Après la colère des agriculteurs, celle des écologistes. Gabriel Attal a certes apaisé la tension des campagnes. Les tracteurs qui bloquaient le péage de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) et ceux qui entravaient l'accès à la centrale E. Leclerc de Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique) ont levé le camp hier matin, après l'intervention des forces de l'ordre. En Dordogne, le cortège de retour de Rungis a été acclamé en héros. Mais le Premier ministre a renvoyé les fermiers dans leurs champs au prix d'une autre controverse, avec les défenseurs de l'environnement cette fois-ci.
Parmi les concessions faites au monde agricole, la mise en « pause » du plan Écophyto cristallise les critiques. Ce programme est supposé réduire les intrants chimiques de moitié d'ici à 2030. Lancé sous Nicolas Sarkozy en 2008, et reconduit par ses successeurs, il n'a jamais atteint ses objectifs. Pour les ONG et les députés Écologistes, sa suspension est un signe supplémentaire qu'Emmanuel Macron ne sera jamais au rendez-vous de la lutte pour le climat. « Une folie totale » pour Clémentine Autain. « Je ne les crois plus », a lancé Marine Tondelier, la cheffe des Écologistes. « Un cadeau empoisonné aux agriculteurs » pour Marie Toussaint, tête de liste aux européennes.