C'est une course qui peut rapporter gros. Il y a quelques jours, le laboratoire américain Eli Lilly annonçait que son médicament anti-obésité, son « GLP-1 oral, orforglipron, a démontré des résultats d'efficacité statistiquement significatifs ». Le groupe grimpait alors de 15 % en Bourse à son ouverture et faisait plonger son concurrent direct, le danois Novo Nordisk, de 8 %. Et ce, pour un résultat d'essai de phase 3 et une perte de poids de 7,9 % en moyenne à la dose la plus élevée, bien loin des médicaments actuellement sur le marché, promettant une perte de poids moyenne entre 15 % et 25 %.
Ces traitements, arrivés sur le marché il y a quelques années, miment des hormones sécrétées dans l'intestin. Ces dernières augmentent la sensation de satiété, diminuent la glycémie et agissent sur le cerveau en réduisant les comportements addictifs dont celui de vouloir manger constamment. Le plus connu de ces médicaments reste l'Ozempic de Novo Nordisk, administré aux diabétiques dans un premier temps et fortement popularisé aux États-Unis par les célébrités en quête de perte de poids. Le laboratoire Eli Lilly a quant à lui développé un traitement associant deux agonistes d'hormones intestinales, augmentant l'efficacité de la perte de poids.
Les patients obèses peuvent donc désormais s'injecter le produit par piqûre une fois par semaine plutôt que d'opter pour une chirurgie bariatrique. Problème : lors de l'arrêt de ce traitement, les patients reprennent en moyenne la moitié du poids perdu. La pilule anti-obésité, qui fait perdre moins de poids, permettrait d'agir après l'arrêt d'un traitement injectable... pour toute la vie, estime le laboratoire Eli Lilly.