Ce fut bref, mais l'idée a traversé l'esprit de François-Xavier Bellamy. Fallait-il s'inspirer du célèbre discours prononcé par Philippe Séguin à Bondy durant la campagne présidentielle de 1995 ? Celui où le tempétueux gaulliste, moquant la domination médiatique d'Édouard Balladur sur Jacques Chirac, a fustigé une élection « finie avant même d'avoir commencé » ? La tête de liste Les Républicains (LR) pour les européennes du 9 juin a beau admirer Philippe Séguin, il sait que cette saillie est devenue la ritournelle des candidats en mauvaise posture, menacés d'insignifiance.
Pour son premier meeting de campagne, qui s'est tenu hier aux Docks de Paris, François-Xavier Bellamy a dû trouver autre chose. La situation critique de LR condamne la droite, sinon à innover, du moins à se démarquer. Bloqué autour des 7% dans les sondages, le mouvement d'Éric Ciotti a moins de quatre-vingts jours pour trouver du souffle, distancer Reconquête et séduire suffisamment de Français pour ne pas disparaître du Parlement européen.
Après avoir zigzagué dans ses choix stratégiques, s'adressant tantôt aux électeurs macronistes déçus, tantôt à ceux qui ont voté pour Éric Zemmour en 2022, il s'est assigné un nouvel objectif : réintroduire du clivage gauche-droite pour desserrer l'étau qui l'asphyxie. Avec, toujours, cet attachement au label « parti de gouvernement », pourtant de plus en plus décalé par rapport au réel.