Élisabeth Borne au chevet des bas salaires
Fanny Guinochet Et Nicolas Prissette
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Élisabeth Borne avec une délégation d’industriels à Matignon, le 26 octobre.
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Élisabeth Borne avec une délégation d’industriels à Matignon, le 26 octobre.
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La punition serait inédite. Élisabeth Borne est prête à faire payer les entreprises dont les grilles de salaires démarrent en dessous du smic. La Première ministre posera cette arme financière sur la table des négociations avec les syndicats et le patronat, qu'elle reçoit tout au long de la semaine : si les employeurs ne relèvent pas les barèmes, ils risquent de perdre une partie des ristournes de cotisations sociales. La mesure devrait être débattue publiquement lors de la conférence sociale du 16 octobre.
Cette mise sous pression est une première. La conditionnalité des allègements, une revendication syndicale ancienne, a toujours été repoussée par les gouvernements. Mais la persistance de l'inflation et les inquiétudes des Français conduisent l'exécutif à piocher dans un registre plus à gauche. Au demeurant, le gouvernement exclut par principe l'idée d'indexer les feuilles de paie sur l'inflation ou de donner un coup de pouce au smic, comme le réclament la Nupes, FO et la CGT. Les salaires relèvent de la négociation dans les entreprises, au plus près de la réalité du terrain, martèle l'exécutif.
Que se passe-t-il ? La hausse rapide du salaire minimum (+10 % en deux ans) a pris certains secteurs de court. Onze d'entre eux (sur 171) n'ont pas négocié la mise à jour de leurs grilles depuis plus d'un an, par mauvaise volonté ou par incapacité, alors que la loi les y oblige - sous peine d'être mis sous tutelle de l'administration. Cette sanction ne semble pas assez dissuasive. Résultat, les salariés concernés n'ont plus d'augmentations automatiques et leurs feuilles de paie sont « gelées » à un niveau très proche du smic. Sachant que personne ne peut légalement être payé en deçà du salaire minimum.
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Après des mois de conflit avec les syndicats au sujet de la réforme des retraites, Élisabeth Borne espère avec cette disposition retisser des liens plus apaisés avec la centrale dirigée par Marylise Léon. La CFDT milite depuis longtemps pour que les aides publiques soient conditionnées à des attitudes vertueuses des entreprises, en matière de gestion des ressources humaines mais aussi de respect des critères environnementaux.
Fanny Guinochet Et Nicolas Prissette