Gabriel Attal : « J'appelle au sursaut »
Fanny Guinochet, Bruno Jeudy, Nicolas Prissette et Ludovic Vigogne
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Gabriel Attal ce samedi à Matignon.
© LTD / ELIOT BLONDET/ABACA POUR LA TRIBUNE DIMANCHE
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Gabriel Attal ce samedi à Matignon.
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Jeudi, il a débattu face à Jordan Bardella sur France 2. Le lendemain, il a présenté les premières mesures du gouvernement pour lutter contre la violence des mineurs. Aujourd'hui, dans La Tribune Dimanche, il dévoile en exclusivité les mesures de la réforme - explosive - de l'assurance chômage... À quinze jours d'élections européennes qui pourraient être très douloureuses pour son camp, Gabriel Attal est sur tous les fronts. « J'appelle au sursaut », lance le Premier ministre dans l'interview qu'il a accordée à notre journal, samedi matin, dans le jardin de Matignon.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous vous êtes engagé à durcir les modalités d'accès à l'assurance chômage. Qu'avez-vous décidé ?
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GABRIEL ATTAL - Je suis attaché à notre système d'assurance chômage, pilier d'un modèle social que nous voulons préserver. Le cœur du financement de ce modèle social, c'est le travail. Notre action est d'aller vers le plein-emploi. Nos réformes ont permis de créer 2,5 millions d'emplois, notre taux de chômage est au plus bas depuis quarante ans... Nous avons montré que nous n'étions pas condamnés au chômage de masse. Mais si nous ne réformons pas l'assurance chômage aujourd'hui, nous risquons de caler sur la route du plein-emploi. Cette réforme, c'est donc le carburant qui nous permettra de créer toujours plus de travail dans notre pays. C'est aussi un renouvellement de notre pacte social : oui, la solidarité aide ceux qui en ont besoin en cas de coup dur. De plus, le financement de notre protection sociale ne doit pas uniquement reposer sur l'effort de classes moyennes. Les Français nous demandent de valoriser encore plus le travail : c'est ce que nous faisons. Très concrètement, nous allons changer les conditions pour avoir droit au chômage. Jusqu'ici, il fallait avoir travaillé six mois sur les vingt-quatre derniers mois pour percevoir une indemnisation. À l'avenir, il faudra avoir travaillé huit mois sur les vingt derniers. Nous prolongeons la réforme engagée en 2019, dont les études montrent qu'elle produit ses effets. Par ailleurs, nous conservons un régime plus généreux que nos voisins, en nous rapprochant du système allemand, où il faut avoir travaillé douze mois sur trente. Au Portugal et au Royaume-Uni, c'est douze mois sur vingt-quatre, et seize mois sur trente-trois en Belgique.
Fanny Guinochet, Bruno Jeudy, Nicolas Prissette et Ludovic Vigogne