Logement : les petites villes au pied du mur
Nathalie Jourdan
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La population des petites villes progresse de 1,3 à 1,5% par an, selon l'association qui les représente.
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La population des petites villes progresse de 1,3 à 1,5% par an, selon l'association qui les représente.
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Elles fournissent un toit à 26 millions de Français : un chiffre en augmentation régulière depuis que la flambée des prix de l'immobilier chasse des dizaines d'actifs et de retraités hors des métropoles. Mais jamais les petites villes (de 2.500 à 25.000 habitants au sens où l'entend leur association) n'ont eu à affronter autant de difficultés pour loger leurs habitants.
Pour comprendre l'ampleur de la situation, ce jeudi, une réunion a été organisée à l'initiative conjointe d'Emmanuelle Cosse, présidente de l'Union Sociale pour l'Habitat (USH) et de Christophe Bouillon, président de l'Association des Petites Villes de France (APVF), à Barentin, dans la banlieue de Rouen en présence d'une centaines d'élus et de professionnels.
Confrontées comme les grandes agglomérations à la crise du logement, les « petites » municipalités sont, de facto, moins armées pour y faire face. Financièrement d'abord. Les bailleurs sociaux étant souvent les seuls opérateurs immobiliers dans la place, elles subissent de plein fouet la baisse des ressources de ces derniers. Moins d'argent dans les caisses des offices HLM, c'est moins de logements au pied du clocher, déplore Christophe Bouscaud chez Orne Habitat : un département sans métropole où la promotion privée ne se risque guère. « On bute de plus en plus fréquemment sur l'équation financière. Nos coûts de production ont augmenté de 38% en trois ans et la RLS (réduction de loyer de solidarité, ndlr) plombe nos comptes », s'est-il plaint.
Cela n'est pas un hasard si l'USH et l'APVF convergent pour demander à l'Etat de revenir en arrière sur cette diminution imposée des loyers « afin de redonner aux bailleurs sociaux de réelles capacités d'investissement », a rappelé Emmanuelle Cosse.
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A cet appauvrissement du mouvement HLM, s'ajoute le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) qui enjoint les maires à reconstruire « la ville sur la ville ». Autrement dit, à oublier les lotissements au profit de la réhabilitation de l'existant ou de la reconstruction dans des dents creuses. Le tout en respectant les nouvelles normes énergétiques et les attentes d'une population qui vieillit. Pas simple pour des localités de petite taille dépourvues des services ad hoc. « Réparer la ville implique de travailler dans la dentelle, a affirmé, en connaisseur Frédéric Léveillé, président de l'intercommunalité d'Argentan dans l'Orne. Sortir trois logements dans un centre-ville demande autant d'efforts que pour en sortir cinquante sur un terrain nu ».
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Nathalie Jourdan