Les traitements anti-obésité actuels ne peuvent être prescrits que pour les personnes avec un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 35, et chez qui les régimes et traitements ont échoué.
Le gouvernement a annoncé ce lundi vouloir étendre la prescription de traitements anti-obésité aux médecins généralistes et planche sur un « plan obésité » pour la rentrée.
En visite ce matin dans l'usine de Novo Nordisk, le laboratoire danois spécialiste des traitements anti-obésité, le ministre de la Santé Yannick Neuder, en a profité pour faire des annonces. Ce dernier a annoncé vouloir « avancer » sur un élargissement de la prescription des traitements anti-obésité par les médecins généralistes « si possible avant l'été ». « Cela fait partie des choses qui sont en phase de finalisation », a précisé la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités, Catherine Vautrin, lors de cette visite.
De fait, seuls les médecins spécialisés en endocrinologie-diabétologie-nutrition sont aujourd'hui autorisés à délivrer ces traitements promettant une perte de poids moyenne entre 15 % et 25 %.
Le Wegovy, commercialisé par Novo Nordisk et le Mounjaro, par le groupe américain Eli Lilly, pourront donc peut-être désormais être prescrits par davantage de professionnels de santé après un fort lobbying des industriels jugeant cette restriction à certains médecins spécifiques « inégalitaire » pour les patients. L'Agence de sécurité du médicament a confirmé, elle aussi, aux laboratoires son envie d'étendre les prescriptions. Cette décision pourrait être rapide et arriver dans les prochaines semaines.
«Nous avons toutes les capacités de production nécessaires sur notre site de Fegersheim en Alsace», a déjà annoncé Eli Lilly.
Ces traitements, arrivés sur le marché il y a quelques années, miment des hormones sécrétées dans l'intestin. Ces dernières augmentent la sensation de satiété, diminuent la glycémie et agissent sur le cerveau en réduisant les comportements addictifs dont celui de vouloir manger constamment.
Mais attention, si les personnes autorisées à prescrire le traitement sont étendues, ce n'est pas le cas des patients qui peuvent recevoir le produit injectable. Ce médicament ne peut être prescrit qu'en« complément d'un régime hypocalorique et d'une augmentation de l'activité physique chez des patients avec un IMC supérieur ou égal à 30, ou supérieur ou égal à 27 en présence d'au moins un facteur de comorbidité ».Le laboratoire américain Eli Lilly espère que cet élargissement ouvrira d'autres demandes du groupe, en particulier celle du remboursement des traitements. À l'heure actuelle, aucun injectable anti-obésité n'est remboursé. Or, ils reviennent à 300 euros par mois environ.
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Une demande qui serait peut-être entendue puisque le gouvernement a également annoncé ce matin un « plan obésité » qui devrait « sortir en septembre », comme l'a précisé Yannick Neuder avant d'indiquer que ce projet prendra « l'obésité sur tous les plans, éducatif, sanitaire, sportif et médicamenteux ».
Une décision qui fait également suite à la publication de plusieurs études sur les chiffres alarmants de l'obésité en France et dans le monde. Selon l'une d'ellespubliée par The Lancet en début d'année, une épidémie mondiale de surpoids et d'obésité touchera 60 % des adultes et un tiers des enfants et adolescents d'ici à 2050.