« Le suicide assisté ne doit pas être un acte médical » (François Braun, ancien ministre de la Santé)
Nicolas Prissette
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© LTD / Alain ROBERT/SIPA
Nicolas Prissette
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
© LTD / Alain ROBERT/SIPA
Il souhaite que les praticiens ne soient pas associés à un geste donnant la mort. De manière plus générale, l'opposition au texte est menée, dans le milieu hospitalier, notamment par la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs. Elle mêle des considérations éthiques et religieuses conservatrices.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous avez été ministre d'Emmanuel Macron, mais vous êtes défavorable au projet de loi dans son état actuel. Pourquoi ?
FRANÇOIS BRAUN - Depuis quarante ans, j'ai pris en charge des patients dans toutes les circonstances que vous pouvez imaginer. Chaque mort est différente. Moi, je ne parle donc pas de la fin de vie, mais de la fin d'une vie. Quelles que soient les circonstances, c'est toujours un drame. On ne la rendra pas plus douce avec une loi.
Il y a néanmoins une forte attente, et ce type de dispositif existe dans plusieurs pays voisins...
Je vois dans le monde politique une grande confusion. La mort n'est pas un sujet médical, c'est un sujet de société. Qu'est-ce que la fin de vie, quelle est sa place, quels rites voulons-nous y associer ? Avec ce projet de loi, on commence par dire comment avant de dire pourquoi. Le sujet n'est pas mûr. J'ajoute que la discussion parlementaire va durer au moins un an et demi.
Cette longue durée va accentuer la dualité entre partisans et opposants.
Que reprochez-vous concrètement au projet de loi ?
À lire également
Dans le texte tel qu'il est aujourd'hui, il y a beaucoup de choses inacceptables. Par exemple, le médecin pourrait prendre une décision de mort sur dossier, sans examiner le patient. C'est impensable. La volonté de mettre fin à ses jours est individuelle. Si l'aide à mourir est mise en place, la responsabilité ne doit pas reposer sur le médecin. Si la société veut la mise en œuvre juridique d'une aide à mourir, elle doit s'organiser en ce sens tout en laissant le corps médical à sa juste place.
Nicolas Prissette