à une élection, mais aussi des initiatives visant à améliorer la vie des citoyens.
« Le but étant de faire en sorte que certains aient des engagements plus assumés, plus directs, avec l'objectif, évidemment, d'avoir un réel impact sur les politiques publiques »
, indique Farida Cagniard, codirectrice, avec Manon Pérez, du Collège citoyen de France. Pour cela, il faut donc d'abord repérer les candidats potentiels et ensuite les former. Pour les repérer, le Collège citoyen de France lance des appels à candidature nationaux, tente d'aller chercher des bénéficiaires de ces politiques publiques pour qu'ils apportent leur vécu et leur contribution en sollicitant les membres d'associations, les chefs d'entreprise, les élus locaux, les fonctionnaires de terrain... et mise particulièrement sur les réseaux de ses cofondateurs, implantés les uns dans le monde de l'entreprise, les autres dans l'associatif, d'aucuns dans l'art, la santé, l'agriculture... et rejoints par des sympathisants à leur cause, dont les 10 000 personnes qui suivent les activités du Collège sur les réseaux sociaux.
« Dans ce travail de terrain, nous cherchons des acteurs potentiels de tous âges, de tous profils, venant d'horizons les plus divers »
, précise-t-elle.