Médicaments anti-obésité : le remboursement, une équation financière complexe pour la Sécu
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Les nouveaux traitements contre l’obésité suscitent un espoir tout en soulevant des défis financiers pour la Sécurité sociale.
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Les nouveaux traitements contre l’obésité suscitent un espoir tout en soulevant des défis financiers pour la Sécurité sociale.
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L'éventualité d'un remboursement en France des nouveaux traitements contre l'obésité, tels que le Wegovy de Novo Nordisk et le Mounjaro d'Eli Lilly, soulève de vives interrogations quant à leur impact sur les finances de l'Assurance maladie. Si ces médicaments de la classe des analogues GLP-1 promettent une perte de poids significative pour des milliers de patients, leur coût élevé et la nature chronique de l'obésité posent un défi économique majeur pour le système de santé français.
Commercialisés depuis 2024 en France sans être remboursés, ces traitements sont actuellement pris en charge par certaines assurances privées aux États-Unis, mais leur remboursement reste exceptionnel en Europe. La Haute Autorité de santé (HAS) a pourtant ouvert la voie à une potentielle prise en charge dès octobre 2024, sous des conditions de prescription très strictes, ciblant les personnes atteintes d'obésité sévère.
Les laboratoires pharmaceutiques, conscients de l'enjeu, affirment leur détermination à obtenir un remboursement rapide. Novo Nordisk se dit « mobilisé et déterminé » pour Wegovy, tandis qu'Eli Lilly a déposé un nouveau dossier de demande de remboursement pour Mounjaro en avril, dont l'évaluation est attendue « dans les prochains mois ». Les deux géants s'engagent également à garantir l'approvisionnement du marché français, même avec l'élargissement du pouvoir de prescription à tous les médecins.
Cependant, les discussions autour du prix s'annoncent complexes. Le Comité économique des produits de santé (CEPS), l'organisme public chargé de négocier les prix des médicaments remboursés, doit parvenir à un accord avec les industriels. Virginie Beaumeunier, présidente du CEPS, a souligné la nécessité de prendre en compte non seulement les économies potentielles liées à la réduction des comorbidités (maladies cardio-vasculaires, diabète, cancers) mais aussi la durée du traitement — potentiellement à vie — ainsi que les effets indésirables et l'observance des patients.
La question de la soutenabilité financière est au cœur des préoccupations. Le comité d'experts chargé de surveiller les dépenses de santé a récemment alerté sur un « risque sérieux » de dépassement du budget de l'Assurance Maladie en 2025, notamment en raison d'« économies non réalisées sur le remboursement des médicaments ». L'obésité, qualifiée de maladie chronique par la professeure en nutrition Judith Aron, nécessite un traitement au long cours, car l'arrêt des médicaments entraîne une reprise du poids.
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Selon les projections de la HAS d'octobre 2024, la population éligible au Wegovy en France se situerait entre 1,05 million et 2,1 millions de patients. La Caisse nationale de l'Assurance maladie (Cnam) reconnaît qu'il est « complexe et prématuré de réaliser des estimations fiables sur l'impact en matière de remboursement de ces produits », le prix n'étant pas encore défini.
Paradoxalement, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que chaque euro dépensé pour la prévention de l'obésité génère 6 euros de retour sur investissement. En France, le coût de l'obésité (soins remboursés et absentéisme au travail) est estimé à 12,7 milliards d'euros et pourrait dépasser les 15 milliards d'euros en 2030, selon une étude du cabinet Astérès mandatée par Novo Nordisk.
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La décision finale concernant le remboursement est attendue à l' « automne », après une évaluation médico-économique qui déterminera l'impact réel sur les dépenses de l'Assurance maladie. Grégory Emery, directeur général de la Santé, a rappelé en mars que l'absence d'accord sur le prix s'explique par un écart trop important entre la revendication de l'État et celle de l'industriel. L'issue des négociations sera cruciale pour l'accès à ces traitements et pour l'équilibre des comptes de la Sécurité sociale.
(Avec AFP)
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