L’Arménie et l’Azerbaïdjan prêts à négocier
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L'Arménie s'apprête-t-elle à tourner une page de sa douloureuse histoire ? Malgré l'exil forcé, dans l'indifférence internationale, des 100 000 habitants de la République indépendante du Haut-Karabakh, enclave peuplée d'Arméniens située au centre de l'Azerbaïdjan et conquise en septembre par les forces azéries, les deux pays évoquent un processus de paix.
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La ministre allemande des Affaires étrangères s'est rendue à Erevan et à Bakou vendredi et hier pour parler négociations. Le 26 octobre, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, avait annoncé travailler sur un accord de paix, espérant que « ce processus se terminera[it] avec succès dans les prochains mois ». De son côté, le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, envisageait même une signature avant la fin de l'année. « Avec la chute du Haut-Karabakh, un contentieux a disparu mais le dossier reste très compliqué », modère Dorothée Schmid, chercheuse à l'Ifri. Des négociations d'autant plus complexes qu'elles concernent des acteurs dont les positions ont bougé sur l'échiquier régional. « Les pourparlers de paix peuvent aboutir, explique Bayram Balci, chercheur au CNRS et professeur à Sciences-Po. Nikol Pachinian est pragmatique et réaliste. Il veut une normalisation des relations avec l'Azerbaïdjan et la Turquie, et sortir de la tutelle de la Russie. » La passivité de Moscou dans le Haut-Karabakh et le manque de soutien de Téhéran, pourtant alliés traditionnels de l'Arménie, ont poussé Erevan à se rapprocher de l'UE et des États-Unis pour son avenir.
La France a passé un accord militaire avec Erevan et fera de 2024 une année culturelle consacrée à l'Arménie.