La Cour des comptes rendait ce matin un rapport sur la prévention et la prise en charge précoce du diabète, une maladie pour laquelle sont traitées 3,8 millions de personnes en France. Surtout, le diabète constitue la part la plus importante d'affections longue durée (ALD) avec 3,6 millions de personnes et l'une de celles dont le taux de croissance est le plus rapide (+4,8 % en moyenne entre 2010 et 2022, contre +2,7 % pour l'ensemble des ALD). Et ce pour deux raisons majeures : le vieillissement de la population et l'augmentation du surpoids et de l'obésité.
Or, ces deux facteurs tendent à augmenter dans les années à venir, en particulier les cas d'obésité, en forte croissance dans l'Hexagone. De 8,5 % d'obèses en 1997, il y en a aujourd'hui plus de 18 %. Le contexte est alarmant, d'autant que le financement de notre système de santé est en danger, avec un déficit « hors de contrôle », a alerté la Cour des comptes en mai dernier et un risque d'une « crise de liquidité dès 2027 ».
Les dépenses spécifiquement imputables au diabète sont ainsi estimées par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) à 10,2 milliards d'euros, en hausse de 34,8 % depuis 2015, soit le quatrième poste de dépenses parmi les maladies chroniques, précise le rapport de la Cour des comptes. Si l'on prend en compte l'ensemble des prestations de remboursement des personnes diabétiques associé à d'autres pathologies dont elles seraient atteintes, les dépenses atteignent alors 35,4 milliards d'euros en 2022. « Le diabète est une maladie emblématique de la refonte de notre système de santé », a appuyé la Cour des comptes.